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Martin Scorsese, l’infiltré : une biographie

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Martin Scorsese, l’infiltré : une biographie de Régis Dubois (Nouveau Monde, 2019 – 300 p., 19,90 euros)

PRESENTATION DE L’EDITEUR

Cinquante ans de carrière, 25 longs métrages – récompensés par 20 Oscars et une Palme d’or – et 10 documentaires : Martin Scorsese est l’un des cinéastes-phares de l’histoire du cinéma moderne. Lui qui un jour confia « je suis les films que je fais » s’est raconté tout au long de son œuvre, riche et multiforme, au travers de chefs-d’oeuvre comme Mean Streets, Taxi Driver, Raging Bull, Les Affranchis, Casino, Les Infiltrés, Le Loup de Wall Street ou encore The Irishman.

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Martin Scorsese, l’infiltré

Martin Scorsese au festival de Venise en 1995 (ph. Gorupdebesanez) [CC BY-SA 3.0]

Martin Scorsese au festival de Venise en 1995 (ph. Gorupdebesanez) [CC BY-SA 3.0]

Martin  Scorsese est aujourd’hui considéré comme un auteur incontournable du paysage cinéphilique mondial. Couronné à la fois par l’industrie hollywoodienne (Oscar 2007 du meilleur réalisateur et du meilleur film pour Les Infiltrés) et par la critique européenne « auteuriste » (nommé président du Festival de Cannes en 1998, invité d’honneur à l’inauguration de la nouvelle cinémathèque française en 2005), sans compter les nombreuses publications dont il a fait dernièrement l’objet [1] le cinéaste italo-américain connaît depuis le début du siècle une consécration unanime. Ce qui m’a intéressé d’explorer ici, et que peu d’écrits ont tenté de faire, c’est d’analyser l’œuvre scorsesienne à la lumière des tensions sociales qui la traversent. Autrement dit, j’ai l’infime conviction qu’à travers l’interprétation de ses acteurs fétiches (Harvey Keitel, Robert De Niro et plus récemment Leonardo Di Caprio), véritables doubles cinématographiques du cinéaste, Scoresese n’a de cesse d’évoquer dans ses films son parcours de « déraciné », à la fois social (parce qu’issu d’un milieu populaire) et culturel (parce que d’origine italienne). Je vois en effet la violence scorsesienne, si caractéristique de son style, comme l’expression privilégié d’une « déchirure sociale » qui ne dit pas son nom. Vue sous cet angle, il me semble que l’œuvre du cinéaste prend un sens tout particulier qui, sans être véritablement politique, n’en demeure pas moins un précieux témoignage social émanant d’un « déclassé ».

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