Tag Archive for Hollywood

De Naissance d’une Nation à Birth of a Nation : 100 ans d’esclavage à Hollywood

276014S’il est une période historique que le cinéma américain de ces dernières années a mis à l’honneur c’est bien celle de l’esclavage, avec des films comme Lincoln (2012), Django Unchained (2012), 12 Years a Slave (2013), Free State of Jones (2016) et bien sûr Birth of a Nation (2016), sans compter les séries Book of Numbers (2015), Underground (2016) et Roots (2016). L’occasion était donc trop belle, avec la sortie prochaine du Birth of a Nation de Nate Parker en France, de revenir sur un siècle d’images de l’esclavage à Hollywood.

 

Au commencement était Naissance d’une Nation

Commençons par dire qu’il en va de l’esclavage à Hollywood comme de tous les autres sujets historiques : leur traitement varie grandement selon l’époque et le contexte idéologique qui les voit naître. La première évocation de « l’Institution particulière » remonte à La Case de l’oncle Tom du pionnier Edwin S. Porter en 1903, adaptation du célèbre roman abolitionniste qui popularisa la figure de l’esclave sympathique et totalement dévoué à son maître. Mais s’il est un film qui posa les bases de l’imagerie des Noirs serviles pour longtemps c’est bien Naissance d’une Nation (1915) du « maître » D.W. Griffith.

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Les losers magnifiques du cinéma américain

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« And the winner is… ». Comme le rappelle tous les ans la cérémonie des Oscars, Hollywood est affaire de gagnants, de cartons au box-office et de succes stories – à l’écran comme dans la vie. Pourtant, on ne saurait résumer le cinéma américain à une galerie de héros triomphants façon Superman ou Rocky. Car les vainqueurs n’ont pas toujours eu la cote à Hollywood qui s’est épisodiquement entichée de perdants au grand cœur, de marginaux hors-la-loi et autres rebelles sans cause. Petit tour d’horizon de ces losers magnifiques qui, de Charlot à Lebowski, ont fait l’histoire du 7e art US.

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Les Afro-américains et les Oscars : retour sur une polémique

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Depuis une semaine l’information est relayée par tous les médias français, Spike Lee et Jada Pinkett Smith (épouse de Will Smith) n’iront pas à la 88e cérémonie des Oscars pour protester contre le fait qu’aucun acteur noir n’a été nommé cette année. Depuis la polémique ne cesse d’enfler. Outre-Atlantique plusieurs personnalités disent comprendre la position des contestataires : Will Smith, Idris Elba, Whoopi Goldberg, George Clooney, Dustin Hoffman, ou les rappeurs Snoop Dogg et 50 Cent – certains n’hésitant pas à appeler au boycott. La fronde a un tel retentissement qu’elle s’invite même dans le débat français. D’un côté Omar Sy et Rochdy Zem jugent cette levée de boucliers légitime, de l’autre Charlotte Rampling, nommée dans la catégorie Meilleure actrice pour 45 ans, met de l’huile sur le feu en parlant de « racisme anti-blanc »…   Mais qu’en est-il vraiment de la représentation des Noirs dans l’histoire des Oscars ?

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Les super-héros noirs des films Marvel

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C’est officiel Black Panther « le premier super-héros noir » sortira en 2018. Mais s’il est bien le premier super-héros noir des comics Marvel (né en 1966) il n’est aucunement en revanche le premier super-héros noir des films Marvel – 12 l’ont déjà précédé depuis 1993.

Petit rappel en chiffres : Marvel c’est 75 ans d’histoire, environ 5000 super-héros (la plupart nés de l’imagination de Stan Lee) dont une centaine seraient noirs (1) et c’est enfin 43 films les mettant en scène depuis 1944 – dont 37 depuis l’an 2000 (chiffres de 2015 – cf. liste annexe). Mais pour ce qui nous concerne présentement, c’est surtout 12 super-héros noirs (dont 4 ne l’étaient pas à l’origine dans la version comics), de Meteor Man à Tornade en passant par Blade.

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Hip-Hop au cinéma : du ghetto à Hollywood

Par Pascal Tessaud pour lesensdesimages

Après l’histoire du rock’n’roll racontée par le cinéma (1), ou encore celle des Beatles vue à travers les nombreux films qui leur ont été consacrés (2), voici le tour du rap et du hip-hop avec cet article écrit par le réalisateur Pascal Tessaud pour lesensdesimages.

Le hip-hop, parent pauvre des médias français, a investi depuis près de quarante ans la télévision, les médias et le cinéma américain. Ce texte analyse le processus qui a conduit une culture de la marge à s’imposer au fil des décennies comme un formidable vecteur culturel d’une Amérique en pleine mutation. Le hip-hop au cinéma est bien une histoire d’amour et de raison que nous nous devions d’évoquer dans son évolution artistique qui l’a amené de la marge des ghettos noirs aux studios d’Hollywood.

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X-Men, pop-culture et politique

En 2000, X-Men de Brian Singer, bientôt suivi de X-Men 2 (Brian Singer, 2003) et X-Men l’affrontement final (Brett Ratner, 2006) signait le grand retour des super-héros au cinéma. La trilogie culte inspirée des comics Marvel rencontra un très large écho en salle : presque 300 millions de dollars de recette (pour un budget de 75 millions) pour le premier opus, 400 millions pour X-Men 2 et 440 pour le troisième volet. Autant dire, un énorme succès populaire. Ce qui est particulièrement intéressant avec cette saga, au-delà de toute considération esthétique, c’est combien ces films sont représentatifs de l’inventivité et de la richesse de tout un pan de la production hollywoodienne. En effet, alors même que beaucoup – a fortiori parmi les élites intellectuelles – ne voient dans le cinéma commercial américain qu’un « mauvais objet culturel » abrutissant et sans intérêt, il me semble que des œuvres comme les X-Men disent justement bien la complexité d’un grand nombre de ces films qui, derrière leur apparence de blockbusters et de divertissement un peu simplistes, n’en demeurent pas moins de passionnantes réflexions sur les questions sociopolitiques qui agitent nos sociétés. Les X-Men, au-delà de leur dimension spectaculaire et distrayante, proposent en effet une réflexion très pertinente sur la question de l’Autre dans la société étasunienne d’aujourd’hui, mais aussi une nouvelle façon d’aborder la question de l’altérité dans le cinéma hollywoodien – ce que peu de critiques français ont su voir…

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L’histoire du cinéma vue par Hollywood en 10 films

1- Chaplin (Richard Attenborough, 1992)

La vie du grand Charlie Chaplin (de 1894 à 1972 – date à laquelle il reçoit un Oscar d’honneur) interprété avec talent par un Robert Downey Jr. très inspiré dans les numéros de pantomime. Le récit retrace rapidement l’enfance pauvre du futur tramp millionnaire avant d’évoquer plus longuement le génie perfectionniste du réalisateur, ses démêlés avec le maccarthysme et surtout ses déboires avec ses jeunes épouses. Le film bénéficie d’un budget confortable qui fait la part belle à une reconstitution luxueuse et documentée. Du très bon spectacle et un précieux témoignage sur les débuts d’Hollywood.

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Hollywood parano : la drogue et le cinéma US

Au tournant des années 2000 le cinéma hollywoodien semble avoir trouvé dans la drogue une source d’inspiration nouvelle. D’une part en redoublant de scénarios évoquant le trafic de stupéfiants avec Blow, Traffic, Les Infiltrés… Mais surtout en filmant la descente aux enfers de personnages en plein bad trip : Drugstore Cowboy, Rush, Pulp Fiction, Las Vegas Parano, Another Day in Paradise, Requiem For a Dream… Mais le phénomène est-il si nouveau ? Petit flash… back.

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Tarzan à Hollywood : variations autour d’un mythe

Depuis 1918, Hollywood a produit pas moins de 50 films s’inspirant du personnage créé par E. R. Burroughs. Mais il ne s’agit-là que de la partie immergée de la filmographie tarzanienne tant les produits de contrebande demeurent nombreux en la matière, des bollywood au spaghettis en passant par le X et la série Z, sans même parler des tarzanides (Georges de la jungle entre autres). C’est dire si les films de Tarzan constituent un genre à part entière. Mais si les avatars s’avèrent nombreux, rares sont ceux qui rendent véritablement justice à l’œuvre de Burroughs. Et même en ne considérant que la filmographie officielle anglo-saxonne, force est de constater que le mythe de Tarzan a subi bien des vicissitudes du papier vers l’écran. A telle enseigne que Burroughs lui-même, pourtant passionné par le septième art, fut toujours très critique vis-à-vis de ces œuvres. Quant à Francis Lacassin, notre tarzanologue national, son verdict reste sans appel : « Par quelles complicités, la sottise, le mauvais goût, l’ignorance, la cupidité et le scoutisme ont-ils réussi à châtrer, falsifier et pervertir l’un des mythes modernes les plus fascinants. L’exaspération des censures, l’esprit de lucre, l’indigence des réalisateurs et la débilité mentale des scénaristes ont été les atouts majeurs de cette remarquable entreprise de falsification »(1). Petite visite donc à travers une filmographie riche, inégale et souvent douteuse, mais toujours susceptible de nous renseigner sur les phobies et fantasmes de ce 20ème siècle tourmenté.

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La classe ouvrière va à Hollywood

C’est entendu, les prolétaires sont très peu représentés dans le cinéma hollywoodien. Il suffit de comparer la production étasunienne et la filmographie soviétique pour prendre toute la mesure de cette invisibilité du working class hero américain. Et pourtant, le mouvement ouvrier aux Etats-Unis est une réalité, en témoigne les nombreuses grèves, parfois meurtrières, qui ont ponctué son histoire. Mais Hollywood a tout simplement choisi d’ignorer cette donnée. Bien sûr, la raison en est fort simple : l’usine à rêve est d’abord la vitrine du « rêve américain », autrement dit de la société sans classe. Et évoquer la réalité ouvrière ce serait admettre qu’au pays de l’american way of life il existe des classes sociales, autrement dit des pauvres et des riches… Pour autant, le cinéma américain n’est pas tout à fait exempt de prolétaires, mais ceux-ci ne sont le plus souvent que des alibis idéologiques, des “Autres” en sursis et des Américains middle-class en devenir.

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