Tag Archive for muet

Analyser une image : « The Kiss » de Thomas Edison (1896)

The Kiss de Thomas Edison (USA – 1896 – 47 sec. – N&B) [domaine public]

Cette image n’est pas à proprement parler une photographie mais plutôt un photogramme, autrement dit l’une des dix-huit images par seconde d’un film muet. Le film en question s’intitule The Kiss, dure 47 secondes et a été tourné en un seul plan par William Heise pour le compte de l’inventeur du cinéma aux Etats-Unis, Thomas Edison, en 1896. A première vue, cette image n’a rien d’extraordinaire, et pourtant comme nous allons le voir, il s’agit-là d’une photo aux implications inattendues.

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100 et quelques chefs-d’œuvre du cinéma muet à voir en streaming

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La Nouvelle Babylone : la Commune de Paris (re)vue par le cinéma soviétique

Barricade à Paris durant la Commune (1871) [DP]

Barricade à Paris durant la Commune (1871) [DP]

La Nouvelle Babylone de Grigori Kozintsev et Leonid Trauberg (URSS, 1929)

C’est un fait, les films sur la commune de Paris demeurent extrêmement rares. La raison en est-elle politique ? Sans aucun doute – par comparaison ceux sur la Révolution (bourgeoise) française sont bien plus nombreux. Personnellement je n’en ai vus que deux : La Commune (Paris 1871) réalisé en 2000 par l’anglais Peter Watkins (d’une durée de 3h30) et celui-ci, La Nouvelle Babylone, tourné par les Soviétiques Kozintsev et Trauberg en 1929.

Mais allons droit au but : ce film est exceptionnel. Les auteurs, avec un art consommé du montage (ellipse, montage parallèle, rapprochements allégoriques) revisitent ici cet épisode tragique de l’histoire du mouvement ouvrier avec une ferveur communicative et un sens aigu de la parabole qui frôle parfois la perfection.

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Le cinéma, un art populaire

Affiche de Fantomas (Gaumont 1913) [domaine public]

« Le cinéma sera populaire ou ne sera pas ! » (Léon Moussinac)

« Le pays dont on peut dire que le cinéma et son public y ont été le plus massivement et le plus durablement populaires, au sens assez étroit qu’a ce mot en français, est justement… la France » (Noël Burch, La Lucarne de l’infini, p.46).

Je voudrais revenir ici sur la question du cinéma populaire français et sur le mépris qu’il soulève auprès de l’intelligentsia hexagonale – discussion déjà évoquée dans mes articles “Bienvenue chez les prolos  : le cinéma populaire français et la lutte des classes” et “Camping, les beaufs, la critique et la domination symbolique“. Il me semble en effet important de rappeler ici aux cinéphiles qui ne jurent que par les « films d’auteurs » et qui n’ont de cesse de dénigrer les productions commerciales dites « grand public », que le cinéma, ne leur en déplaise, est ontologiquement un spectacle populaire.

Qu’à un moment donné une élite éclairée ait opéré un véritable hold-up pour s’emparer du 7eme art (via la fameuse « politique des auteurs ») ne fait pour moi aucun doute. Et il y aurait beaucoup à dire sur les moyens utilisés par ces derniers pour créer une véritable distinction entre le “vrai art” cinématographique et le cinéma populaire.

C’est donc par soucis de « rendre à César ce qui lui appartient » que je voudrais rappeler ici une vérité pleine d’enseignement : le spectacle cinématographique – avant de devenir objet de distinction, de snobisme et de domination – est né parmi la plèbe.

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