Archive for Lectures

« Être Juif dans le cinéma hollywoodien classique » : un petit livre qui met les choses au clair

Panique à l’hôtel (1938) [DP]

En 1968 Albert Memmi faisait paraître l’essai L’Homme dominé accompagné du sous-titre : « le Noir, le Colonisé, le prolétaire, le Juif, la femme, le domestique ». Il annonçait ainsi ce qui deviendra une évidence pour les cultural studies américaines, à savoir qu’on ne peut comprendre les mécanismes de domination que si l’on admet qu’ils relèvent peu ou prou des mêmes logiques et stratégies, que l’on soit une femme, un Noir, un Juif ou un pauvre.

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Martin Scorsese en BD : 10 questions à Amazing Améziane

Il y a tout juste un mois, Martin Scorsese donnait le dernier tour de manivelle à son prochain film Killers of the Flower Moon qui marquera sa sixième collaboration avec Leonardo DiCaprio et sa dixième avec Robert De Niro. Et dans un mois « Marty » fêtera ses 79 ans. L’occasion de se plonger dans ce roman graphique qui vient de paraître, une biographie retraçant la vie et l’œuvre du grand réalisateur italo-américain, signée par un certain Amazing Améziane, auteur français déjà responsable de plusieurs bandes dessinées à succès comme 1984 (2021) d’après Orwell, Miss Davis (2020) sur la militante communiste afro-américaine Angela Davis ou Muhammad Ali (2015) sur le célèbre boxeur, ouvrages d’ores et déjà traduits en plusieurs langues.

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Star Wars : lecture politique

Récemment j’ai revu d’une traite (avec mes enfants) la prélogie de Star Wars – comprenez les épisodes I, II et III produits entre 1999 et 2005. A l’époque de leur sortie, je les avais quelque peu boudés. J’avais trouvé La Menace fantôme trop insipide et puéril, trop Disney, comparé à la noirceur shakespearienne de L’Empire contre-attaque que j’avais vu en salle à l’âge de 7 ans, en 1980. Mais de les revoir ainsi à la suite, j’ai trouvé cette trilogie finalement plutôt intéressante et même très « adulte ». La manière dont Lucas nous démontre en effet comment un système démocratique peut basculer du jour au lendemain dans le totalitarisme « en douceur » m’a pour le moins convaincu. D’autant que j’y ai décelé beaucoup de références à l’histoire passée et récente, de l’avènement du Troisième Reich en Allemagne en 1933 au glissement liberticide de l’Amérique post-11 septembre.

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Rosie la riveteuse : itinéraire féministe

« La Véritable Histoire de Rosie la riveteuse : Itinéraire féministe » de Catherine Mallaval et Mathieu Nocent (Librio, 5 euros, parution le 16/10/2019)

Heureuse initiative que ce petit ouvrage qui s’interroge sur la popularité de cette affiche de propagande connue sous le titre de « We can do it ! » (a.k.a « Rosie la riveteuse ») datée de 1943, très peu vue à l’époque de sa création et mise au placard quarante années durant, avant de devenir une icône féministe planétaire au XXIe siècle. Nous avions analysé cette image dans un article de ce site – paru aussi dans notre ouvrage Analyses d’images : publicités, photos, affiches, pochettes… – que les auteurs citent d’ailleurs longuement (merci à eux !) dans la partie « Rosie, icône pop ». Hormis ce chapitre consacré à l’image en elle-même, d’autres parties tout aussi intéressantes, nous renseignent sur le contexte de la naissance de cette illustration (qui, quand, où ?), mais aussi sur son histoire à travers les décennies – sa résurrection en 1984 puis sa diffusion massive à l’ère d’Internet – et sur ses détournements et déclinaisons modernes, pour essayer de comprendre comment une simple affiche anodine a pu devenir un porte-étendard du combat des femmes (et des minorités) à travers le monde. Rare, à notre connaissance, sont les ouvrages à analyser ainsi, en détail et dans toutes ses dimensions, une image issue de la pop-culture. Nous ne pouvons donc que conseiller ce livre à tous ceux qui s’interrogent sur l’importance et le sens des images dans notre société. R.D.

Spike Lee, un cinéaste controversé

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Spike Lee, un cinéaste controversé de Régis Dubois (éd. LettMotif, 2019, 174 p., 22 euros)

PRESENTATION DE L’EDITEUR

Spike Lee, l’enfant terrible du cinéma afro-américain, est depuis ses débuts en 1986 autant connu pour l’originalité de son cinéma que pour ses coups d’éclats médiatiques. Baptisé « le Noir le plus en colère d’Amérique » à l’occasion de la sortie de Malcolm X (1992), il n’a eu de cesse tout au long de sa carrière d’entretenir la polémique. Avec des œuvres engagées comme Do the Right Thing, Jungle Fever, The Very Black Show ou BlacKkKlansman, mais aussi des films moins controversés tels He Got Game, La 25e heure ou Inside Man, il aura marqué de son passage la grande histoire du 7e Art. Et pourtant, à ce jour, aucune monographie française évoquant l’ensemble de son oeuvre n’est parue en libraire. Ce livre a ainsi pour but de corriger cet oubli en revenant sur toute l’oeuvre du cinéaste pour lui redonner la place qui lui revient au centre de l’historiographie du cinéma américain, avec la secrète intention de rappeler aux plus jeunes combien son rôle de pionnier fut décisif dans l’émergence d un cinéma noir américain.

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Martin Scorsese, l’infiltré : une biographie

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Martin Scorsese, l’infiltré : une biographie de Régis Dubois (Nouveau Monde, 2019 – 300 p., 19,90 euros)

PRESENTATION DE L’EDITEUR

Cinquante ans de carrière, 25 longs métrages – récompensés par 20 Oscars et une Palme d’or – et 10 documentaires : Martin Scorsese est l’un des cinéastes-phares de l’histoire du cinéma moderne. Lui qui un jour confia « je suis les films que je fais » s’est raconté tout au long de son œuvre, riche et multiforme, au travers de chefs-d’oeuvre comme Mean Streets, Taxi Driver, Raging Bull, Les Affranchis, Casino, Les Infiltrés, Le Loup de Wall Street ou encore The Irishman.

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« Double Vague, le nouveau souffle du cinéma français » de Claire Diao

image.htmlDouble Vague, le nouveau souffle du cinéma français de Claire Diao (Au Diable Vauvert, 2017, 342 p, 20 euros)

Depuis quelques années – environ 2010 – est apparu en France un nouveau phénomène cinématographique, le « cinéma guérilla », autrement dit des films autoproduits réalisés quasiment sans budget, principalement en banlieues, avec des caméras numériques par de jeunes cinéastes autodidactes issus des classes populaires et/ou de l’immigration. Quelques titres : Donoma de Djinn Carrenard (2010), African Gangster de Jean-Pascal Zadi (2010), Rengaine de Rachid Djaïdani (2012) ou encore Brooklyn de Pascal Tessaud (2014) pour ne citer que les plus connus. C’est à cette nouvelle vague de cinéastes débrouillards que la journaliste Claire Diao a choisi de consacrer un ouvrage intitulé Double Vague, le nouveau souffle du cinéma français paru le mois dernier aux éditions Au Diable Vauvert.

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Le cinéma noir américain des années Obama

cine-noir-americain-couvVient de paraître aux éditions LettMotif : Le cinéma noir américain des années Obama de Régis Dubois (180 pages, 22 euros, 30 illustrations N&B).

Quand on pense au cinéma noir américain des années Obama il nous vient tout de suite à l’esprit des titres comme La Couleur des sentiments, Le Majordome, Selma, Django Unchained ou 12 Years a Slave tous sortis entre 2009 et 2016. Beaucoup de films évoquant l’histoire des Afro-américains en somme (l’esclavage, le racisme, la ségrégation, la lutte pour les droits civiques). Faut-il y voir une simple coïncidence ou une véritable tendance ? Comment en effet ne pas imaginer que l’élection d’un Noir à la tête d’une nation travaillée depuis toujours par la question raciale n’a pas eu un effet sur la production de films ? Ne parle-t-on pas d’ailleurs communément d’un “cinéma reaganien” pour évoquer la production hollywoodienne des années 80 (Rocky, Rambo, Top Gun…) – synonyme de blockbusters musclés, manichéens et conservateurs – alors pourquoi ne pas parler d’un “cinéma obamanien” ? En explorant les grandes tendances de la période, ce livre tentera ainsi de comprendre comment le cinéma noir de ces dernières années a été influencé thématiquement, voire idéologiquement, par la présidence de Barack Obama.

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Drive-in & Grindhouse Cinema (1950’s-1960’s)

couv driveinDurant les années 1950 et 1960, la production indépendante américaine va se lancer avec fièvre et passion dans la création de films que les bonnes mœurs du pays réprouvent. Des films dépeignant une jeunesse sauvage. Des microproductions aux explosions gore surréalistes. Des récits dont les seuls atouts sont les poitrines dénudées de leurs actrices. Les drive-in du pays et les grindhouses se mettent à carburer à la violence, au rock’n’roll, au sexe et à l’horreur. Pour le plus grand plaisir d’un public jeune avide de nouvelles sensations. Par leur vitalité, leurs refus des conventions et leur mise en scène souvent novatrice, ces films d’exploitation vont aussi former et influencer toute une nouvelle génération de cinéastes (Francis Ford Coppola, George Lucas, Martin Scorsese…). Découvrez 101 perles oubliées ou classiques du domaine !

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Soul Street, le Mag Blaxploitation

soul-streetFoxy Bronx’s Soul Street n°1 (novembre 2016, 72 pages, 8 euros)

Le nouveau fanzine luxueux de notre maître Capello de la Blaxploitation, le bien nommé Foxy Bronx, vient de sortir sous le titre alléchant de Soul Street, un blaze qui respire bon le bitume suintant, la poudre brûlée et la soul épicée à la sauce funky. Alors pour ceux qui ne connaîtraient pas cet accro de Foxy Bronx, sachez qu’il a déjà à son actif deux décennies de fanzines Blax mais aussi plusieurs sites dédiés au soul cinema dont le foisonnant Foxy Bronx, the soul side of pulp-culture. Le gars, il faut dire, est un érudit et un passionné – que dis-je, un obsédé – comme il m’a très rarement été donné d’en croiser. Il collectionne en effet les films, les affiches et les photos d’exploitation depuis tout ce temps, archives qu’il se fait régulièrement livrer par lots entiers depuis le fin fond de la Black Belt. C’est ainsi qu’il identifia un obscur réalisateur noir de films Blax qu’aucun livre ni site n’avait jusqu’alors référencé (pas même imdb !), en l’occurrence le mystérieux et téméraire Chuck McNeil auquel il consacre ici un long article en forme d’enquête. De la même manière, Foxy ressuscite dans les pages de ce Soul Street n°1 les destins de films et de cinéastes afros largement méconnus comme Wendell James Franklin (The Bus is Coming, 1972) ou Yaphet Kotto (The Limit / Le Patrouilleur, 1972).

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