Tag Archive for afro-américain

De Naissance d’une Nation à Birth of a Nation : 100 ans d’esclavage à Hollywood

Photo publicitaire pour Autant en emporte le vent (MGM, 1939) [domaine public]

Photo publicitaire pour Autant en emporte le vent (MGM, 1939) [domaine public]

S’il est une période historique que le cinéma américain de ces dernières années a mis à l’honneur c’est bien celle de l’esclavage, avec des films comme Lincoln (2012), Django Unchained (2012), 12 Years a Slave (2013), Free State of Jones (2016) et bien sûr Birth of a Nation (2016), sans compter les séries Book of Negroes (2015), Underground (2016) et Roots (2016). L’occasion était donc trop belle, avec la sortie prochaine du Birth of a Nation de Nate Parker en France, de revenir sur un siècle d’images de l’esclavage à Hollywood.

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Soul Street, le Mag Blaxploitation

soul-streetFoxy Bronx’s Soul Street n°1 (novembre 2016, 72 pages, 8 euros)

Le nouveau fanzine luxueux de notre maître Capello de la Blaxploitation, le bien nommé Foxy Bronx, vient de sortir sous le titre alléchant de Soul Street, un blaze qui respire bon le bitume suintant, la poudre brûlée et la soul épicée à la sauce funky. Alors pour ceux qui ne connaîtraient pas cet accro de Foxy Bronx, sachez qu’il a déjà à son actif deux décennies de fanzines Blax mais aussi plusieurs sites dédiés au soul cinema dont le foisonnant Foxy Bronx, the soul side of pulp-culture. Le gars, il faut dire, est un érudit et un passionné – que dis-je, un obsédé – comme il m’a très rarement été donné d’en croiser. Il collectionne en effet les films, les affiches et les photos d’exploitation depuis tout ce temps, archives qu’il se fait régulièrement livrer par lots entiers depuis le fin fond de la Black Belt. C’est ainsi qu’il identifia un obscur réalisateur noir de films Blax qu’aucun livre ni site n’avait jusqu’alors référencé (pas même imdb !), en l’occurrence le mystérieux et téméraire Chuck McNeil auquel il consacre ici un long article en forme d’enquête. De la même manière, Foxy ressuscite dans les pages de ce Soul Street n°1 les destins de films et de cinéastes afros largement méconnus comme Wendell James Franklin (The Bus is Coming, 1972) ou Yaphet Kotto (The Limit / Le Patrouilleur, 1972).

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Les Afro-américains et les Oscars : retour sur une polémique

SS02-0011Depuis une semaine l’information est relayée par tous les médias français, Spike Lee et Jada Pinkett Smith (épouse de Will Smith) n’iront pas à la 88e cérémonie des Oscars pour protester contre le fait qu’aucun acteur noir n’a été nommé cette année. Depuis la polémique ne cesse d’enfler. Outre-Atlantique plusieurs personnalités disent comprendre la position des contestataires : Will Smith, Idris Elba, Whoopi Goldberg, George Clooney, Dustin Hoffman, ou les rappeurs Snoop Dogg et 50 Cent – certains n’hésitant pas à appeler au boycott. La fronde a un tel retentissement qu’elle s’invite même dans le débat français. D’un côté Omar Sy et Rochdy Zem jugent cette levée de boucliers légitime, de l’autre Charlotte Rampling, nommée dans la catégorie Meilleure actrice pour 45 ans, met de l’huile sur le feu en parlant de « racisme anti-blanc »…   Mais qu’en est-il vraiment de la représentation des Noirs dans l’histoire des Oscars ?

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Les super-héros noirs des films Marvel

Black Panther Vs Tornade (par Pikotter, 2016) [CC BY-SA 4.0]

Black Panther Vs Tornade (par Pikotter, 2016) [CC BY-SA 4.0]

C’est officiel Black Panther « le premier super-héros noir » sortira en 2018. Mais s’il est bien le premier super-héros noir des comics Marvel (né en 1966) il n’est aucunement en revanche le premier super-héros noir des films Marvel – 12 l’ont déjà précédé depuis 1993.

Petit rappel en chiffres : Marvel c’est 75 ans d’histoire, environ 5000 super-héros (la plupart nés de l’imagination de Stan Lee) dont une centaine seraient noirs (1) et c’est enfin 43 films les mettant en scène depuis 1944 – dont 37 depuis l’an 2000 (chiffres de 2015 – cf. liste annexe). Mais pour ce qui nous concerne présentement, c’est surtout 12 super-héros noirs (dont 4 ne l’étaient pas à l’origine dans la version comics), de Meteor Man à Tornade en passant par Blade.

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Hip-Hop au cinéma : du ghetto à Hollywood

Par Pascal Tessaud pour lesensdesimages

graffiti [CC0]

graffiti [CC0]

Après l’histoire du rock’n’roll racontée par le cinéma (1), celle du rock (2) ou encore celle des Beatles vue à travers les nombreux films qui leur ont été consacrés (3), voici le tour du rap et du hip-hop avec cet article écrit par le réalisateur Pascal Tessaud pour lesensdesimages.

Le hip-hop, parent pauvre des médias français, a investi depuis près de quarante ans la télévision, les médias et le cinéma américain. Ce texte analyse le processus qui a conduit une culture de la marge à s’imposer au fil des décennies comme un formidable vecteur culturel d’une Amérique en pleine mutation. Le hip-hop au cinéma est bien une histoire d’amour et de raison que nous nous devions d’évoquer dans son évolution artistique qui l’a amené de la marge des ghettos noirs aux studios d’Hollywood.

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A l’ombre d’Hollywood : le cinéma noir indépendant (1910-1950)

Cinéma ségrégué dans le Mississippi (ph. Marion Post Wolcott) [domaine public]

Documentaire de Régis Dubois (Cinéfilms13, 2014, 40′)

En 2014 l’Anglais Steve McQueen devient le premier réalisateur noir à recevoir l’Oscar du meilleur film à Hollywood avec Twelve Years a Slave. Que de chemin parcouru en 100 ans ! En 1915 sortait en effet sur les écrans américains Naissance d’une Nation de D.W. Griffith, sans doute l’un des films les plus racistes de toute l’histoire du cinéma – dont le héros n’est autre que le créateur du Ku Klux Klan – une œuvre au succès retentissant qui relança la popularité du groupuscule d’extrême-droite de funeste mémoire. C’est à partir de Naissance d’une Nation que les Noirs américains décident de produire leurs propres œuvres pour contrecarrer l’image négative et stéréotypée de ce qui allait devenir le cinéma hollywoodien.

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Harlem, ville noire : Le ghetto noir dans l’imaginaire cinématographique américain

Affiche de Harlem on the Prairie (1937) [domaine public]

Affiche de Harlem on the Prairie (1937) [domaine public]

Harlem. Deux syllabes qui forcent l’imagination. D’un côté, des photos contrastées noir et blanc de jazzmen auréolés de volutes de fumée. À l’arrière plan des caractères lumineux qui se détachent pour former ce nom presque mythique : Cotton Club. De l’autre, des images de jeunes Noirs coiffés afro, au regard dur, le poing levé à la façon de Malcolm X haranguant la foule sur la 125ème rue. Pas très loin de là, un décor de désolation, un quartier sinistré jonché de seringues, hanté par le souvenir des taciturnes Ed Cercueil et Fossoyeur Jones, les deux flics patibulaires des romans de Chester Himes. Plus gaies sans doute, ces images de basketteurs acrobates habillés aux couleurs du drapeau américain, les fameux Harlem Globetrotters de nos jeunes années. Bref, Harlem pour beaucoup c’est le ghetto noir dans toute sa splendeur, dans ce qu’il recèle de plus exotique et de plus mystérieux, dans ce qu’il suscite comme fantasme et comme crainte. Pourtant dans ce kaléidoscope d’instantanés, pas ou peu d’images de cinéma. Serait-ce une défaillance de notre mémoire cinéphilique ? Non, effectivement, Hollywood s’est longtemps refusé à traverser la frontière qui sépare la partie blanche et la partie noire de New York, ville pourtant maintes fois prise pour décor dans les productions américaines.

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Quand le rap fait son cinéma… à propos du cinéma new jack

Ice Cube en 2010 (ph. Stuart Sevastos) [CC BY 2.0]

Ice Cube en 2010 (ph. Stuart Sevastos) [CC BY 2.0]

“Elvis was a hero to most / But he never meant shit to me you see / Straight up racist that sucker was / Simple and pain / Motherfuck him and John Wayne / Cause I’m black and I’m proud […] / Fight the power / Fight the power …”(1).

Qui a pu oublier cette fracassante ouverture – véritable morceau d’anthologie – de Do the Right Thing (Spike Lee, 1989) signée Public Enemy. Rarement une musique, un rythme, des paroles, avaient aussi bien épousé, et introduit, un film. Rien de surprenant cependant quand on connaît le cinéaste et sa passion pour la musique (rap), lui qui déclarait en 1989 : « la musique joue un rôle très important dans mon film : elle est aussi importante que le scénario, la mise en scène et la photographie »(2). Toute une nouvelle génération (les Singleton, Van Peebles, Hughes brothers…), celle du hip-hop, bercée depuis la plus tendre enfance au rythme de Rappers’ Delight, venait de trouver son mentor, et allait donner au rap ses lettres de noblesse sur grand écran, via ce qui allait devenir le cinéma “new jack”.

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Émeute à Los Angeles d’Oscar Williams : Blaxploitation et politique

337px-Fist.svgVoici un film politique rare et très peu connu que les éditions Le Chat Qui Fume en association avec Foxy Bronx (fanzine et site) viennent d’exhumer de derrière les fagots. Cette rareté accuse bien sûr les défauts du genre blaxploitation (budget limité, tournage à l’arraché, acteurs amateurs) accentué par le fait que le film n’a pas été remasterisé pour l’occasion. Il n’empêche, The Final Comedown est un film qu’il faut absolument voir pour son inventivité mais aussi parce qu’il demeure assurément, aux côtés de Sweet Sweetback’s Baadasssss Song de Van Peebles (1971) et de The Spook Who Sat by the Door de Dixon (1973), le plus précieux témoignage d’une époque au cours de laquelle des Afro-américains ont pris les armes pour en finir avec l’oppression raciste.

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Black Liberation d’Edouard De Laurot (1967)

Malcolm X en 1964 (ph. Marion S. Trikosko) [domaine public]

Malcolm X en 1964 (ph. Marion S. Trikosko) [domaine public]

Black Liberation (USA 1967, 37 min.), film documentaire d’Edouard De Laurot (ressorti en 1972 sous le titre Silent Revolution).

Ce documentaire militant est une véritable rareté, un film demeuré longtemps « introuvable » – et ce jusqu’à récemment (il a été mis en ligne sur YouTube en 2012). Bien qu’il n’ait pas été commercialisé en DVD, j’ai quand même eu l’occasion de le voir par le passé dans des festivals comme à Saint-Denis en 2009 dans le cadre de la rétrospective « Black Revolution » ainsi qu’à Aix-en-Provence à l’occasion d’une programmation autour du thème « Films, luttes et résistances » (2009) pour laquelle il m’avait été demandé d’en faire une brève présentation. Je me suis alors souvenu d’un texte que j’avais écrit dix ans auparavant pour un mini-mémoire de DEA. Un enseignant bien avisé, sachant que je travaillais sur le cinéma afro-américain, m’avait alors confié une version VHS piratée depuis une copie 16mm de ce documentaire expérimental sur lequel il ne possédait aucune information (pas même le nom du réalisateur). Je dois dire que Black Liberation m’a tout de suite emballé, notamment pour l’authenticité de son discours (j’apprendrai plus tard que Malcolm X en personne y avait apporté sa contribution) mais aussi et surtout pour sa forme étonnante, expérimentale, et tout à fait à même de relayer l’esprit du Black Power. Un film aujourd’hui disponible sur la toile (en VO) à voir à tout prix donc et dont voici une analyse approfondie en forme d’explication de texte.

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