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« Pourquoi le cinéma français est-il de gauche ? »

LA-LOI-DU-MARCHE-Affiche-574x768« Pourquoi le cinéma français est-il de gauche ? » Voilà, sans crier gare, la question que me posa – sur un ton légèrement agressif – un journaliste de L’Express alors que je venais à peine de décrocher mon téléphone et que je déjeunais tranquillement à table avec mes kids il y a une semaine de cela.

A froid comme ça, ça fait un peu bizarre… Pas évident d’y répondre à brûle-pourpoint. C’est pourtant ce que je fis en lui demandant pour commencer d’où il tenait cette information (de quelle source statistique exactement ?) et surtout ce qu’il entendait par « de gauche » ? La « gauche caviar » ou la gauche-gauche vraiment de gauche ? Et puis j’ai hasardé une amorce d’explication en lui disant que s’il y avait une tendance « de gauche » dans la cinéma c’était sans doute parce que la culture attirait essentiellement au départ des gens qui ne partageaient pas les mêmes valeurs et ambitions que les gens « de droite » qui se tournaient eux plus volontiers vers des carrières plus lucratives, plus sûres et plus respectables. Bref, on discuta ainsi un bon quart d’heure – au bas mot – et, comme c’est souvent le cas, ledit journaliste ne retint de notre conversation qu’une pauvre phrase notée à la volée qu’il « cita » approximativement dans son article – en faisant des erreurs…

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« Le Crime des anges », les quartiers nord de Marseille filmés de l’intérieur

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Elle est Marseillaise, a grandi dans les quartiers nord de la ville et réalise son premier long-métrage Le Crime des anges en mode guérilla. Rencontre avec Bania Medjbar.

1/Peux-tu nous parler de ton nouveau projet ?

Le Crime des anges est une comédie dramatique qui glisse subrepticement vers un film plus sombre. Il pose la question de la difficulté de vivre pour les jeunes des cités. C’est mon premier long métrage.

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Les Noirs dans le cinéma français : de Joséphine Baker à Omar Sy

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Les Noirs dans le cinéma français : de Joséphine Baker à Omar Sy de Régis Dubois (éd. LettMotif, 246 p. 24 euros)

Cet ouvrage poursuit deux objectifs. D’une part analyser l’image du « Noir » et son évolution dans l’imaginaire cinématographique français depuis un siècle. D’autre part, mettre en lumière la présence des Noirs et Métisses dans le cinéma hexagonal depuis les premières vues des frères Lumière jusqu’au triomphe d’Intouchables, en évoquant notamment les rôles interprétés par Josephine Baker, Habib Benglia, Darling Légitimus, Robert Liensol, Isaac de Bankolé, Firmine Richard, Jacques Martial, Alex Descas, Mouss Diouf, Aïssa Maïga, Edouard Montoute, Stomy Bugsy, Eriq Ebouaney, Joeystarr ou Omar Sy.

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« Haramiste » à l’épreuve des cultural studies : entretien avec Antoine Desrosières

Par Astrid Condis y Troyano pour lesensdesimages

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A Hollywood, la phase d’écriture d’un scénario est très organisée quand il s’agit de parler des minorités ou des communautés – même des communautés de femmes. Les scénaristes écrivent une première version puis, quand elle est à peu près lisible, ils l’envoient aux studios. Là, les producteurs la font diffuser auprès de lecteurs « conscients » (associations, groupes militants issus des communautés dont va parler le film). Ou dans un autre registre, le scénario sera lu par des spécialistes en cultural studies (women’s studies, black studies, post colonial studies, gender studies, gay et lesbian studies, etc.), c’est-à-dire par des gens dont c’est le métier de détecter les aberrations, le racisme, les préjugés, les clichés sexistes, misogynes ou les stigmatisations involontaires d’un projet cinématographique. Une fois corrigé, le scénario continuera sa route.

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Bienvenue chez les prolos : le cinéma populaire français et la lutte des classes

Durant l’hiver 2011-2012, Intouchables totalisa plus de dix-neuf millions d’entrées en salles réitérant presque ce faisant l’exploit de Bienvenue chez les Ch’tis qui, au printemps 2008, créait la surprise générale en se hissant au sommet du box-office français, engrangeant quelque vingt millions d’entrées, devançant ainsi La Grande vadrouille indétrôné depuis 1966. Plus d’un français sur trois, tout âge confondu, était alors allé voir le film de Dany Boon au cinéma. Autant dire qu’avec la sortie DVD et les futures diffusions télévisées, plus d’un Français sur deux l’aura vu. Comment alors expliquer de tels succès que certains n’hésitent pas à qualifier de « phénomène de société » ? La promotion ? Si on prend l’exemple des Ch’tis elle est bien moindre qu’Astérix 3 par exemple sorti au même moment. Une critique journalistique favorable ? Rien n’est moins sûr, la condescendance voire le mépris de la presse élitiste étant une constante en la matière. Les récompenses ? Bienvenue chez les Ch’tis fut tout bonnement snobé par le palmarès des César. La présence de stars au générique ? Si peu. Il me semble que ce qui a fait le succès de ces films c’est avant tout le fameux « bouche à oreille ». Et je dirai même que c’est surtout les classes populaires qui ont creusé la différence et qui ont largement contribué à faire de Bienvenue chez les ch’tis ou d’Intouchables des succès historiques. Car l’on sait qu’elles se rendent habituellement peu au cinéma, comparé aux classes supérieures (1), et que c’est à partir du moment où elles se pressent en masse dans les salles obscures que l’on peut véritablement parler d’un succès au box-office. Des succès populaires donc dans tous les sens du terme.

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Le Rendez-vous des quais oublié par l’Histoire

Le Rendez-vous des quais de Paul Carpita (France, 1955)

L’Histoire, on le sait, est écrite par les vainqueurs. Il en va de même de l’Histoire du cinéma. Et qu’enseigne-t-on aujourd’hui dans les universités ? L’apport décisif de la Nouvelle Vague qui précipita le cinéma français – et le cinéma mondial – dans la modernité. Cette victoire ne serait rien d’ailleurs sans la fameuse « politique des auteurs » théorisée au sein des Cahiers du cinéma au cours des années 50 par ces mêmes futurs cinéastes de la Nouvelle vague (les Godard, Chabrol, Truffaut, Rohmer…). Cette nouvelle conception du cinéma avait pour but de valoriser le rôle du réalisateur qui se voyait ainsi promu au rang d’artiste génial et tout puissant à l’instar du peintre ou de l’écrivain. Ce « coup d’état » fomenté par les « jeunes Turcs » des Cahiers avait bien sûr comme but ultime de légitimer le cinéma comme art. Or pour cela, ces critiques de la rive droite (Les Cahiers étaient domiciliés sur les Champs Elysées), tous emprunts de culture bourgeoise, ont dû trier entre ce qui, à leurs yeux, relevait de l’Art et ce qui s’apparentait à du simple divertissement populaire (quitte parfois à adouber des « auteurs » de films populaires comme Hitchcock ou Hawks). Et aujourd’hui, la distinction qui s’opère entre « films d’auteurs » et « films grand public » leur doit beaucoup… Ajoutons que la « politique des auteurs » domine toujours – et ce depuis près de 50 ans – le champ de la critique et des études cinématographiques. Or il m’a toujours semblé que l’importance de la Nouvelle vague avait été surestimée (en particulier l’œuvre de Truffaut mais aussi de Chabrol ou de Rohmer). Quant à la « politique des auteurs », je la trouve restrictive, omnipotente et, par bien des aspects, excessivement snob – même si cela n’enlève rien au fait qu’elle joua un rôle important à un moment donné.

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Camping, les beaufs, la critique et la domination symbolique

Ceci est un billet d’mauvaise humeur..

Voilà, en ce moment je n’ai plus de DVD à regarder alors je me rabats sur la télé. Et hier soir je choisis de revoir Camping (2006) sur France 3. Je l’avais déjà vu il y a quelques années et j’en avais, ma foi, plutôt gardé un bon souvenir. Il faut dire aussi que je le revois parce que récemment j’ai eu une discussion houleuse avec un ami qui vomit littéralement ce type de comédies populaires “commerciales, franchouillardes, abrutissantes, etc”. Bref. Je regarde donc Camping et je me marre. Ok, à l’instar de Bienvenue chez les Ch’tis, le film se complait à caricaturer la « France d’en bas », le beauf sympathique, pas très futé, cultivant un goût immodéré pour le kitch (maillot « moule-boules », playlist ringarde de Barzotti…) mais quand même pétri de bon sens et de générosité. Et alors ? Quel est le problème ? N’a-t-on pas le droit de se moquer des « beaufs » ? Eux-mêmes, j’en suis sûr, s’en amusent beaucoup car, à n’en pas douter, pas une seconde ils ne sont dupes de la moquerie. Surtout que la satire n’est pas féroce mais plutôt sympathique (ajouté à cela que Franck Dubosc, co-auteur du film, est lui-même issu d’un milieu populaire, ceci expliquant cela).

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Violent days ou Elvis au pays de Zola

Voilà quelques jours, j’apprends la sortie de ce film et là je me dis “putain! enfin un film français différent ! un truc rock’n’roll qui déménage, un long métrage merde in France qui va enfin parler des prolos et de la culture pop au lieu de nous bassiner une fois de plus avec les sempiternels affres existentielles de nos petits-bourgeois parisiens… etc, etc.” En plus l’affiche abondamment diffusée sous forme de flyer (jusque dans mon pub de quartier préféré) m’a carrément tapé dans l’œil : esthétique fifties, noir & blanc classieux, vieille bagnole, petite pépé blonde-platine et tubes rockab’ à gogo (avec en playlist : Carl Perkins, Eddy Cochran, Gene Vincent…), bref un truc carrément fait pour moi, “le film que j’aurais aimé faire” que je me dis. Et donc, à la première occasion je cours me payer 3-4 bières au pub et un billet de ciné en entrainant avec moi deux compères de comptoir. Bon, là, y’a personne dans le cinoche (on était 9, nous trois compris mais 2 se sont barrés au bout d’un quart d’heure) mais comme je tombe sur un ancien rocker de ma connaissance, je me dis que c’est bon signe.

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Les Stars et le star-système en France

Un livre de Ginette Vincendeau (éditions L’Harmattan, collection « Champs Visuels étrangers », 2008, 312 p. 28,50 euros).

L’ouvrage de Ginette Vincendeau est tout simplement passionnant et brillant. Brillant et passionnant par son approche originale, par son érudition et par son écriture claire, simple et dense à la fois. Les Stars et le star-système en France s’inscrit dans la tradition des Cultural studies anglo-saxonnes et plus particulièrement dans les Star studies, disciple initiée outre-Atlantique par Richard Dyer (voir son ouvrage Stars paru en 1979 et traduit dans la même collection en 2004 sous le titre Le Star-système hollywoodien, suivi de Marilyn Monroe et la sexualité). Les Star studies consistent essentiellement à analyser l’impact des acteurs célèbres sur les œuvres dans lesquelles ils jouent mais aussi sur la société en général. Comme l’explique Vincendeau : « Mon but est d’analyser le jeu et le type de personnages joués par les grandes stars du cinéma français, ainsi que la signification de leur persona sur un plan socioculturel tout en prenant en compte l’esthétique des films » (p. 9).

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Paul Carpita, cinéaste franc-tireur : entretiens avec Pascal Tessaud

Editions l’Echappée, 2009, 158 p., 15 euros

« De toute manière, je ne me suis jamais considéré comme un cinéaste, je resterai toujours un instituteur des quartiers nord, fils d’un docker et d’une poissonnière de Marseille qui aime passionnément le cinéma ». C’est ainsi, avec une modestie caractéristique des personnes issues de milieux populaires, que Paul Carpita conclue son témoignage dans ce livre-entretien que lui consacre Pascal Tessaud.  Et pourtant, Carpita n’est pas qu’un simple « cinéaste du dimanche » comme l’ont cru trop rapidement les « professionnels de la profession » de naguère. Il est au contraire un cinéaste de premier plan, avant-gardiste, moderne, incontournable – appelez-le comme vous voulez – un cinéaste sous-estimé, assurément, mais surtout… oublié. Et pourtant, son Rendez-vous des quais (1955) est assurément, comme le souligne Jean-Pierre Thorn dans la postface, « le maillon manquant du cinéma français », le trait d’union entre Toni de Renoir et A bout de souffle de Godard.

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