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« Haramiste » à l’épreuve des cultural studies : entretien avec Antoine Desrosières

Par Astrid Condis y Troyano pour lesensdesimages

(photo hijabi4ever, 2011) [CC BY-SA 3.0]

(photo hijabi4ever, 2011) [CC BY-SA 3.0]

A Hollywood, la phase d’écriture d’un scénario est très organisée quand il s’agit de parler des minorités ou des communautés – même des communautés de femmes. Les scénaristes écrivent une première version puis, quand elle est à peu près lisible, ils l’envoient aux studios. Là, les producteurs la font diffuser auprès de lecteurs « conscients » (associations, groupes militants issus des communautés dont va parler le film). Ou dans un autre registre, le scénario sera lu par des spécialistes en cultural studies (women’s studies, black studies, post colonial studies, gender studies, gay et lesbian studies, etc.), c’est-à-dire par des gens dont c’est le métier de détecter les aberrations, le racisme, les préjugés, les clichés sexistes, misogynes ou les stigmatisations involontaires d’un projet cinématographique. Une fois corrigé, le scénario continuera sa route.

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Des web-séries « afro » made in France : entretien avec Abdou X

familyDepuis janvier 2015, Nova Angola Productions créées par le rappeur Abdou X, vingt-huit ans, ambitionne de créer, à l’image de ce qui existe déjà aux Etats-Unis, des web-séries afro dans le but « de faire vivre l’expérience noire du quotidien, à travers des programmes qui mettent en avant une jeunesse afro moderne, branchée et sexy ». C’est peu de dire que l’idée paraît intéressante vu le déficit d’images des Noirs dans les médias français. Ni une ni deux je me connecte donc sur Youtube et visionne dans leur intégralité les deux premières séries diffusées entre janvier et juin 2015 : Ramata : les tribulations sentimentales d’une femme noire (6 épisodes d’une dizaine de minutes) et Family Affair (8 épisodes d’une durée totale d’environ deux heures). Verdict : C’est frais, c’est efficace et ça réussit à faire la jonction entre le divertissement grand public et le commentaire social pertinent, un peu à la manière de Plus belle la vie mais revisité façon Spike Lee. Un projet fort et original en somme qui mérite amplement d’être diffusé le plus largement possible.

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Le « cinéma guerilla » selon Pascal Tessaud : entretien

J’ai rencontré pour la première fois Pascal Tessaud il y a quelques années à l’occasion d’une projection de son documentaire très réussi Slam, ce qui nous brûle (2007). Depuis nous avons gardé le contact et j’ai suivi son parcours de près. Après un livre d’entretien avec feu Paul Carpita (auteur du fameux film néoréaliste Le Rendez-vous des Quais), une série d’émissions radio sur le jeune cinéma de banlieue, plusieurs courts-métrages et un récent moyen-métrage remarqué (La Ville lumière, 2012) il se lance en 2013 dans la réalisation d’un premier long autoproduit à la manière « guérilla ». C’était l’occasion rêvée pour évoquer avec lui à la fois son projet prometteur et cette « nouvelle vague » du cinéma de banlieue qui, à l’instar de tout un pan de la musique rap, passe par l’autoproduction pour faire entendre sa voix.

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Sylvester Stallone : héros de la classe ouvrière

Sylvester Stallone : héros de la classe ouvrière de David Da Silva (The Book Edition / Le Sens des Images, 2013, 196 p., 15 euros)

Depuis de nombreuses années, Sylvester Stallone est considéré comme un représentant de l’impérialisme américain avec des films comme Rambo II ou Rocky IV. Mais l’acteur-réalisateur-scénariste est un artiste bien plus complexe qu’il n’y paraît. Cet ouvrage propose ainsi une analyse de la filmographie de “Sly” dans le but  de prendre le contre-pied des clichés qui lui sont habituellement associés (surtout en France). Car en plus d’être un digne représentant de la classe ouvrière, apprécié des classes populaires, Stallone défend une réelle vision humaniste tout au long de son œuvre.

Ce travail documenté, illustré d’une quinzaine de photographies,  propose ainsi un éclairage inédit sur la star grâce à une approche de type cultural studies – dans la mouvance des star studies – dont l’enjeu est d’analyser sans aucun a priori et de manière pluridisciplinaire (mêlant l’analyse filmique, l’histoire, la sociologie, la politique, la biographie…) les productions populaires de la culture de masse en tenant compte aussi bien des intentions des auteurs que des contraintes du marché et de la réception du public. Une approche, malheureusement, encore largement boudée en France qui prouve pourtant, avec ce livre, toute sa richesse.

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New-Jack cinema : le cinéma afro-américain des années 90

New-Jack cinema : sortir ou non du ghetto ? Le cinéma afro-américain des années 90 de Charlotte Aristide (The Book Edition / Le Sens des Images, 2013, 196 p., 15 euros)

« Je suis devenue ciné-spectatrice avec les films hollywoodiens des années 90, et ai été marquée particulièrement par le cinéma afro-américain de la même période. J’ai construit en partie mon identité culturelle par rapport à ces films, tout comme la génération d’Antillais à laquelle j’appartiens ».

A travers une observation méticuleuse de onze films emblématiques du cinéma afro-américain des années 1990 – de New Jack City (1991) à Clockers (1996) en passant par Boyz’N the Hood (1991) et Menace II Society (1993) – époque où apparaît un authentique cinéma noir centré sur les problèmes sociaux du ghetto (et regroupé au sein du genre « New Jack cinema »), l’auteure analyse les thèmes de ces œuvres (décors, personnages, intrigues…) pour au final brosser un saisissant portait de la société afro-américaine de cette époque. Une étude sociologique appliquée au cinéma qui nous rappelle que le 7eme art est aussi et avant tout le produit d’une société et un puissant révélateur de ses us et coutumes à un moment donné de son histoire.

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