Archive for Chroniques gonzo

Boxing Club Marseille : photos de Régis Dubois

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Galerie photos (Régis Dubois 2013-2017)

Le Sporting Club Marcel Cerdan est le plus ancien club de boxe anglaise de Marseille. Il a été baptisé du nom du champion du Monde Marcel Cerdan lorsque celui-ci le visita en 1945. De l’ancienne prison de femmes des Présentines le club migra au milieu des années soixante au 33 boulevard de la Corderie, lieu qu’il occupe depuis. C’est Fernand Léonetti, dit « Souris », qui le gère à partir des années 80 et qui y accueille tous les soirs des jeunes et des moins jeunes essentiellement licenciés en boxe amateur. Pour ma part, c’est en 2004 que je m’y suis inscrit, mais ce n’est qu’à partir de 2013 que j’ai pris l’habitude d’y photographier régulièrement les boxeurs. Aujourd’hui certains de mes clichés côtoient les centaines d’images dont Souris a tapissé les murs au fil des années.

[pour accéder à l’expo cliquez sur l’image]

« The Lost City of Z » ou l’angoisse du vagin

The_Lost_City_of_ZJ’attends le metro, dans cette grotte sombre terrée sous la ville qu’est la station de métro, et j’observe cette affiche de film 4×3 qui m’intrigue. The Lost City of Z (James Gray, 2017). D’abord ce personnage anecdotique, sorte de mini Indiana Jones perdu dans la pénombre et l’immensité du décor rocheux qui l’écrase. Je vois bien qu’il me regarde. Mais qu’est-ce qu’il veut bien me dire ? Et puis en arrière plan, tout autour, il y a ce décor caverneux entouré de feuillage… Alors oui, vous pouvez dire si vous voulez que j’ai l’esprit mal placé. Vous pouvez aussi vous dire qu’à force d’analyser les images je vois des sous-textes et des métaphores partout (à une époque mes étudiants s’amusaient gentiment de moi parce que je voyais des symboles phalliques dans toutes les publicités). Bref, toujours est-il qu’en regardant cette image j’ai songé à une entrée de vagin géant… Et pourquoi pas ? Ne me dites pas que les professionnels de la communication et de la promotion qui ont réalisé cette affiche ne sont pas, comme moi, aguerris à la sémiologie bathésienne. Donc je me dis qu’ils ont peut-être fait exprès. Mais alors, pourquoi ?

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« Pourquoi le cinéma français est-il de gauche ? »

cinema-et-politique2« Pourquoi le cinéma français est-il de gauche ? » Voilà, sans crier gare, la question que me posa – sur un ton légèrement agressif – un journaliste de L’Express alors que je venais à peine de décrocher mon téléphone et que je déjeunais tranquillement à table avec mes kids il y a une semaine de cela.

A froid comme ça, ça fait un peu bizarre… Pas évident d’y répondre à brûle-pourpoint. C’est pourtant ce que je fis en lui demandant pour commencer d’où il tenait cette information (de quelle source statistique exactement ?) et surtout ce qu’il entendait par « de gauche » ? La « gauche caviar » ou la gauche-gauche vraiment de gauche ? Et puis j’ai hasardé une amorce d’explication en lui disant que s’il y avait une tendance « de gauche » dans la cinéma c’était sans doute parce que la culture attirait essentiellement au départ des gens qui ne partageaient pas les mêmes valeurs et ambitions que les gens « de droite » qui se tournaient eux plus volontiers vers des carrières plus lucratives, plus sûres et plus respectables. Bref, on discuta ainsi un bon quart d’heure – au bas mot – et, comme c’est souvent le cas, ledit journaliste ne retint de notre conversation qu’une pauvre phrase notée à la volée qu’il « cita » approximativement dans son article – en faisant des erreurs…

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« Bande de filles » : safari sur la Croisette

Karidja Touré, Céline Sciamma et Assa Sylla à la cérémonie des prix Lumières (photo Georges Biard, 2015) [CC BY-SA 3.0]

Karidja Touré, Céline Sciamma et Assa Sylla à la cérémonie des prix Lumières (photo Georges Biard, 2015) [CC BY-SA 3.0]

Décidément je ne comprendrai jamais nos critiques de cinéma. On ne doit vraiment pas habiter dans le même monde. Oui parce que je suis donc allé voir le fameux Bande de filles de Céline Sciamma dont les critiques étaient dithyrambiques (bon c’est pas pour ça que j’y suis allé en fait, mais parce qu’en tant que « spécialiste » de la représentation des Noirs au cinéma, je me devais de voir ce film au casting « 100 % black »). Verdict : Raté. Maladroit. Ennuyeux. En fait j’ai trouvé que tout sonnait faux : la manière dont l’héroïne Marieme intègre la bande, la scène où les quatre filles « agressent » une vendeuse qui les surveille de trop près, celle ou « Vic » rackette une collégienne, le passage où elle menace la patronne de sa mère ou quand elle devient dealeuse (c’est quoi cette tenue funky ? pas très discret quand même…). Franchement je n’y ai pas cru une seule seconde. Tout sonnait fake, un peu comme dans une sitcom du genre Hélène et les garçons (belles lumières pastels, propos mesurés, violence édulcorée…) – et je ne parle même pas des seconds rôles masculins, tellement grossiers et clichés (le frère ou le mac croquemitaines qui n’ont aucune épaisseur et dont la seule fonction et de menacer le personnage principal).

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Sly & moi

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As soon as you’re born they make you feel small
By giving you no time instead of it all
Till the pain is so big you feel nothing at all
A working class hero is something to be

Working Class Hero, John Lennon, 1970

Je suis un enfant des années 80. J’ai grandi dans les HLM de la proche banlieue marseillaise. Et Sylvester Stallone était mon héros.

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Double programme grindhouse millésime 1975 ou le cinéma bis expliqué à mon fils

A propos d’Ilsa la louve des SS et de La course à la mort de l’an 2000

Hier soir j’étais tranquille, j’étais peinard (accoudé au comptoir…) et je me suis concocté une petite soirée midnight movies de derrière les fagots – façon « L’Absurde séance » – avec double programme grindhouse de la mort. Au menu, deux grands classiques bis de 75 : Ilsa la louve des SS et La Course à la mort de l’an 2000. Rien que les titres déjà ça envoie sec ! Le lendemain, au petit déj’, encore tout excité par le spectacle de la veille, j’essayais tant bien que mal de raconter l’histoire de la course de la mort à mon fiston, fan de Cars (en même temps il a 4 ans…), quand soudain la discussion prit une tournure plus sérieuse…

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High School Confidential (Jeunesse droguée, Jack Arnold, 1958)

Si, comme moi, vous aimez les fabuleuses fifties, celles d’Elvis, des soda shops, des juke-box et des drive-in, j’ai trouvé le film qu’il vous faut. Réalisé par le talentueux Jack Arnold, spécialiste de la série B hollywoodienne avec des pépites comme les cultissimes L’Étrange créature du lac noir (1954), Tarantula ! (1955) ou encore L’Homme qui rétrécie (1957), Arnold se lance en 1958 dans le teen-movie avec cet étonnant High School Confidential qui raconte l’ascension d’un lycéen tête-brûlée dans les rouages du trafic de drogues. Il faut dire que le thème est porteur. Après les succès de L’Equipée sauvage (1954), de Graine de violence (1955) et de La Fureur de vivre (1955), tout le monde se met à produire des fictions sensationnalistes sur la “délinquance juvénile”, à commencer par les indépendants, parmi lesquels Roger Corman. Citons notamment Teenage Crime Wave (Columbia, 1955), The Violent Years (1956), Reform School Girl (1957), Young and Dangerous (Fox, 1957), Teenage Doll (1957), The Delinquents (UA, 1957), Girl on the Loose (1958), Dangerous Youth (Warner, 1958), Live Fast, Die Young (1958), High School Hellcats (1958), Dragstrip Riot (1958), High School Caesar (1960)…

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Camping, les beaufs, la critique et la domination symbolique

Ceci est un billet d’mauvaise humeur..

Voilà, en ce moment je n’ai plus de DVD à regarder alors je me rabats sur la télé. Et hier soir je choisis de revoir Camping (2006) sur France 3. Je l’avais déjà vu il y a quelques années et j’en avais, ma foi, plutôt gardé un bon souvenir. Il faut dire aussi que je le revois parce que récemment j’ai eu une discussion houleuse avec un ami qui vomit littéralement ce type de comédies populaires “commerciales, franchouillardes, abrutissantes, etc”. Bref. Je regarde donc Camping et je me marre. Ok, à l’instar de Bienvenue chez les Ch’tis, le film se complait à caricaturer la « France d’en bas », le beauf sympathique, pas très futé, cultivant un goût immodéré pour le kitch (maillot « moule-boules », playlist ringarde de Barzotti…) mais quand même pétri de bon sens et de générosité. Et alors ? Quel est le problème ? N’a-t-on pas le droit de se moquer des « beaufs » ? Eux-mêmes, j’en suis sûr, s’en amusent beaucoup car, à n’en pas douter, pas une seconde ils ne sont dupes de la moquerie. Surtout que la satire n’est pas féroce mais plutôt sympathique (ajouté à cela que Franck Dubosc, co-auteur du film, est lui-même issu d’un milieu populaire, ceci expliquant cela).

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Violent days ou Elvis au pays de Zola

Voilà quelques jours, j’apprends la sortie de ce film et là je me dis “putain! enfin un film français différent ! un truc rock’n’roll qui déménage, un long métrage merde in France qui va enfin parler des prolos et de la culture pop au lieu de nous bassiner une fois de plus avec les sempiternels affres existentielles de nos petits-bourgeois parisiens… etc, etc.” En plus l’affiche abondamment diffusée sous forme de flyer (jusque dans mon pub de quartier préféré) m’a carrément tapé dans l’œil : esthétique fifties, noir & blanc classieux, vieille bagnole, petite pépé blonde-platine et tubes rockab’ à gogo (avec en playlist : Carl Perkins, Eddy Cochran, Gene Vincent…), bref un truc carrément fait pour moi, “le film que j’aurais aimé faire” que je me dis. Et donc, à la première occasion je cours me payer 3-4 bières au pub et un billet de ciné en entrainant avec moi deux compères de comptoir. Bon, là, y’a personne dans le cinoche (on était 9, nous trois compris mais 2 se sont barrés au bout d’un quart d’heure) mais comme je tombe sur un ancien rocker de ma connaissance, je me dis que c’est bon signe.

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L’Hollywood de Peter Biskind

Mon Hollywood (Gods and Monsters) de Peter Biskind (Le Cherche Midi, 2011)

Que je suis mauvaise langue ! Voilà plus de quatre ans je chroniquais sur mon blog ce livre de Peter Biskind, que j’avais eu la chance de lire dans sa version originale, en concluant laconiquement mon billet par « malheureusement ce livre, comme son premier d’ailleurs, ne sera, à n’en pas douter, jamais traduit en français ». J’avais tord ! (enfin, qu’à moitié puisque son premier ouvrage n’a toujours pas été traduit…). En effet Le Cherche Midi a depuis fait paraître la version française de Gods and Monsters – une compilation d’articles percutants écrits entre 1973 et 2003 – sous le titre de « Mon Hollywood ». Rappelons ici que l’éditeur, fidèle à son auteur à succès, a déjà fait paraître deux ouvrages de référence de Biskind, Le Nouvel Hollywood en 2002 et Sexe, mensonges et Hollywood en 2006. Voilà, tout ça pour dire qu’il faut impérativement lire ce bouquin parce qu’il offre une autre manière d’aborder les films. Mais comme je n’ai pas encore lu la version française et que mes souvenirs sur la question datent un peu, je vais faire comme Biskind et vous donner à lire du réchauffé, à savoir un billet écrit en novembre 2008…

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