Archive for Lectures

Le mystère Ed Feingersh

Combien sont-ils ces photographes talentueux restés anonymes toute leur vie ou ayant sombré dans l’oubli après leur mort ? On a encore à l’esprit l’histoire étonnante de Vivian Maier qui ne prenait même pas la peine de développer ses négatifs qu’elle entassait méticuleusement dans une malle qu’un chineur chanceux découvrit par hasard en 2007. Depuis, grâce à un film-enquête (A la recherche de Vivian Maier, 2014), la mystérieuse baby-sitter connaît une gloire posthume bien méritée. Mais son cas n’est pas unique, car avant elle il y eut aussi Ed Feingersh qui, si l’on en croit Adrien Gombeaud, auteur du livre-enquête Une Blonde à Manhattan, fut un photojournaliste renommé avant sa disparition prématurée en 1961 qui précipita son oubli.

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Dennis Hopper : Born to be wild

Born to be wild : Dennis Hopper, un voyage dans le rêve américain de Tom Folsom (Payot/Rivages, 2014, 290 pages)

Voici un livre que tout passionné du Nouvel Hollywood – et donc et surtout de Hopper – attendait avec impatience : la biographie de Dennis « Billy » Hopper alias Mister Easy Rider. Autant le dire tout de suite, cet ouvrage est passionnant et se lit comme un roman, même s’il n’est pas sans défaut. L’auteur, Tom Folsom (tout juste 40 ans) a choisi d’écrire une bio plutôt anticonformiste, à l’image de son personnage principal, et comme le dit si bien Peter Biskind « heureusement pour lui, Dennis Hopper a eu le biographe qu’il méritait. La prose gonzo de Folsom pulse avec l’énergie frénétique de Hopper et épouse à la perfection sa folie ». Et Born to be wild se lit effectivement comme un scénario à la Citizen Kane où plane l’ombre de James Dean et dans lequel les chapitres s’enchaînent comme autant de saynètes, de flashs, de moments décisifs rapportés dans un style cinématographique, visuel et elliptique. C’est toute sa force mais aussi, à certains moments, sa faiblesse tant on aimerait en savoir plus, dans les détails, sur la réalité des faits. Quoi qu’il en soit le bouquin n’en reste pas moins fascinant. Mais comment de pas l’être avec un tel personnage !

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Autobiographies de réalisateurs, une denrée rare

Alors que chaque nouvelle rentrée littéraire apporte son lot de traductions d’autobiographies de rock-stars – ne citons que celles de Keith Richards et de Patti Smith en 2010, de Slash, de John Cale et de Steven Tyler en 2011, de Neil Young, de Pete Townshend et de Rod Stewart en 2013, de Johnny Rotten en 2014, etc. – celles des réalisateurs demeurent elles dramatiquement et étonnamment rares.

Si vous cherchez en effet comme moi de vraies autobiographies littéraires de réalisateurs, et non pas des recueils d’entretiens – du genre Moi, Orson Welles (1997) ou Scorsese par Scorsese (2011) – ni même des écrits théoriques (comme par exemple Les films de ma vie de Truffaut) et bien vous ne trouverez pas grand-chose… En langue étrangère vous aurez éventuellement plus de chance (voir entre autres le fameux How I Made A Hundred Movies In Hollywood and Never Lost a Dime de Roger Corman paru en 1990), mais en français va falloir aller chercher dans les recoins des bouquinistes les plus obscurs.

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A propos de « Identités et cultures : politiques des cultural studies »

« La question de la culture […] est absolument et incontestablement une question politique »

Stuart Hall

Il aura fallu attendre quelque quarante années pour qu’enfin les fameuses « cultural studies » anglo-américaines  trouvent un semblant d’écho en France. Ce recueil d’articles, titré Identités et cultures : politiques des cultural studies, traduit et publié chez Amsterdam en 2007 et signé Stuart Hall, l’un des pères des cultural studies britanniques, en est le signe le plus tangible. Mais combien la résistance hexagonale aura été longue…  Jusqu’alors nous n’avions en français qu’une timide Introduction aux Cultural Studies (de Mattelart et Neveu, Repères/La Découverte, 2003) et surtout des essais critiques anti-cultural studies comme celui de Jordi Vidal, au titre sévère de Servitude et Simulacre (Allia, 2007). Autant dire que la partie n’est pas encore gagnée. Mais qu’est-ce qui dérange tant dans les cultural studies ? Et surtout, qu’entend-on par le terme de cultural studies ? C’est tout l’intérêt de ce livre que de tenter d’y répondre.

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L’Hollywood de Peter Biskind

Mon Hollywood (Gods and Monsters) de Peter Biskind (Le Cherche Midi, 2011)

Que je suis mauvaise langue ! Voilà plus de quatre ans je chroniquais sur mon blog ce livre de Peter Biskind, que j’avais eu la chance de lire dans sa version originale, en concluant laconiquement mon billet par « malheureusement ce livre, comme son premier d’ailleurs, ne sera, à n’en pas douter, jamais traduit en français ». J’avais tord ! (enfin, qu’à moitié puisque son premier ouvrage n’a toujours pas été traduit…). En effet Le Cherche Midi a depuis fait paraître la version française de Gods and Monsters – une compilation d’articles percutants écrits entre 1973 et 2003 – sous le titre de « Mon Hollywood ». Rappelons ici que l’éditeur, fidèle à son auteur à succès, a déjà fait paraître deux ouvrages de référence de Biskind, Le Nouvel Hollywood en 2002 et Sexe, mensonges et Hollywood en 2006. Voilà, tout ça pour dire qu’il faut impérativement lire ce bouquin parce qu’il offre une autre manière d’aborder les films. Mais comme je n’ai pas encore lu la version française et que mes souvenirs sur la question datent un peu, je vais faire comme Biskind et vous donner à lire du réchauffé, à savoir un billet écrit en novembre 2008…

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Sylvester Stallone : héros de la classe ouvrière

Sylvester Stallone : héros de la classe ouvrière de David Da Silva (The Book Edition / Le Sens des Images, 2013, 196 p., 15 euros)

Depuis de nombreuses années, Sylvester Stallone est considéré comme un représentant de l’impérialisme américain avec des films comme Rambo II ou Rocky IV. Mais l’acteur-réalisateur-scénariste est un artiste bien plus complexe qu’il n’y paraît. Cet ouvrage propose ainsi une analyse de la filmographie de “Sly” dans le but  de prendre le contre-pied des clichés qui lui sont habituellement associés (surtout en France). Car en plus d’être un digne représentant de la classe ouvrière, apprécié des classes populaires, Stallone défend une réelle vision humaniste tout au long de son œuvre.

Ce travail documenté, illustré d’une quinzaine de photographies,  propose ainsi un éclairage inédit sur la star grâce à une approche de type cultural studies – dans la mouvance des star studies – dont l’enjeu est d’analyser sans aucun a priori et de manière pluridisciplinaire (mêlant l’analyse filmique, l’histoire, la sociologie, la politique, la biographie…) les productions populaires de la culture de masse en tenant compte aussi bien des intentions des auteurs que des contraintes du marché et de la réception du public. Une approche, malheureusement, encore largement boudée en France qui prouve pourtant, avec ce livre, toute sa richesse.

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New-Jack cinema : le cinéma afro-américain des années 90

New-Jack cinema : sortir ou non du ghetto ? Le cinéma afro-américain des années 90 de Charlotte Aristide (The Book Edition / Le Sens des Images, 2013, 196 p., 15 euros)

« Je suis devenue ciné-spectatrice avec les films hollywoodiens des années 90, et ai été marquée particulièrement par le cinéma afro-américain de la même période. J’ai construit en partie mon identité culturelle par rapport à ces films, tout comme la génération d’Antillais à laquelle j’appartiens ».

A travers une observation méticuleuse de onze films emblématiques du cinéma afro-américain des années 1990 – de New Jack City (1991) à Clockers (1996) en passant par Boyz’N the Hood (1991) et Menace II Society (1993) – époque où apparaît un authentique cinéma noir centré sur les problèmes sociaux du ghetto (et regroupé au sein du genre « New Jack cinema »), l’auteure analyse les thèmes de ces œuvres (décors, personnages, intrigues…) pour au final brosser un saisissant portait de la société afro-américaine de cette époque. Une étude sociologique appliquée au cinéma qui nous rappelle que le 7eme art est aussi et avant tout le produit d’une société et un puissant révélateur de ses us et coutumes à un moment donné de son histoire.

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Les Stars et le star-système en France

Un livre de Ginette Vincendeau (éditions L’Harmattan, collection « Champs Visuels étrangers », 2008, 312 p. 28,50 euros).

L’ouvrage de Ginette Vincendeau est tout simplement passionnant et brillant. Brillant et passionnant par son approche originale, par son érudition et par son écriture claire, simple et dense à la fois. Les Stars et le star-système en France s’inscrit dans la tradition des Cultural studies anglo-saxonnes et plus particulièrement dans les Star studies, disciple initiée outre-Atlantique par Richard Dyer (voir son ouvrage Stars paru en 1979 et traduit dans la même collection en 2004 sous le titre Le Star-système hollywoodien, suivi de Marilyn Monroe et la sexualité). Les Star studies consistent essentiellement à analyser l’impact des acteurs célèbres sur les œuvres dans lesquelles ils jouent mais aussi sur la société en général. Comme l’explique Vincendeau : « Mon but est d’analyser le jeu et le type de personnages joués par les grandes stars du cinéma français, ainsi que la signification de leur persona sur un plan socioculturel tout en prenant en compte l’esthétique des films » (p. 9).

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Blaxploitation 70’s Soul Fever !

Un livre de de Julien Sévéon (Bazaar and Co, 2008, 192p. 19,50 euros)

Julien Sévéon, déjà auteur d’un Cinéma enragé au japon à succès (2006), a lancé chez Bazaar and Co une collection nommée Cinexploitation portant sur les films d’exploitation. Mais kesaquo les films d’exploitation ? Ben, ce sont des productions à petits budgets, tournées pour l’essentiel dans les années 50-70, explorant le plus souvent des sujets sensationnels (prisons de femmes, bikers, horreur, déviances en tous genres) abusant volontiers de la violence et de la nudité. En somme des films que l’histoire officielle et bien-pensante du cinéma a tout simplement ignorés. Comme le rappelle JS : « Tout un pan du cinéma s’est développé loin de l’histoire officielle du 7e art. Un monde fait de productions à petits budgets aux sujets sensationnels, osés, tabous ou extrêmes, dont les mots d’ordre étaient d’en mettre plein les yeux aux spectateurs. Redoublant d’ingéniosité pour satisfaire les exigences de la production tout en cherchant à offrir des films dynamiques et, parfois, novateurs, les réalisations de ces films destinés aux cinémas de quartier représentent, bien plus que leurs collègues établis, le vrai sang et la chair du 7e art. Cinexploitation veut rendre hommage à ce cinéma souvent décriée par la critique, et à celles et ceux qui ont passé leur vie pour qu’il se développe et existe. Bienvenue dans la face cachée du cinéma mondial ! ».

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L’identité de gauche au cinéma (ta #32)

Bonne nouvelle ! La dernière livraison de la revue Tausend Augen (T.A. pour les intimes) vient de paraître et – attention ! – c’est que du très très bon. Au programme une réflexion sur l’identité de Gauche au cinéma à travers une quinzaine d’articles et d’entretiens particulièrement décapants et habilement nourris des dernières réflexions cultural et gender studies.

Extrait de l’avant-propos : “Face à l’impuissance politique de la gauche française de ce début du 21ème siècle qui n’arrive plus à s’imposer comme une force intellectuelle de changement animée par des visions d’avenir, il nous a semblé primordial – sans pour autant limiter notre approche au contexte français – de consacrer un dossier à ces productions culturelles et propositions théoriques traversées par une pensée dite de gauche. Textes critiques et entretiens sont l’occasion d’aborder quelques lieux où s’inscrivent des imaginaires de gauche. A travers réalisations cinématographiques et télévisuelles contemporaines, il s’agit pour Tausend Augen d’analyser les postures intellectuelles qui informent ces imaginaires, de revenir sur leurs points aveugles, leur rapport aux “minorités visibles”, leurs conceptions des identités de genres. Nous tentons d’interroger les impasses de certaines perspectives critiques de gauche face à la complexité du monde réel et des rapports de force (entre genres, races, classes) qui l’anime (….) In fine, il s’agit également d’entrevoir les lieux d’une possible rénovation des imaginaires de gauche, supports d’une reconquête des devenir sociaux”.

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