Tag Archive for politique

Le FN au cinéma : de Féroce à Chez nous

5056750_6_2fc9_2017-01-03-39a43e4-1895-1tpl5iu-jp47qilik9_ec839f6cecf3f38599911b2b44260f49Alors que pendant longtemps le cinéma français prit bien garde de ne pas mélanger fiction et réalité politique, depuis le début de ce siècle plusieurs films se sont inspirés de l’actualité de vraies personnalités politiques hexagonales.

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Fachos, néonazis & autres skinheads : les visages de l’extrême droite au cinéma

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Le retour en force de l’extrême droite sur le devant de la scène politique et médiatique depuis, disons, 2010 ne semble pas faiblir. Rappelons quelques faits récents : le 5 juin 2013 un jeune militant antifa, Clément Méric 18 ans, mourrait sous les coups d’un skinhead néonazi à Paris. Un an plus tard, en mai 2014, pour la première fois de son histoire, le FN arrivait en tête d’un scrutin national avec presque 25% des suffrages aux élections européennes. Plus récemment, en juin 2015, de l’autre côté de l’Atlantique, un suprématiste blanc de 21 ans nostalgique de l’apartheid tuait froidement neuf Noirs dans une église de Charleston (Caroline du Sud) dans le but de déclencher une guerre raciale. C’est dans ce contexte inquiétant que sort, sur fond de polémique, Un Français de Diastème (2015), film racontant l’histoire d’un skinhead français. Vu l’actualité il nous semblait donc opportun de nous interroger sur la question de la représentation de l’extrême droite au cinéma, en France et ailleurs. Depuis quand les fachos sont-ils présents sur les écrans ? American History X est-il le premier film à s’intéresser au phénomène skinhead néonazi ? Quels points de vues les œuvres offrent-elles des fafs et des bones ? Et, en corolaire, quels discours idéologiques ces films proposent-ils au grand public ? De Naissance d’une Nation (1915) à Un Français (2015), voici un petit tour d’horizon des figures de fachos au cinéma en 100 ans d’histoire du 7ème Art et en 10 portraits emblématiques.

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Le Sel de la terre, film prolétarien américain

Le Sel de la terre (Salt of the Earth, USA, 1954) de Herbert J. Biberman

S’il est un film américain qui mérite le qualificatif de « prolétarien », c’est bien celui-ci. Sans doute est-ce le seul. Un véritable ovni en somme dans le paysage cinématographique étasunien. Prolétarien, antiraciste, anti-impérialiste et féministe, le cocktail avait de quoi effrayer les conservateurs de tout poil de cette Amérique des années 50 plongée dans la paranoïa anticommuniste et l’hystérie maccarthyste. Rappelons le contexte : la guerre froide bat son plein et la Commission des Activités Anti-Américaines s’emploie à mettre à l’index les « comploteurs communistes » dont beaucoup se cacheraient à Hollywood. Une liste noire est dressée sur laquelle figurent les artistes indésirables auxquels les studios interdisent dorénavant de travailler. Parmi eux, Herbert Biberman, Michael Wilson et Paul Jarrico, crédités respectivement comme réalisateur, scénariste et producteur du Sel de la terre.

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Émeute à Los Angeles d’Oscar Williams : Blaxploitation et politique

Voici un film politique rare et très peu connu que les éditions Le Chat Qui Fume en association avec Foxy Bronx (fanzine et site) viennent d’exhumer de derrière les fagots. Cette rareté accuse bien sûr les défauts du genre blaxploitation (budget limité, tournage à l’arraché, acteurs amateurs) accentué par le fait que le film n’a pas été remasterisé pour l’occasion. Il n’empêche, The Final Comedown est un film qu’il faut absolument voir pour son inventivité mais aussi parce qu’il demeure assurément, aux côtés de Sweet Sweetback’s Baadasssss Song de Van Peebles (1971) et de The Spook Who Sat by the Door de Dixon (1973), le plus précieux témoignage d’une époque au cours de laquelle des Afro-américains ont pris les armes pour en finir avec l’oppression raciste.

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Le Rendez-vous des quais oublié par l’Histoire

Le Rendez-vous des quais de Paul Carpita (France, 1955)

L’Histoire, on le sait, est écrite par les vainqueurs. Il en va de même de l’Histoire du cinéma. Et qu’enseigne-t-on aujourd’hui dans les universités ? L’apport décisif de la Nouvelle Vague qui précipita le cinéma français – et le cinéma mondial – dans la modernité. Cette victoire ne serait rien d’ailleurs sans la fameuse « politique des auteurs » théorisée au sein des Cahiers du cinéma au cours des années 50 par ces mêmes futurs cinéastes de la Nouvelle vague (les Godard, Chabrol, Truffaut, Rohmer…). Cette nouvelle conception du cinéma avait pour but de valoriser le rôle du réalisateur qui se voyait ainsi promu au rang d’artiste génial et tout puissant à l’instar du peintre ou de l’écrivain. Ce « coup d’état » fomenté par les « jeunes Turcs » des Cahiers avait bien sûr comme but ultime de légitimer le cinéma comme art. Or pour cela, ces critiques de la rive droite (Les Cahiers étaient domiciliés sur les Champs Elysées), tous emprunts de culture bourgeoise, ont dû trier entre ce qui, à leurs yeux, relevait de l’Art et ce qui s’apparentait à du simple divertissement populaire (quitte parfois à adouber des « auteurs » de films populaires comme Hitchcock ou Hawks). Et aujourd’hui, la distinction qui s’opère entre « films d’auteurs » et « films grand public » leur doit beaucoup… Ajoutons que la « politique des auteurs » domine toujours – et ce depuis près de 50 ans – le champ de la critique et des études cinématographiques. Or il m’a toujours semblé que l’importance de la Nouvelle vague avait été surestimée (en particulier l’œuvre de Truffaut mais aussi de Chabrol ou de Rohmer). Quant à la « politique des auteurs », je la trouve restrictive, omnipotente et, par bien des aspects, excessivement snob – même si cela n’enlève rien au fait qu’elle joua un rôle important à un moment donné.

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Black Liberation d’Edouard De Laurot (1967)

Black Liberation (USA 1967, 37 min.), film documentaire d’Edouard De Laurot (ressorti en 1972 sous le titre Silent Revolution).

Ce documentaire militant est une véritable rareté, un film demeuré longtemps « introuvable » – et ce jusqu’à récemment (il a été mis en ligne sur YouTube en 2012). Bien qu’il n’ait pas été commercialisé en DVD, j’ai quand même eu l’occasion de le voir par le passé dans des festivals comme à Saint-Denis en 2009 dans le cadre de la rétrospective « Black Revolution » ainsi qu’à Aix-en-Provence à l’occasion d’une programmation autour du thème « Films, luttes et résistances » (2009) pour laquelle il m’avait été demandé d’en faire une brève présentation. Je me suis alors souvenu d’un texte que j’avais écrit dix ans auparavant pour un mini-mémoire de DEA. Un enseignant bien avisé, sachant que je travaillais sur le cinéma afro-américain, m’avait alors confié une version VHS piratée depuis une copie 16mm de ce documentaire expérimental sur lequel il ne possédait aucune information (pas même le nom du réalisateur). Je dois dire que Black Liberation m’a tout de suite emballé, notamment pour l’authenticité de son discours (j’apprendrai plus tard que Malcolm X en personne y avait apporté sa contribution) mais aussi et surtout pour sa forme étonnante, expérimentale, et tout à fait à même de relayer l’esprit du Black Power. Un film aujourd’hui disponible sur la toile (en VO) à voir à tout prix donc et dont voici une analyse approfondie en forme d’explication de texte.

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Fahrenheit 9/11 : retour sur une polémique

« Ce pamphlet efficace mais simpliste, parfois démagogique ne lésine pas sur les moyens pour atteindre son objectif : empêcher la réélection du président américain. Fahrenheit 9/11 est un nouveau symptôme de la façon dont le cinéma américain pratique le spectacle comme un art de la dénonciation des axes du mal » (Le Monde – Jean-Louis Douin).

« Succession d’images chocs et de témoignages tire-larmes, martelant un unique message, “Stop Bush”. Un pamphlet bâclé » (Les Inrockuptibles – Sylvain Bourmeau)

« (…) moins inventif, plus manipulateur que ses précédents films, Fahrenheit 9/11, devient dans sa seconde partie un montage récapitulatif sur l’intervention en Irak, avec chantage final à l’émotion. Où est passée la pétulance libertaire de Michael Moore ? » (Télérama – Aurélien Férenczi)

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La Nouvelle Babylone : la Commune de Paris (re)vue par le cinéma soviétique

La Nouvelle Babylone de Grigori Kozintsev et Leonid Trauberg (URSS, 1929)

C’est un fait, les films sur la commune de Paris demeurent extrêmement rares. La raison en est-elle politique ? Sans aucun doute – par comparaison ceux sur la Révolution (bourgeoise) française sont bien plus nombreux. Personnellement je n’en ai vus que deux : La Commune (Paris 1871) réalisé en 2000 par l’anglais Peter Watkins (d’une durée de 3h30) et celui-ci, La Nouvelle Babylone, tourné par les Soviétiques Kozintsev et Trauberg en 1929.

Mais allons droit au but : ce film est exceptionnel. Les auteurs, avec un art consommé du montage (ellipse, montage parallèle, rapprochements allégoriques) revisitent ici cet épisode tragique de l’histoire du mouvement ouvrier avec une ferveur communicative et un sens aigu de la parabole qui frôle parfois la perfection.

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Sweet Sweetback’s Baadasssss Song : le Black Power classé X

Sweet Sweetback’s Baadasssss Song de Melvin Van Peebles (USA, 1971)

Si ce film au titre à dormir debout n’est certainement pas le premier réalisé par un Noir américain, il est assurément en revanche le plus politique et le plus sulfureux. Il fut d’ailleurs classé X à sa sortie (c’est à dire interdit au moins de 17 ans) autant pour ses scènes à caractère érotique et pour son discours radical. Produit de façon entièrement indépendante par Melvin Van Peebles, à la fois acteur principal, scénariste et compositeur, Sweet Sweetback’s Baadasssss Song évoque la prise de conscience politique d’un marginal des bas-fonds qui, après avoir sévèrement molesté deux policiers blancs qui passaient à tabac un jeune Noir, prend la fuite jusqu’à la frontière mexicaine. Le projet de Van Peebles était de réaliser un film coup-de-poing, mais aussi un manifeste pour un cinéma noir décomplexé jusque dans son esthétique. Aussi la réalisation s’affirme-t-elle originale, brute, « sauvage », semi-expérimentale (faux raccords, solarisation, dédoublement de l’image) et très rythmée (la musique soul-funk est omniprésente). Autant de paramètres formels mis au service d’un discours radical noir et antibourgeois. Ajoutons que le héros, qui ne prononce pas plus de dix mots dans tout le film, ne fait que « courir, se battre et baiser », les trois conduites de base dans le ghetto selon Van Peebles. Baiser surtout, comme pour affirmer sa virilité retrouvée et l’exhiber au reste du monde.

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L’identité de gauche au cinéma (ta #32)

Bonne nouvelle ! La dernière livraison de la revue Tausend Augen (T.A. pour les intimes) vient de paraître et – attention ! – c’est que du très très bon. Au programme une réflexion sur l’identité de Gauche au cinéma à travers une quinzaine d’articles et d’entretiens particulièrement décapants et habilement nourris des dernières réflexions cultural et gender studies.

Extrait de l’avant-propos : “Face à l’impuissance politique de la gauche française de ce début du 21ème siècle qui n’arrive plus à s’imposer comme une force intellectuelle de changement animée par des visions d’avenir, il nous a semblé primordial – sans pour autant limiter notre approche au contexte français – de consacrer un dossier à ces productions culturelles et propositions théoriques traversées par une pensée dite de gauche. Textes critiques et entretiens sont l’occasion d’aborder quelques lieux où s’inscrivent des imaginaires de gauche. A travers réalisations cinématographiques et télévisuelles contemporaines, il s’agit pour Tausend Augen d’analyser les postures intellectuelles qui informent ces imaginaires, de revenir sur leurs points aveugles, leur rapport aux “minorités visibles”, leurs conceptions des identités de genres. Nous tentons d’interroger les impasses de certaines perspectives critiques de gauche face à la complexité du monde réel et des rapports de force (entre genres, races, classes) qui l’anime (….) In fine, il s’agit également d’entrevoir les lieux d’une possible rénovation des imaginaires de gauche, supports d’une reconquête des devenir sociaux”.

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