Archive for Films/DVD/Séries

A l’ombre d’Hollywood : le cinéma noir indépendant (1910-1950)

Documentaire de Régis Dubois (Cinéfilms13, 2014, 40′)

En 2014 l’Anglais Steve McQueen devient le premier réalisateur noir à recevoir l’Oscar du meilleur film à Hollywood avec Twelve Years a Slave. Que de chemin parcouru en 100 ans ! En 1915 sortait en effet sur les écrans américains Naissance d’une Nation de D.W. Griffith, sans doute l’un des films les plus racistes de toute l’histoire du cinéma – dont le héros n’est autre que le créateur du Ku Klux Klan – une œuvre au succès retentissant qui relança la popularité du groupuscule d’extrême-droite de funeste mémoire. C’est à partir de Naissance d’une Nation que les Noirs américains décident de produire leurs propres œuvres pour contrecarrer l’image négative et stéréotypée de ce qui allait devenir le cinéma hollywoodien.

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100 et quelques chefs-d’œuvre du cinéma muet à voir en streaming

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3 films d’Ida Lupino

Ida Lupino est connue pour être l’une des rares réalisatrices femmes du cinéma hollywoodien des années pré-80. Il faut dire que jusqu’à une époque récente la réalisation étaient encore le domaine exclusivement réservé des hommes. Pour preuve, sur les quelques 200 cinéastes évoqués dans 50 ans de cinéma américain (1940-1990) de Coursodon et Tavernier seules 4 sont des femmes (Ida Lupino, Shirley Clarke, Barbara Loden et Elaine May). On pourrait en citer d’autres pour la même période, Lizzie Borden (Working Girls, 1986), Susan Seidelman (Recherche Susan désespérément, 1985), Barbara Streisand (Yentl, 1983), Penny Marshall (Jumpin’Jack Flash, 1986, Big, 1988) ou Kathryn Bigelow (Blue Steal en 1990, Point Break en 1991). Mais au final, le nombre reste quand même dérisoire au regard de l’ensemble de la production américaine. D’après Jackie Buet (1), les films réalisés par des femmes représenteraient ainsi 5 % de la production totale aux États-Unis (contre 8 % en France – statistiques de 1993). Mais pour la seule période 1939-1979, ce chiffre n’atteint que 0,19 % !

D’où l’intérêt bien sûr de se pencher sur le cas d’Ida Lupino qui, bien que n’exerçant qu’en marge d’Hollywood, en réalisant des films de série B autoproduits, n’en demeure pas moins – à ma connaissance – la seule réalisatrice de films américains durant « l’âge d’or » (si l’on excepte une réalisatrice de films d’exploitation des années 50-60 comme Doris Wishman).

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L’histoire du cinéma vue par Hollywood en 10 films

1- Chaplin (Richard Attenborough, 1992)

La vie du grand Charlie Chaplin (de 1894 à 1972 – date à laquelle il reçoit un Oscar d’honneur) interprété avec talent par un Robert Downey Jr. très inspiré dans les numéros de pantomime. Le récit retrace rapidement l’enfance pauvre du futur tramp millionnaire avant d’évoquer plus longuement le génie perfectionniste du réalisateur, ses démêlés avec le maccarthysme et surtout ses déboires avec ses jeunes épouses. Le film bénéficie d’un budget confortable qui fait la part belle à une reconstitution luxueuse et documentée. Du très bon spectacle et un précieux témoignage sur les débuts d’Hollywood.

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Day of the Woman (Meir Zarchi, 1978) : Rape, Revenge et féminisme

Dans la série des films maudits, voici une petite pépite du cinéma d’exploitation US des années 70 que j’ai eu le plaisir de découvrir tout récemment en parcourant le hors-série de Mad Movies – que je ne saurais d’ailleurs que vous conseiller – intitulé « Grindhouse : dans les veines du cinéma d’exploitation » paru en 2007. « Maudit » parce que ce Day of the Woman (1978) premier et avant-dernier long d’un certain Meir Zarchi, aussi connu sous les titres I Spit on Your Grave, I Hate Your Guts ou The Rape and Revenge of Jennifer Hill, a tout simplement été interdit dans plusieurs pays (dont l’Australie, l’Ireland, le Canada, l’Allemagne de l’Ouest et le Royaume-Unis !) et n’a de cesse, depuis sa sortie, de susciter la polémique. Mais avant de trancher dans le lard de la controverse, voyons d’abord de quoi il est question.

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Double programme grindhouse millésime 1975 ou le cinéma bis expliqué à mon fils

A propos d’Ilsa la louve des SS et de La course à la mort de l’an 2000

Hier soir j’étais tranquille, j’étais peinard (accoudé au comptoir…) et je me suis concocté une petite soirée midnight movies de derrière les fagots – façon « L’Absurde séance » – avec double programme grindhouse de la mort. Au menu, deux grands classiques bis de 75 : Ilsa la louve des SS et La Course à la mort de l’an 2000. Rien que les titres déjà ça envoie sec ! Le lendemain, au petit déj’, encore tout excité par le spectacle de la veille, j’essayais tant bien que mal de raconter l’histoire de la course de la mort à mon fiston, fan de Cars (en même temps il a 4 ans…), quand soudain la discussion prit une tournure plus sérieuse…

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High School Confidential (Jeunesse droguée, Jack Arnold, 1958)

Si, comme moi, vous aimez les fabuleuses fifties, celles d’Elvis, des soda shops, des juke-box et des drive-in, j’ai trouvé le film qu’il vous faut. Réalisé par le talentueux Jack Arnold, spécialiste de la série B hollywoodienne avec des pépites comme les cultissimes L’Étrange créature du lac noir (1954), Tarantula ! (1955) ou encore L’Homme qui rétrécie (1957), Arnold se lance en 1958 dans le teen-movie avec cet étonnant High School Confidential qui raconte l’ascension d’un lycéen tête-brûlée dans les rouages du trafic de drogues. Il faut dire que le thème est porteur. Après les succès de L’Equipée sauvage (1954), de Graine de violence (1955) et de La Fureur de vivre (1955), tout le monde se met à produire des fictions sensationnalistes sur la “délinquance juvénile”, à commencer par les indépendants, parmi lesquels Roger Corman. Citons notamment Teenage Crime Wave (Columbia, 1955), The Violent Years (1956), Reform School Girl (1957), Young and Dangerous (Fox, 1957), Teenage Doll (1957), The Delinquents (UA, 1957), Girl on the Loose (1958), Dangerous Youth (Warner, 1958), Live Fast, Die Young (1958), High School Hellcats (1958), Dragstrip Riot (1958), High School Caesar (1960)…

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Le Sel de la terre, film prolétarien américain

Le Sel de la terre (Salt of the Earth, USA, 1954) de Herbert J. Biberman

S’il est un film américain qui mérite le qualificatif de « prolétarien », c’est bien celui-ci. Sans doute est-ce le seul. Un véritable ovni en somme dans le paysage cinématographique étasunien. Prolétarien, antiraciste, anti-impérialiste et féministe, le cocktail avait de quoi effrayer les conservateurs de tout poil de cette Amérique des années 50 plongée dans la paranoïa anticommuniste et l’hystérie maccarthyste. Rappelons le contexte : la guerre froide bat son plein et la Commission des Activités Anti-Américaines s’emploie à mettre à l’index les « comploteurs communistes » dont beaucoup se cacheraient à Hollywood. Une liste noire est dressée sur laquelle figurent les artistes indésirables auxquels les studios interdisent dorénavant de travailler. Parmi eux, Herbert Biberman, Michael Wilson et Paul Jarrico, crédités respectivement comme réalisateur, scénariste et producteur du Sel de la terre.

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Émeute à Los Angeles d’Oscar Williams : Blaxploitation et politique

Voici un film politique rare et très peu connu que les éditions Le Chat Qui Fume en association avec Foxy Bronx (fanzine et site) viennent d’exhumer de derrière les fagots. Cette rareté accuse bien sûr les défauts du genre blaxploitation (budget limité, tournage à l’arraché, acteurs amateurs) accentué par le fait que le film n’a pas été remasterisé pour l’occasion. Il n’empêche, The Final Comedown est un film qu’il faut absolument voir pour son inventivité mais aussi parce qu’il demeure assurément, aux côtés de Sweet Sweetback’s Baadasssss Song de Van Peebles (1971) et de The Spook Who Sat by the Door de Dixon (1973), le plus précieux témoignage d’une époque au cours de laquelle des Afro-américains ont pris les armes pour en finir avec l’oppression raciste.

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Le Rendez-vous des quais oublié par l’Histoire

Le Rendez-vous des quais de Paul Carpita (France, 1955)

L’Histoire, on le sait, est écrite par les vainqueurs. Il en va de même de l’Histoire du cinéma. Et qu’enseigne-t-on aujourd’hui dans les universités ? L’apport décisif de la Nouvelle Vague qui précipita le cinéma français – et le cinéma mondial – dans la modernité. Cette victoire ne serait rien d’ailleurs sans la fameuse « politique des auteurs » théorisée au sein des Cahiers du cinéma au cours des années 50 par ces mêmes futurs cinéastes de la Nouvelle vague (les Godard, Chabrol, Truffaut, Rohmer…). Cette nouvelle conception du cinéma avait pour but de valoriser le rôle du réalisateur qui se voyait ainsi promu au rang d’artiste génial et tout puissant à l’instar du peintre ou de l’écrivain. Ce « coup d’état » fomenté par les « jeunes Turcs » des Cahiers avait bien sûr comme but ultime de légitimer le cinéma comme art. Or pour cela, ces critiques de la rive droite (Les Cahiers étaient domiciliés sur les Champs Elysées), tous emprunts de culture bourgeoise, ont dû trier entre ce qui, à leurs yeux, relevait de l’Art et ce qui s’apparentait à du simple divertissement populaire (quitte parfois à adouber des « auteurs » de films populaires comme Hitchcock ou Hawks). Et aujourd’hui, la distinction qui s’opère entre « films d’auteurs » et « films grand public » leur doit beaucoup… Ajoutons que la « politique des auteurs » domine toujours – et ce depuis près de 50 ans – le champ de la critique et des études cinématographiques. Or il m’a toujours semblé que l’importance de la Nouvelle vague avait été surestimée (en particulier l’œuvre de Truffaut mais aussi de Chabrol ou de Rohmer). Quant à la « politique des auteurs », je la trouve restrictive, omnipotente et, par bien des aspects, excessivement snob – même si cela n’enlève rien au fait qu’elle joua un rôle important à un moment donné.

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