Les Noirs dans le cinéma français : de Joséphine Baker à Omar Sy

Noirs dans le cinéma frLes Noirs dans le cinéma français : de Joséphine Baker à Omar Sy de Régis Dubois (éd. LettMotif, 246 p. 24 euros)

Cet ouvrage poursuit deux objectifs. D’une part analyser l’image du « Noir » et son évolution dans l’imaginaire cinématographique français depuis un siècle. D’autre part, mettre en lumière la présence des Noirs et Métisses dans le cinéma hexagonal depuis les premières vues des frères Lumière jusqu’au triomphe d’Intouchables, en évoquant notamment les rôles interprétés par Josephine Baker, Habib Benglia, Darling Légitimus, Robert Liensol, Isaac de Bankolé, Firmine Richard, Jacques Martial, Alex Descas, Mouss Diouf, Aïssa Maïga, Edouard Montoute, Stomy Bugsy, Eriq Ebouaney, Joeystarr ou Omar Sy.

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Les losers magnifiques du cinéma américain

Photo publicitaire pour La Ruée vers l'or de Charlie Chaplin (UA, 1925) [domaine public]

Photo publicitaire pour La Ruée vers l’or de Charlie Chaplin (UA, 1925) [domaine public]

« And the winner is… ». Comme le rappelle tous les ans la cérémonie des Oscars, Hollywood est affaire de gagnants, de cartons au box-office et de succes stories – à l’écran comme dans la vie. Pourtant, on ne saurait résumer le cinéma américain à une galerie de héros triomphants façon Superman ou Rocky. Car les vainqueurs n’ont pas toujours eu la cote à Hollywood qui s’est épisodiquement entichée de perdants au grand cœur, de marginaux hors-la-loi et autres rebelles sans cause. Petit tour d’horizon de ces losers magnifiques qui, de Charlot à Lebowski, ont fait l’histoire du 7e art US.

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Les César post-attentats et le choix de la diversité

Zita Hanrot (photo Georges Biard, 2016) [CC BY-SA 3.0]

Zita Hanrot (photo Georges Biard, 2016) [CC BY-SA 3.0]

Bonne surprise ! Le palmarès 2016 des César – tout comme celui de 2015 d’ailleurs – a fait la part belle à la diversité ethnique et culturelle. En effet le prix du meilleur film a été attribué cette année à Fatima après celui l’année passée de Timbuktu, deux films centrés sur des personnages issus de communautés musulmanes africaines ou d’origine maghrébine.

Idem du côté des nominations aux prix d’interprétation 2015-2016 qui, là encore, ont fait le choix de la diversité : après Karidja Touré pour Bande de filles, Ahmed Dramé pour Les Héritiers et Marc Zinga pour Qu’Allah bénisse la France l’année passée, saluons cette année celles de Loubna Abidar pour Much Loved, Soria Zeroual pour Fatima et Antonythasan Jesuthasan pour Dheepan. Et surtout, après le César du « meilleur acteur dans un second rôle » attribué en 2015 à Reda Kateb (pour Hyppocrate), voici que Zita Hanrot reçoit celui du « meilleur espoir féminin » pour Fatima en 2016. Faut-il y voir un signe ? Une simple coïncidence ou un lien de cause à effet avec les attentats qui ont traumatisé la France entre janvier 2015 (six semaines avant la cérémonie 2015) et novembre 2015 (trois mois avant celle de 2016) ?

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Les Afro-américains et les Oscars : retour sur une polémique

SS02-0011Depuis une semaine l’information est relayée par tous les médias français, Spike Lee et Jada Pinkett Smith (épouse de Will Smith) n’iront pas à la 88e cérémonie des Oscars pour protester contre le fait qu’aucun acteur noir n’a été nommé cette année. Depuis la polémique ne cesse d’enfler. Outre-Atlantique plusieurs personnalités disent comprendre la position des contestataires : Will Smith, Idris Elba, Whoopi Goldberg, George Clooney, Dustin Hoffman, ou les rappeurs Snoop Dogg et 50 Cent – certains n’hésitant pas à appeler au boycott. La fronde a un tel retentissement qu’elle s’invite même dans le débat français. D’un côté Omar Sy et Rochdy Zem jugent cette levée de boucliers légitime, de l’autre Charlotte Rampling, nommée dans la catégorie Meilleure actrice pour 45 ans, met de l’huile sur le feu en parlant de « racisme anti-blanc »…   Mais qu’en est-il vraiment de la représentation des Noirs dans l’histoire des Oscars ?

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Presse & islamophobie 2 : rhétoriques propagandistes

(photo Steve Evans de Bengalore, 2005, détail) [CC BY 2.0]

(photo Steve Evans de Bengalore, 2005, détail) [CC BY 2.0]

Dans la continuité de mon premier article « Presse & islamophobie : qu’en est-il ? » posté au lendemain des attentats de Charlie Hebdo (janvier 2015), voici une réflexion sur la rhétorique propagandiste islamophobe à l’œuvre dans plusieurs Unes de la presse d’opinion française depuis maintenant de nombreuses années – essentiellement dans la presse conservatrice (Le Point, L’Express, Marianne, le Figaro, Valeurs Actuelles…)

Cette réflexion m’a été inspirée par une phrase de Thomas Deltombe, auteur de l’Islam imaginaire : la construction médiatique de l’islamophobie en France (1975-2005) (éd. La Découverte, 2005) qui concluait une conférence de 2014 par : « Je ne sais pas si il y a des travaux de comparaison qui ont été faits sur la propagande antisémite des années 30 et la propagande islamophobe aujourd’hui. Ça c’est quelque chose qui commence à me perturber singulièrement, parce que quand je vois ce type de couverture « L’invasion des mosquées : notre identité menacée » [Valeurs Actuelles, 2014], ce genre de choses, je me demande vraiment comment on pourrait essayer d’analyser ça finement ».

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Analyses d’images : publicités, photos, affiches, pochettes…

Analyses d'imagesVient de paraître : Analyses d’images : publicités, photos, affiches, pochettes… (20 commentaires composés illustrés) de Régis Dubois (TheBookEdition, 2015, 136 pages, 9 euros)

L’image est omniprésente dans notre société, c’est une évidence. Tous les jours ce sont des dizaines, voire des centaines de messages visuels que nous recevons. Dans la rue, à la maison, sur les écrans, partout, via les affiches publicitaires, les magazines, les T-shirts, les flyers, les BD, le cinéma, la télé,   Internet, les jeux-vidéo, les Smartphones… Or, étonnamment, les analyses d’images demeurent relativement rares aussi bien sur le Net que sur papier. D’où ce recueil proposant un ensemble pédagogique de vingt études portant sur un échantillon d’images emblématiques de diverses époques et de tous types : photographie (d’art ou de presse), affiche de propagande, publicité, pochette de disque, affiche de film, photogramme, tableau, carte postale, street art… Au total, 20 commentaires composés richement illustrés de 60 visuels offrant une petite histoire des représentations depuis la fin du 19ème siècle jusqu’au début du 21ème.
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Plus que jamais Ensemble : Kiddam & The People

kiddam-and-the-people-ensembleRécemment, dans le rue, je suis tombé sur cette affiche annonçant la sortie d’un album de rap (Ensemble de Kiddam and the People). Elle m’a tout de suite interpellé. Sans doute parce que je l’ai trouvée belle, mais aussi originale et surtout énigmatique au premier abord.

Le soir, en rentrant, je fais donc quelques recherches sur le Net. Je regarde un clip du groupe et je réalise que j’ai vu cinq jours plus tôt le chanteur se produire sur scène à l’occasion d’une soirée en soutien aux migrants – et il se trouve que je l’avais trouvé plutôt intéressant et pertinent. Tout ça avait donc du sens.

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Les super-héros noirs des films Marvel

Black Panther Vs Tornade (par Pikotter, 2016) [CC BY-SA 4.0]

Black Panther Vs Tornade (par Pikotter, 2016) [CC BY-SA 4.0]

C’est officiel Black Panther « le premier super-héros noir » sortira en 2018. Mais s’il est bien le premier super-héros noir des comics Marvel (né en 1966) il n’est aucunement en revanche le premier super-héros noir des films Marvel – 12 l’ont déjà précédé depuis 1993.

Petit rappel en chiffres : Marvel c’est 75 ans d’histoire, environ 5000 super-héros (la plupart nés de l’imagination de Stan Lee) dont une centaine seraient noirs (1) et c’est enfin 43 films les mettant en scène depuis 1944 – dont 37 depuis l’an 2000 (chiffres de 2015 – cf. liste annexe). Mais pour ce qui nous concerne présentement, c’est surtout 12 super-héros noirs (dont 4 ne l’étaient pas à l’origine dans la version comics), de Meteor Man à Tornade en passant par Blade.

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« Haramiste » à l’épreuve des cultural studies : entretien avec Antoine Desrosières

Par Astrid Condis y Troyano pour lesensdesimages

(photo hijabi4ever, 2011) [CC BY-SA 3.0]

(photo hijabi4ever, 2011) [CC BY-SA 3.0]

A Hollywood, la phase d’écriture d’un scénario est très organisée quand il s’agit de parler des minorités ou des communautés – même des communautés de femmes. Les scénaristes écrivent une première version puis, quand elle est à peu près lisible, ils l’envoient aux studios. Là, les producteurs la font diffuser auprès de lecteurs « conscients » (associations, groupes militants issus des communautés dont va parler le film). Ou dans un autre registre, le scénario sera lu par des spécialistes en cultural studies (women’s studies, black studies, post colonial studies, gender studies, gay et lesbian studies, etc.), c’est-à-dire par des gens dont c’est le métier de détecter les aberrations, le racisme, les préjugés, les clichés sexistes, misogynes ou les stigmatisations involontaires d’un projet cinématographique. Une fois corrigé, le scénario continuera sa route.

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Fachos, néonazis & autres skinheads : les visages de l’extrême droite au cinéma

(photo R. Dubois, 2015)

(photo R. Dubois, 2015)

Le retour en force de l’extrême droite sur le devant de la scène politique et médiatique depuis, disons, 2010 ne semble pas faiblir. Rappelons quelques faits récents : le 5 juin 2013 un jeune militant antifa, Clément Méric 18 ans, mourrait sous les coups d’un skinhead néonazi à Paris. Un an plus tard, en mai 2014, pour la première fois de son histoire, le FN arrivait en tête d’un scrutin national avec presque 25% des suffrages aux élections européennes. Plus récemment, en juin 2015, de l’autre côté de l’Atlantique, un suprématiste blanc de 21 ans nostalgique de l’apartheid tuait froidement neuf Noirs dans une église de Charleston (Caroline du Sud) dans le but de déclencher une guerre raciale. C’est dans ce contexte inquiétant que sort, sur fond de polémique, Un Français de Diastème (2015), film racontant l’histoire d’un skinhead français. Vu l’actualité il nous semblait donc opportun de nous interroger sur la question de la représentation de l’extrême droite au cinéma, en France et ailleurs. Depuis quand les fachos sont-ils présents sur les écrans ? American History X est-il le premier film à s’intéresser au phénomène skinhead néonazi ? Quels points de vues les œuvres offrent-elles des fafs et des bones ? Et, en corolaire, quels discours idéologiques ces films proposent-ils au grand public ? De Naissance d’une Nation (1915) à Un Français (2015), voici un petit tour d’horizon des figures de fachos au cinéma en 100 ans d’histoire du 7ème Art et en 10 portraits emblématiques.

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