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Harlem, ville noire : Le ghetto noir dans l’imaginaire cinématographique américain

Affiche de Harlem on the Prairie (1937) [domaine public]

Affiche de Harlem on the Prairie (1937)[domaine public]

Harlem. Deux syllabes qui forcent l’imagination. D’un côté, des photos contrastées noir et blanc de jazzmen auréolés de volutes de fumée. À l’arrière plan des caractères lumineux qui se détachent pour former ce nom presque mythique : Cotton Club. De l’autre, des images de jeunes Noirs coiffés afro, au regard dur, le poing levé à la façon de Malcolm X haranguant la foule sur la 125ème rue. Pas très loin de là, un décor de désolation, un quartier sinistré jonché de seringues, hanté par le souvenir des taciturnes Ed Cercueil et Fossoyeur Jones, les deux flics patibulaires des romans de Chester Himes. Plus gaies sans doute, ces images de basketteurs acrobates habillés aux couleurs du drapeau américain, les fameux Harlem Globetrotters de nos jeunes années. Bref, Harlem pour beaucoup c’est le ghetto noir dans toute sa splendeur, dans ce qu’il recèle de plus exotique et de plus mystérieux, dans ce qu’il suscite comme fantasme et comme crainte. Pourtant dans ce kaléidoscope d’instantanés, pas ou peu d’images de cinéma. Serait-ce une défaillance de notre mémoire cinéphilique ? Non, effectivement, Hollywood s’est longtemps refusé à traverser la frontière qui sépare la partie blanche et la partie noire de New York, ville pourtant maintes fois prise pour décor dans les productions américaines.

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Analyse d’une photographie : “Downtown New York” de Henri Cartier-Bresson (1947)

Un homme est assis à même le sol dans une ruelle sombre, seul face à un chat. Henri Cartier-Bresson a intitulé cette photographie « Downtown New York » (centre de New York). Il aurait pu la titrer « une ruelle sombre de New York » ou « une âme perdue dans New-York ». Or, il a choisi une autre légende qui nous oblige à voir dans cette scène une évocation de la ville et un symbole. Et c’est ainsi qu’il faut lire ce portrait. Le photographe propose ici sa vision de New York et, de la sorte, délivre un point de vue subjectif, un commentaire personnel, loin des images touristiques habituelles sur la « grosse pomme ». Nous allons ainsi voir comment, à travers l’évocation du gigantisme de la ville et la solitude d’un homme, Cartier-Bresson brosse un portrait critique de la société moderne.

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