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A l’ombre d’Hollywood : le cinéma noir indépendant (1910-1950)

Documentaire de Régis Dubois (Cinéfilms13, 2014, 40′)

En 2014 l’Anglais Steve McQueen devient le premier réalisateur noir à recevoir l’Oscar du meilleur film à Hollywood avec Twelve Years a Slave. Que de chemin parcouru en 100 ans ! En 1915 sortait en effet sur les écrans américains Naissance d’une Nation de D.W. Griffith, sans doute l’un des films les plus racistes de toute l’histoire du cinéma – dont le héros n’est autre que le créateur du Ku Klux Klan – une œuvre au succès retentissant qui relança la popularité du groupuscule d’extrême-droite de funeste mémoire. C’est à partir de Naissance d’une Nation que les Noirs américains décident de produire leurs propres œuvres pour contrecarrer l’image négative et stéréotypée de ce qui allait devenir le cinéma hollywoodien.

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Black Liberation d’Edouard De Laurot (1967)

Black Liberation (USA 1967, 37 min.), film documentaire d’Edouard De Laurot (ressorti en 1972 sous le titre Silent Revolution).

Ce documentaire militant est une véritable rareté, un film demeuré longtemps « introuvable » – et ce jusqu’à récemment (il a été mis en ligne sur YouTube en 2012). Bien qu’il n’ait pas été commercialisé en DVD, j’ai quand même eu l’occasion de le voir par le passé dans des festivals comme à Saint-Denis en 2009 dans le cadre de la rétrospective « Black Revolution » ainsi qu’à Aix-en-Provence à l’occasion d’une programmation autour du thème « Films, luttes et résistances » (2009) pour laquelle il m’avait été demandé d’en faire une brève présentation. Je me suis alors souvenu d’un texte que j’avais écrit dix ans auparavant pour un mini-mémoire de DEA. Un enseignant bien avisé, sachant que je travaillais sur le cinéma afro-américain, m’avait alors confié une version VHS piratée depuis une copie 16mm de ce documentaire expérimental sur lequel il ne possédait aucune information (pas même le nom du réalisateur). Je dois dire que Black Liberation m’a tout de suite emballé, notamment pour l’authenticité de son discours (j’apprendrai plus tard que Malcolm X en personne y avait apporté sa contribution) mais aussi et surtout pour sa forme étonnante, expérimentale, et tout à fait à même de relayer l’esprit du Black Power. Un film aujourd’hui disponible sur la toile (en VO) à voir à tout prix donc et dont voici une analyse approfondie en forme d’explication de texte.

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Fahrenheit 9/11 : retour sur une polémique

« Ce pamphlet efficace mais simpliste, parfois démagogique ne lésine pas sur les moyens pour atteindre son objectif : empêcher la réélection du président américain. Fahrenheit 9/11 est un nouveau symptôme de la façon dont le cinéma américain pratique le spectacle comme un art de la dénonciation des axes du mal » (Le Monde – Jean-Louis Douin).

« Succession d’images chocs et de témoignages tire-larmes, martelant un unique message, “Stop Bush”. Un pamphlet bâclé » (Les Inrockuptibles – Sylvain Bourmeau)

« (…) moins inventif, plus manipulateur que ses précédents films, Fahrenheit 9/11, devient dans sa seconde partie un montage récapitulatif sur l’intervention en Irak, avec chantage final à l’émotion. Où est passée la pétulance libertaire de Michael Moore ? » (Télérama – Aurélien Férenczi)

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(Re)voir les films de Pierre Carles

Pierre Carles est devenu avec le temps un incontournable du documentaire français, au même titre qu’un Michael Moore outre-Atlantique. On attend le dernier Pierre Carles un peu comme on attendait il y a encore quelques années le dernier Bourdieu. Bien sûr mes exemples ne sont pas choisis au hasard, puisqu’il semblerait bien que Moore comme Bourdieu aient été deux références majeures dans l’édification du style et de la pensée du cinéaste-sociologue-trublion. Rappelons ici quelques étapes du parcours mouvementé de Carles. Diplômé de JRI (Journalisme Reporter d’Images) de l’IUT de Bordeaux, il entre à la télévision par la petite porte mais se fait vite repérer pour son insolent talent – qui lui causera d’ailleurs plus d’un problème. On le retrouve ainsi aux côtés de Bernard Rapp, de Stéphane Dechavanne ou de Thierry Ardisson, le plus souvent comme chroniqueur poil-à-gratter éjectable (il dévoile par exemple à la TV la fausse interview de Castro par PPDA). Mais très vite son impertinence déplait et il devra pour plusieurs années se cantonner à la réalisation de sujets pour l’émission Strip-tease, de 1993 à 1998, où il se fera un peu « oublier » (mais aussi remarquer).

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« L’ultra-gauche » au cinéma… The Weather Underground

Documentaire de Sam Green et Bill Siegel (USA, 2002, 1h30)

Vous avez dû le remarquer, les médias ont encore “inventé” un nouveau mot : “l’ultra-gauche” pour qualifier la mouvance politique des inculpés de Tarnac. Mais c’est quoi l’ultra-gauche ? Ben, c’est la gauche plus à gauche que l’extrême gauche. En fait, depuis que Besancenot est devenu plus fréquentable, les médias ont dû inventer un nouveau croquemitaine situé quelque part entre Mesrine, Castro et Ben Laden. Et comme « terroriste » était déjà associé à « islamiste », et « gauchiste » à « Cohn-Bendit-en-mai-68 », ils se sont dit que « ultra-gauche » ça sonnait bien et surtout cela rappelait les heures sombres des années de plomb ; la RAF + Action directe + les Brigades rouges tout à la fois.

Il faut dire que le thème du « terrorisme gauchiste » est à la mode. Depuis quelques années on a pu en effet voir sur nos écrans plusieurs films évoquant cette question controversée : citons Buongiorno, notte de Marco Bellocchio (Ita., 2004), Les Trois vies de Rita Vogt de Volker Schlöndorff (All., 2000), Baader de Roth Christopher (All., 2002), Ni vieux, ni traitres de Pierre Carles (Fr., 2004) ou dernièrement La Bande à Baader d’Uli Edel (All., 2008) et ceci en attendant le Che en deux parties de Steven Soderbergh prévu pour 2009 et un Carlos signé Assayas encore en préproduction.

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