Le cinéma noir américain des années Obama

cine-noir-americain-couvVient de paraître aux éditions LettMotif : Le cinéma noir américain des années Obama de Régis Dubois (180 pages, 22 euros, 30 illustrations N&B).

Quand on pense au cinéma noir américain des années Obama il nous vient tout de suite à l’esprit des titres comme La Couleur des sentiments, Le Majordome, Selma, Django Unchained ou 12 Years a Slave tous sortis entre 2009 et 2016. Beaucoup de films évoquant l’histoire des Afro-américains en somme (l’esclavage, le racisme, la ségrégation, la lutte pour les droits civiques). Faut-il y voir une simple coïncidence ou une véritable tendance ? Comment en effet ne pas imaginer que l’élection d’un Noir à la tête d’une nation travaillée depuis toujours par la question raciale n’a pas eu un effet sur la production de films ? Ne parle-t-on pas d’ailleurs communément d’un “cinéma reaganien” pour évoquer la production hollywoodienne des années 80 (Rocky, Rambo, Top Gun…) – synonyme de blockbusters musclés, manichéens et conservateurs – alors pourquoi ne pas parler d’un “cinéma obamanien” ? En explorant les grandes tendances de la période, ce livre tentera ainsi de comprendre comment le cinéma noir de ces dernières années a été influencé thématiquement, voire idéologiquement, par la présidence de Barack Obama.

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Extrait de l’avant-propos

Il y a exactement vingt ans je faisais paraître mon premier ouvrage intitulé Images du Noir dans le cinéma américain blanc (1980-1995) chez l’Harmattan. Je ne me doutais pas alors que deux décennies plus tard j’écrirais mon douzième livre et qu’il porterait encore sur la question des Afro-américains au cinéma. D’autant qu’en 2005 je publiais un essai-somme sur la question, Le cinéma des Noirs américains entre intégration et contestation dans la prestigieuse collection 7e Art du Cerf. Mais voilà, trois ans seulement après sa parution, l’Amérique élisait un Président noir et un nouveau chapitre de l’histoire du cinéma afro-américain s’ouvrait.

Aujourd’hui, alors que l’ère Obama s’est achevée, il m’a semblé qu’il fallait compléter cette longue réflexion commencée au siècle dernier. Beaucoup de films emblématiques sont sortis durant ces huit années écoulées – au nombre desquels Le Majordome, 12 Years a Slave, Dear White People, Fruitvale Station ou encore Birth of a Nation – de nombreux réalisateurs afro-américains ont émergé (de Tyler Perry à Nate Parker) et de nouvelles tendances semblent clairement se dessiner en comparaison du cinéma de Blaxploitation des années 70 ou du cinéma New Jack des années 90. Un bilan s’imposait donc.

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