Tag Archive for grindhouse

« The Black Gestapo » (1975), la blaxploitation et les Black Panthers

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(domaine public)

Parmi les films d’exploitation les plus tordus des tonitruantes seventies – au nombre desquels bien sûr le cultissime Ilsa, la Louve des SS (1975) – voici une petite curiosité qui vaut le détour, pas tant pour ses qualités divertissantes (très relatives) que pour son sous-texte politique.

The Black Gestapo (Lee Frost, 1975), au titre on ne peut plus racoleur et douteux, s’inscrit en effet dans le sous-genre blaxploitation et, à ce titre, fut largement influencé par l’air du temps synonyme de contestation noire, de Black Power et de Black Panthers.

C’est un fait, au début des années 70 l’organisation marxiste noire créée par Huey Newton et Bobby Seale, originellement baptisée The Black Panther Party for Self-Defense, était à l’apogée de sa renommée. La simple image de Noirs en uniforme (veste en cuir et béret noir) paradant au cri de « Off the Pigs ! » (à bas les cochons ! = les flics) eut un impact sismique sur la communauté afro-américaine galvanisée et plus encore sur la majorité blanche terrorisée. Rien d’étonnant dès lors à ce que le cinéma de blaxploitation s’en inspire.

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Drive-in & Grindhouse Cinema (1950’s-1960’s)

couv driveinDurant les années 1950 et 1960, la production indépendante américaine va se lancer avec fièvre et passion dans la création de films que les bonnes mœurs du pays réprouvent. Des films dépeignant une jeunesse sauvage. Des microproductions aux explosions gore surréalistes. Des récits dont les seuls atouts sont les poitrines dénudées de leurs actrices. Les drive-in du pays et les grindhouses se mettent à carburer à la violence, au rock’n’roll, au sexe et à l’horreur. Pour le plus grand plaisir d’un public jeune avide de nouvelles sensations. Par leur vitalité, leurs refus des conventions et leur mise en scène souvent novatrice, ces films d’exploitation vont aussi former et influencer toute une nouvelle génération de cinéastes (Francis Ford Coppola, George Lucas, Martin Scorsese…). Découvrez 101 perles oubliées ou classiques du domaine !

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Day of the Woman (Meir Zarchi, 1978) : Rape, Revenge et féminisme

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(Photo Alchemica, 2010) [CC BY-SA 3.0]

Dans la série des films maudits, voici une petite pépite du cinéma d’exploitation US des années 70 que j’ai eu le plaisir de découvrir tout récemment en parcourant le hors-série de Mad Movies – que je ne saurais d’ailleurs que vous conseiller – intitulé « Grindhouse : dans les veines du cinéma d’exploitation » paru en 2007. « Maudit » parce que ce Day of the Woman (1978) premier et avant-dernier long d’un certain Meir Zarchi, aussi connu sous les titres I Spit on Your Grave, I Hate Your Guts ou The Rape and Revenge of Jennifer Hill, a tout simplement été interdit dans plusieurs pays (dont l’Australie, l’Ireland, le Canada, l’Allemagne de l’Ouest et le Royaume-Unis !) et n’a de cesse, depuis sa sortie, de susciter la polémique. Mais avant de trancher dans le lard de la controverse, voyons d’abord de quoi il est question.

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Double programme grindhouse millésime 1975 ou le cinéma bis expliqué à mon fils

[Domaine public]

A propos d’Ilsa la louve des SS et de La course à la mort de l’an 2000

Hier soir j’étais tranquille, j’étais peinard (accoudé au comptoir…) et je me suis concocté une petite soirée midnight movies de derrière les fagots – façon « L’Absurde séance » – avec double programme grindhouse de la mort. Au menu, deux grands classiques bis de 75 : Ilsa la louve des SS et La Course à la mort de l’an 2000. Rien que les titres déjà ça envoie sec ! Le lendemain, au petit déj’, encore tout excité par le spectacle de la veille, j’essayais tant bien que mal de raconter l’histoire de la course de la mort à mon fiston, fan de Cars (en même temps il a 4 ans…), quand soudain la discussion prit une tournure plus sérieuse…

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Tarantino est-il un imposteur ?

Quentin Tarantino en 2011 (ph. Georges Biard) [CC BY-SA 3.0]

Quentin Tarantino en 2011 (ph. Georges Biard) [CC BY-SA 3.0]

Monsieur le Juge les preuves sont accablantes ! Voyez ce montage qui circule sur le Net sous le titre « Everything is a Remix : Kill Bill » (5’) et qui prouve – images à l’appui – combien le cinéaste emprunte son inspiration – sans retenue aucune, je tiens à le souligner – dans un magma de films divers et variés, des plus classiques (Citizen Kane) aux plus obscurs et improbables (il y en aurait trop à citer). Le plus grave, votre honneur, c’est que le dénommé Tarantino n’en est pas à son coup d’essai. Nous avons même affaire à ce que l’on appelle par chez nous un multirécidiviste ! J’en veux pour preuve les différentes plaintes déposées au cours des dernières années et que je souhaiterais voir verser au dossier : « Tarantino accusé de plagiat pour Grindhouse » (Première.fr), « Son Kill Bill fruit d’un vol ? » (Gala), « Tarantino poursuivi pour plagiat sur Kill Bill » (Elle).

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Les 10 meilleurs films grindhouse qu’il faut avoir vus avant de mourir !

(Domaine public)

(Domaine public)

Voilà, la nouvelle année approche à grands pas et avec elle les bonnes résolutions. Alors faites-moi plaisir, ramenez l’intégrale de Rohmer à la Fnac et optez plutôt pour ces 10 chefs d’œuvre du cinéma d’exploitation made in USA. Parce que ça c’est du septième Art, du cinoche, du vrai, du qui tâche, qui remue et qui secoue, tourné avec des tripes et des corones ! Bref du cinéma populaire comme on l’aime ! Et ça tombe super bien, tous ont été édités en DVD et en zone 2. Alors, que demande le peuple ?

N°10 : Black Caesar / Le Parrain de Harlem (Larry Cohen, 1973) DVD MGM 2004

Parce que Fred Williamson, le mec le plus cool de l’histoire du cinéma bis, y interprète un gangster fracassant à l’image du Scarface de Hawks (1932) dont il est une sorte de remake black, il mérite mille fois de figurer dans cette liste. Et si l’on devait ne retenir qu’une unique scène de ce petit chef-d’œuvre de la blaxploitation ce serait incontestablement celle ou Funky Fred, nouveau parrain de la pègre locale, parade avec arrogance sur la 125e rue de Harlem, encadré de deux porte-flingues au regard encore plus mauvais que le sien, au son de It’s Good to be the King de James Brown. Grand moment d’anthologie !

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