Archive for Lectures

Le cinéma noir américain des années Obama

cine-noir-americain-couvVient de paraître aux éditions LettMotif : Le cinéma noir américain des années Obama de Régis Dubois (180 pages, 22 euros, 30 illustrations N&B).

Quand on pense au cinéma noir américain des années Obama il nous vient tout de suite à l’esprit des titres comme La Couleur des sentiments, Le Majordome, Selma, Django Unchained ou 12 Years a Slave tous sortis entre 2009 et 2016. Beaucoup de films évoquant l’histoire des Afro-américains en somme (l’esclavage, le racisme, la ségrégation, la lutte pour les droits civiques). Faut-il y voir une simple coïncidence ou une véritable tendance ? Comment en effet ne pas imaginer que l’élection d’un Noir à la tête d’une nation travaillée depuis toujours par la question raciale n’a pas eu un effet sur la production de films ? Ne parle-t-on pas d’ailleurs communément d’un “cinéma reaganien” pour évoquer la production hollywoodienne des années 80 (Rocky, Rambo, Top Gun…) – synonyme de blockbusters musclés, manichéens et conservateurs – alors pourquoi ne pas parler d’un “cinéma obamanien” ? En explorant les grandes tendances de la période, ce livre tentera ainsi de comprendre comment le cinéma noir de ces dernières années a été influencé thématiquement, voire idéologiquement, par la présidence de Barack Obama.

Read more

Drive-in & Grindhouse Cinema (1950’s-1960’s)

couv driveinDurant les années 1950 et 1960, la production indépendante américaine va se lancer avec fièvre et passion dans la création de films que les bonnes mœurs du pays réprouvent. Des films dépeignant une jeunesse sauvage. Des microproductions aux explosions gore surréalistes. Des récits dont les seuls atouts sont les poitrines dénudées de leurs actrices. Les drive-in du pays et les grindhouses se mettent à carburer à la violence, au rock’n’roll, au sexe et à l’horreur. Pour le plus grand plaisir d’un public jeune avide de nouvelles sensations. Par leur vitalité, leurs refus des conventions et leur mise en scène souvent novatrice, ces films d’exploitation vont aussi former et influencer toute une nouvelle génération de cinéastes (Francis Ford Coppola, George Lucas, Martin Scorsese…). Découvrez 101 perles oubliées ou classiques du domaine !

Read more

Soul Street, le Mag Blaxploitation

soul-streetFoxy Bronx’s Soul Street n°1 (novembre 2016, 72 pages, 8 euros)

Le nouveau fanzine luxueux de notre maître Capello de la Blaxploitation, le bien nommé Foxy Bronx, vient de sortir sous le titre alléchant de Soul Street, un blaze qui respire bon le bitume suintant, la poudre brûlée et la soul épicée à la sauce funky. Alors pour ceux qui ne connaîtraient pas cet accro de Foxy Bronx, sachez qu’il a déjà à son actif deux décennies de fanzines Blax mais aussi plusieurs sites dédiés au soul cinema dont le foisonnant Foxy Bronx, the soul side of pulp-culture. Le gars, il faut dire, est un érudit et un passionné – que dis-je, un obsédé – comme il m’a très rarement été donné d’en croiser. Il collectionne en effet les films, les affiches et les photos d’exploitation depuis tout ce temps, archives qu’il se fait régulièrement livrer par lots entiers depuis le fin fond de la Black Belt. C’est ainsi qu’il identifia un obscur réalisateur noir de films Blax qu’aucun livre ni site n’avait jusqu’alors référencé (pas même imdb !), en l’occurrence le mystérieux et téméraire Chuck McNeil auquel il consacre ici un long article en forme d’enquête. De la même manière, Foxy ressuscite dans les pages de ce Soul Street n°1 les destins de films et de cinéastes afros largement méconnus comme Wendell James Franklin (The Bus is Coming, 1972) ou Yaphet Kotto (The Limit / Le Patrouilleur, 1972).

Read more

Les Noirs dans le cinéma français : de Joséphine Baker à Omar Sy

les-noirs-cinema-français-484x252

Les Noirs dans le cinéma français : de Joséphine Baker à Omar Sy de Régis Dubois (éd. LettMotif, 246 p. 24 euros)

Cet ouvrage poursuit deux objectifs. D’une part analyser l’image du « Noir » et son évolution dans l’imaginaire cinématographique français depuis un siècle. D’autre part, mettre en lumière la présence des Noirs et Métisses dans le cinéma hexagonal depuis les premières vues des frères Lumière jusqu’au triomphe d’Intouchables, en évoquant notamment les rôles interprétés par Josephine Baker, Habib Benglia, Darling Légitimus, Robert Liensol, Isaac de Bankolé, Firmine Richard, Jacques Martial, Alex Descas, Mouss Diouf, Aïssa Maïga, Edouard Montoute, Stomy Bugsy, Eriq Ebouaney, Joeystarr ou Omar Sy.

Read more

Analyses d’images : publicités, photos, affiches, pochettes…

Analyses d'imagesVient de paraître : Analyses d’images : publicités, photos, affiches, pochettes… (20 commentaires composés illustrés) de Régis Dubois (TheBookEdition, 2015, 136 pages, 9 euros)

L’image est omniprésente dans notre société, c’est une évidence. Tous les jours ce sont des dizaines, voire des centaines de messages visuels que nous recevons. Dans la rue, à la maison, sur les écrans, partout, via les affiches publicitaires, les magazines, les T-shirts, les flyers, les BD, le cinéma, la télé,   Internet, les jeux-vidéo, les Smartphones… Or, étonnamment, les analyses d’images demeurent relativement rares aussi bien sur le Net que sur papier. D’où ce recueil proposant un ensemble pédagogique de vingt études portant sur un échantillon d’images emblématiques de diverses époques et de tous types : photographie (d’art ou de presse), affiche de propagande, publicité, pochette de disque, affiche de film, photogramme, tableau, carte postale, street art… Au total, 20 commentaires composés richement illustrés de 60 visuels offrant une petite histoire des représentations depuis la fin du 19ème siècle jusqu’au début du 21ème.
index

Le mystère Ed Feingersh

Combien sont-ils ces photographes talentueux restés anonymes toute leur vie ou ayant sombré dans l’oubli après leur mort ? On a encore à l’esprit l’histoire étonnante de Vivian Maier qui ne prenait même pas la peine de développer ses négatifs qu’elle entassait méticuleusement dans une malle qu’un chineur chanceux découvrit par hasard en 2007. Depuis, grâce à un film-enquête (A la recherche de Vivian Maier, 2014), la mystérieuse baby-sitter connaît une gloire posthume bien méritée. Mais son cas n’est pas unique, car avant elle il y eut aussi Ed Feingersh qui, si l’on en croit Adrien Gombeaud, auteur du livre-enquête Une Blonde à Manhattan, fut un photojournaliste renommé avant sa disparition prématurée en 1961 qui précipita son oubli.

Read more

Dennis Hopper : Born to be wild

Born to be wild : Dennis Hopper, un voyage dans le rêve américain de Tom Folsom (Payot/Rivages, 2014, 290 pages)

Voici un livre que tout passionné du Nouvel Hollywood – et donc et surtout de Hopper – attendait avec impatience : la biographie de Dennis « Billy » Hopper alias Mister Easy Rider. Autant le dire tout de suite, cet ouvrage est passionnant et se lit comme un roman, même s’il n’est pas sans défaut. L’auteur, Tom Folsom (tout juste 40 ans) a choisi d’écrire une bio plutôt anticonformiste, à l’image de son personnage principal, et comme le dit si bien Peter Biskind « heureusement pour lui, Dennis Hopper a eu le biographe qu’il méritait. La prose gonzo de Folsom pulse avec l’énergie frénétique de Hopper et épouse à la perfection sa folie ». Et Born to be wild se lit effectivement comme un scénario à la Citizen Kane où plane l’ombre de James Dean et dans lequel les chapitres s’enchaînent comme autant de saynètes, de flashs, de moments décisifs rapportés dans un style cinématographique, visuel et elliptique. C’est toute sa force mais aussi, à certains moments, sa faiblesse tant on aimerait en savoir plus, dans les détails, sur la réalité des faits. Quoi qu’il en soit le bouquin n’en reste pas moins fascinant. Mais comment de pas l’être avec un tel personnage !

Read more

Autobiographies de réalisateurs, une denrée rare

Alors que chaque nouvelle rentrée littéraire apporte son lot de traductions d’autobiographies de rock-stars – ne citons que celles de Keith Richards et de Patti Smith en 2010, de Slash, de John Cale et de Steven Tyler en 2011, de Neil Young, de Pete Townshend et de Rod Stewart en 2013, de Johnny Rotten en 2014, etc. – celles des réalisateurs demeurent elles dramatiquement et étonnamment rares.

Si vous cherchez en effet comme moi de vraies autobiographies littéraires de réalisateurs, et non pas des recueils d’entretiens – du genre Moi, Orson Welles (1997) ou Scorsese par Scorsese (2011) – ni même des écrits théoriques (comme par exemple Les films de ma vie de Truffaut) et bien vous ne trouverez pas grand-chose… En langue étrangère vous aurez éventuellement plus de chance (voir entre autres le fameux How I Made A Hundred Movies In Hollywood and Never Lost a Dime de Roger Corman paru en 1990), mais en français va falloir aller chercher dans les recoins des bouquinistes les plus obscurs.

Read more

A propos de « Identités et cultures : politiques des cultural studies »

« La question de la culture […] est absolument et incontestablement une question politique »

Stuart Hall

Il aura fallu attendre quelque quarante années pour qu’enfin les fameuses « cultural studies » anglo-américaines  trouvent un semblant d’écho en France. Ce recueil d’articles, titré Identités et cultures : politiques des cultural studies, traduit et publié chez Amsterdam en 2007 et signé Stuart Hall, l’un des pères des cultural studies britanniques, en est le signe le plus tangible. Mais combien la résistance hexagonale aura été longue…  Jusqu’alors nous n’avions en français qu’une timide Introduction aux Cultural Studies (de Mattelart et Neveu, Repères/La Découverte, 2003) et surtout des essais critiques anti-cultural studies comme celui de Jordi Vidal, au titre sévère de Servitude et Simulacre (Allia, 2007). Autant dire que la partie n’est pas encore gagnée. Mais qu’est-ce qui dérange tant dans les cultural studies ? Et surtout, qu’entend-on par le terme de cultural studies ? C’est tout l’intérêt de ce livre que de tenter d’y répondre.

Read more

L’Hollywood de Peter Biskind

Mon Hollywood (Gods and Monsters) de Peter Biskind (Le Cherche Midi, 2011)

Que je suis mauvaise langue ! Voilà plus de quatre ans je chroniquais sur mon blog ce livre de Peter Biskind, que j’avais eu la chance de lire dans sa version originale, en concluant laconiquement mon billet par « malheureusement ce livre, comme son premier d’ailleurs, ne sera, à n’en pas douter, jamais traduit en français ». J’avais tord ! (enfin, qu’à moitié puisque son premier ouvrage n’a toujours pas été traduit…). En effet Le Cherche Midi a depuis fait paraître la version française de Gods and Monsters – une compilation d’articles percutants écrits entre 1973 et 2003 – sous le titre de « Mon Hollywood ». Rappelons ici que l’éditeur, fidèle à son auteur à succès, a déjà fait paraître deux ouvrages de référence de Biskind, Le Nouvel Hollywood en 2002 et Sexe, mensonges et Hollywood en 2006. Voilà, tout ça pour dire qu’il faut impérativement lire ce bouquin parce qu’il offre une autre manière d’aborder les films. Mais comme je n’ai pas encore lu la version française et que mes souvenirs sur la question datent un peu, je vais faire comme Biskind et vous donner à lire du réchauffé, à savoir un billet écrit en novembre 2008…

Read more