Existe-t-il un cinéma de l’ère Obama ?

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On ne le dira jamais assez, l’élection d’un Noir à la Maison Blanche fut, en 2008, un événement symbolique d’une importance considérable, surtout dans un pays qui encore cinquante ans plus tôt pratiquait la ségrégation – et l’esclavage un siècle auparavant…. Il se trouve qu’il y a dix ans exactement – trois ans avant l’élection historique de Barack Obama – je faisais paraître un ouvrage intitulé Le cinéma des Noirs américain entre intégration et contestation (Le Cerf, 2005). Un bilan s’imposait donc. Le fait qu’un Président noir ait été à la tête des Etats-Unis pendant presque une décennie a-t-il eu des répercutions sur la représentation des Noirs au cinéma ? Dit autrement, le cinéma noir a-t-il bénéficié d’un « effet Obama » ?

 

The Obama effect

J’entends ici par « cinéma noir » l’ensemble des films développant une forte composante afro-américaine, c’est-à-dire des histoires centrées essentiellement sur le vécu de la communauté noire. Il nous vient bien sûr tout de suite à l’esprit quelques grands succès comme La Couleur des sentiments, Le Majordome, Django, Selma ou 12 Years a Slave tous sortis durant les deux mandats d’Obama, entre 2009 et 2016. Faut-il y voir une tendance comme l’ont suggéré plusieurs observateurs ? Pour Jean-Michel Frodon par exemple « il est très remarquable qu’à quelques semaines d’écart sortent deux films [Lincoln de Spielberg et Django de Tarantino] signés de deux des cinéastes hollywoodiens les plus cotés, directement travaillés par la grande tragédie fondatrice des Etats-Unis » avant de préciser « et ce l’année même d’une élection présidentielle [2012] qui aura vu un président noir affronter l’opposition la plus raciste et réactionnaire qui ait trouvé à s’exprimer dans ce pays depuis des lustres ».(1) Aux Etats-Unis, l’ouvrage collectif au titre éloquent de Movies in the Age of Obama: The Era of Post-Racial and Neo-Racist Cinema (2) – que l’on pourrait traduire par « les films de l’âge Obama : l’ère du cinéma post-racial et néo-fasciste » – fait pareillement le lien entre certains films emblématiques de ces années 2010 et le mandat d’Obama. Et, effectivement, il est tentant d’établir un rapprochement entre les thématiques développées dans les films cités (l’esclavage, le racisme, la ségrégation, la lutte pour les droits civiques) et l’occupation de la Maison Blanche par un président noir. Un film comme The Obama Effect (« L’effet Obama », 2012), de l’acteur noir vétéran Charles S. Dutton, n’y va lui pas par quatre chemins en proposant une comédie entièrement construite autour de la campagne électorale d’Obama de 2008. Mais peut-on véritablement parler d’une tendance, voire carrément d’un âge d’or du cinéma afro-américain ?

 

The Obama Effect de Charles S. Dutton (2012)

The Obama Effect de Charles S. Dutton (2012)

 

Perspective historique

Commençons par mettre en perspective le cinéma noir de ces huit années du mandat Obama (2009-2016) avec la production noire des quatre décennies précédentes, des années 70, 80, 90 et 2000 donc.

Quarante ans plus tôt, précisément durant la période 1969-1976, le cinéma noir se confond avec le phénomène « blaxploitation ». Il s’agit alors d’un véritable âge d’or pour les acteurs et réalisateurs afro-américains. En 1969 Gordon Parks Sr. devient le premier Noir à diriger un film distribué par une major hollywoodienne. Deux ans plus tard il signera le fameux Shaft pour la MGM ouvrant ainsi la voie à de nombreux cinéastes noirs parmi lesquels son propre fils Gordon Parks Jr. (Superfly), mais aussi Ossie Davies (Cotton Comes to Harlem), Sidney Poitier (Buck et son complice), Ivan Dixon (Trouble Man), Hugh A. Robertson (Melinda), Oscar Williams (Emeute à Los Angeles), Berry Gordy (Lady Sings the Blues) et quelques autres. L’époque vit fleurir de nombreux films d’exploitation, films d’action de série B à petits budgets (comme Coffy, Black Caesar, Blacula, The Mack, etc.), mais pas seulement. Beaucoup de grands films dramatiques et historiques furent aussi produits à cette époque, à l’image de Mandingo de Richard Fleischer (évoquant l’esclavage), de Sounder de Martin Ritt (situé durant la Grande Dépression) ou de Lady Sings de Blues de Sidney Furie (biopic sur Billie Holiday). La mini-série TV Racines (1977), au succès phénoménal, clôtura en quelque sorte cet âge d’or qui aura duré au final moins d’une décennie. Ce cycle communément rassemblé autour du terme « blaxploitation » est bien sûr à mettre en relation avec l’effervescence culturelle liée à la contestation noire des années 60-70.

 

Shaft de Gordon Parks (1971)

Shaft de Gordon Parks (1971)

 

La période suivante (1979-1986) marque en revanche un net recul pour le cinéma noir. Le retour des conservateurs au pouvoir avec l’élection de Ronald Reagan (1981-1989) entérine la fin de la contestation des années 60-70 et des revendications minoritaires. Les cinéastes afro-américains seront alors si inexistants que quand Spike Lee sortira son premier long en 1986, She’s Gotta Have It (Nola Darling n’en fait qu’à sa tête), beaucoup penseront qu’il s’agira là du premier film réalisé par un Noir américain ! Il y eut bien pourtant quelques grosses productions hollywoodiennes – réalisées par des Blancs – évoquant l’histoire des Afro-américains, comme Soldier’s Story de Norman Jewison en 1984 ou La Couleur pourpre de Spielberg en 1985, mais pas grand-chose d’autre.

Vingt ans avant l’ère Obama, au cours de la période 1989-1996, le cinéma noir va toutefois vivre un second âge d’or avec l’explosion du cinéma « new jack » préparée par le succès des films de Spike Lee. Quelques exemples : Do The Right Thing (Spike Lee, 1989), Boyz’N the Hood (John Singleton, 1991), New Jack City (Mario Van Peebles, 1991), Straight Out of Brooklyn (Matty Rich, 1991), Juice (Ernest Dickerson, 1992), Menace II Society (frères Hugues, 1993) et beaucoup d’autres. C’est simple, il y eut plus de films réalisés par des Noirs durant la seule année 1991 que durant toute la décennie précédente. Là encore, à côté des films de ghetto inspirés par la vogue du gangsta’rap émergea aussi un cinéma inspiré de l’histoire des Afro-américains, dont beaucoup furent réalisés par des Noirs, comme le western Posse, la Revanche de Jesse Lee de Mario Van Peebles (1992), Daughters of the Dust de Julie Dash (1992) situé en 1902, Malcolm X de Spike Lee (1992) et Black Panthers de Mario Van Peebles (1995) sur les luttes des sixties, ou encore Le Diable en robe bleu de Carl Franklin (1995) qui se déroule dans les années 40. Très clairement l’époque est à la revendication identitaire et à la contestation, notamment de la politique reaganienne à laquelle des films comme Boyz’N the Hood ou New Jack City font explicitement allusion.

 

Do the Right Thing de Spike Lee (1989)

Do the Right Thing de Spike Lee (1989)

 

La période suivante, située entre 1999 et 2006, autrement dit la décennie qui précède les mandats d’Obama, est elle de nouveau marquée par un léger recul du cinéma noir. C’est l’époque où Spike Lee par exemple se met à réaliser des films dont les thématiques ne sont plus liées à la communauté afro-américaine (Summer of Sam en 1999, La 25e heure en 2002 ou encore Inside Man en 2006). Et il n’est pas le seul à se désintéresser des thématiques noires comme je l’écrivais d’ailleurs en 2005 : « [le cinéma afro-américain] tend aujourd’hui à se fondre de plus en plus dans le moule hollywoodien – si l’on s’en tient du moins aux succès récents de cinéastes comme Antoine Fuqua (Le Roi Arthur), les frères Hugues (From Hell), John Singleton (Fast and Furious 2) et même Spike Lee (La 25e heure). » (3) A croire que les films afro n’avaient alors plus la cote auprès du grand public – ce qui n’a pas empêché l’apparition de quelques nouveaux réalisateurs afro-américains à succès mais davantage orientés vers la comédie : George Tillman, Jr. (Soul Food, 1997), Malcolm D. Lee (Le Mariage de l’année, 1999), Rick Famuyiwa (The Wood, 1999), Tim Story (Barber Shop, 2002) ou Tyler Perry (Pourquoi je me suis marié ? 2007).

 

Un nouvel âge d’or du cinéma noir ?

Et nous voilà donc arrivés aux années Obama, période 2009-2016. Ce que l’on peut déjà constater en prenant du recul, et au regard des cinémas blaxploitation et new jack, c’est que l’ère Obama n’a pas véritablement engendré de phénomène nouveau au cinéma. Il existe des films afro-américains depuis longtemps, et pas seulement des films de série B, mais aussi des films « de prestige » explorant l’histoire des Noirs américains, à l’exemple de Glory (1989), Malcolm X (1992), Tina (1993), Amistad (1997), Les Seigneurs de Harlem (1997), Ali (2002), Ray (2004), The Great Debaters (2007) ou Cadillac Records (2008). Par ailleurs, en termes de quantité, il ne semble pas qu’il y ait beaucoup plus de films noirs produits et diffusés aujourd’hui qu’au début des années 70 et 90 où on en comptait déjà plus d’une dizaine par an.

Alors pourquoi cette impression d’un âge d’or du cinéma afro-américain ? A cela au moins trois bonnes raisons :

D’abord parce qu’il n’y a jamais eu autant de réalisateurs noirs en activité à Hollywood, comme le confirme Lee Daniels en 2013 qui, à la question « on a l’impression qu’une nouvelle vague de cinéastes noirs est en train d’émerger », répond : « et il est grand temps ! Dieu merci. Jusqu’à présent nous étions une poignée, maintenant nous sommes un paquet. C’est très excitant, c’est un moment galvanisant non seulement pour le cinéma afro-américain, mais pour le cinéma du monde entier » (4). Et il est vrai qu’ils sont nombreux ces réalisateurs noirs à travailler à Hollywood – une cinquantaine au bas mot – entre ceux de la génération new jack des années 90 toujours en activité comme Spike Lee (Red Hook Summer, 2012), John Singleton (Identité secrète, 2011), Mario Van Peebles (Itinéraire manqué, 2011), Bill Duke (Les Liens sacrés, 2009) ou les frères Hugues (Le Livre d’Eli, 2010) ; ceux qui ont débuté dans les années 2000 comme F. Gary Gray (NWA : Straight Outta Compton, 2015), George Tillman, Jr. (Notorious B.I.G, 2009), Antoine Fuqua (Equalizer, 2014), Lee Daniels (Le Majordome, 2013), Tyler Perry (Tentation : Confession d’une femme mariée, 2013), Tim Story (Mise à l’épreuve, 2014), Rick Famuyiwa (Dope, 2015) ou Malcolm D. Lee (The Best Man Holiday, 2013) ; et enfin les derniers venus des années 2010 comme Ava DuVerney (Selma, 2014), Tanya Hamilton (Night Catches Us, 2010), Dee Rees (Pariah, 2011), Salim Akil (Sparkle, 2012), Ryan Coogler (Fruitvale Station, 2013), Tommy Oliver (1982, 2013), Justin Simien (Dear White People, 2014), Barry Jenkins (Moonlight, 2016) ou Nate Parker (The Birth of a Nation, 2016). Il est clair que les réalisateurs afro-américains font dorénavant partie intégrante du paysage hollywoodien, là où il y a encore quarante ans ils étaient inexistants.

 

Les cinéastes afro-américains des années 2000

Les cinéastes afro-américains des années 2000

Les nouveaux cinéastes de l'ère Obama

Les nouveaux cinéastes de l’ère Obama

 

Ensuite parce qu’effectivement une certaine tendance semble se dessiner : l’apparition de plusieurs films – souvent inspirés de faits réels – évoquant le long chemin parcouru par la communauté noire depuis l’esclavage jusqu’à l’élection de Barack Obama : Twelve Years a Slave (Steve McQueen, 2014), Django (Quentin Tarantino, 2012), The Birth of a Nation (Nate Parker, 2016), Red Tails (Anthony Hemingway, 2012), 42 (Brian Helgeland, 2013), La Couleur des sentiments (Tate Taylor, 2011), Selma (Ava DuVernay, 2015), Le Majordome (Lee Daniels, 2013) et quelques autres (5) – jusqu’au récent First Date (Richard Tanne, 2016) qui met en scène le premier rendez-vous du futur Président et de sa future femme en 1989 à Chicago. Films auxquels il faut ajouter tous les biopics musicaux célébrant l’héritage culturel afro-américain comme Get On Up (Tate Taylor, 2014), Jimi: All Is by My Side (John Ridley, 2013), Notorious B.I.G (George Tillman, Jr., 2009), NWA : Straight Outta Compton (F. Gary Gray, 2015), Miles Ahead (Don Cheadle, 2016), Nina (Cynthia Mort, 2016), All Eyez on Me (Benny Boom, 2016)…

 

films historiques noirs

 

Et enfin parce que contrairement à la grande majorité des films blaxploitation ou new jack – films de genre souvent violents essentiellement destinés à un public de teenagers noirs –, les films de l’ère Obama s’avèrent bien plus mainstream, plus « grand public », et leur succès est sans commune mesure avec les films de la génération précédente : 213 millions de dollars de recettes dans le monde pour La Couleur des sentiments (2011), 177 millions pour Le Majordome (2013), 187 millions pour Tewlve Years a Slave (2014), 200 millions pour NWA : Straight Outta Compton (2015) – par comparaison Boyz’N the Hood (1991) rapporta 56 millions, Malcolm X (1992) 44 millions et Menace II Society (1994) 27 millions (6). Succès au box-office donc mais également aux Oscars comme le confirme le palmarès de ces dernières années qui a mis à l’honneur des œuvres comme Precious (actrice), La Couleur des sentiments (actrice), Django (scénario) et surtout 12 Years a Slave (meilleur film, scénario & actrice). Les films de l’ère Obama semblent ainsi s’inscrire dans l’air du temps, récoltent davantage de prix (12 Years a Slave est le premier film réalisé par un Noir – anglais certes – à recevoir un Oscar) et gagnent donc en visibilité là où les films blaxploitation & new jack souffraient d’une forme de ghettoïsation. Mais le prix à payer n’est-il pas dans la recherche du consensus à tout prix ?

 

Black history movies : un cinéma mainstream consensuel ?

Evoquant le cinéma new jack j’écrivais il y a dix ans dans Le cinéma des Noirs américains : « dans leur volonté de réalisme, ces films offrent souvent une vision pessimiste de la société et refusent le sacro-saint optimisme des films hollywoodiens. Dans Boyz’N the Hood et Menace II Society le récit se termine par la mort de l’un ou de plusieurs personnages principaux tués lors de drive-by-shooting. Dans Straight Out of Brooklyn Denis perd sa mère, qui succombe aux coups de son mari, avant que ce dernier ne soit tué par un dealer. À la fin de Hangin’ With the Homeboys, les quatre copains laissent éclater leur colère et leur frustration face au racisme et au chômage au point de se disputer et de se séparer amers au petit matin. Notons que ces œuvres ont parfois suscité de violentes réactions parmi les spectateurs noirs lors de leurs projections (actes de vandalisme, bagarres), violences abondamment médiatisées, notamment dans le cas de New Jack City. Sans doute ces réactions ont-elles été suscitées par l’image à la fois réaliste, pessimiste et révoltante que ces films renvoyaient aux spectateurs. » (7) Et ils sont nombreux ces films noirs des années 90 à proposer une vision sombre voire carrément désespérée de la société américaine (citons encore Juice d’Ernest Dickerson, The Glass Shield de Charles Burnett, Malcolm X de Spike Lee, Black Panthers de Mario Van Peebles…).

Or, force est de constater que les films de l’ère Obama s’avèrent bien plus optimistes et positifs. L’un des genres qui domine la production noire actuelle est d’ailleurs la comédie – romantique, musicale ou loufoque façon Tyler Perry – qui constitue près de la moitié des films de notre corpus (voir liste en annexe). L’autre genre-phare, on l’a dit, est le film historique. Et que nous proposent ces films ? De l’espoir assurément. Même s’ils dénoncent le racisme et les épreuves qu’ont eues à endurer les Afro-américains depuis plus d’un siècle (racisme, humiliations, viols, meurtres…), la grande majorité offre toutefois une porte de sortie et un dénouement heureux. Cecil (Forest Whitaker), après avoir servi sept présidents blancs, rencontre Obama à la fin du Majordome. Après douze ans de travail forcé et de privation de liberté, Solomon (Chiwetel Ejiofor) retrouve sa famille à la fin de Twelve Years a Slave. Grâce à son home-run contre les Pirates de Pittsburgh qui conclut 42, Jackie Robinson (Chadwick Boseman) qualifie les Brookyn Dodgers et entérine par la même occasion la fin de la ségrégation dans le baseball en 1947. Selma se conclut lui sur le succès de la seconde marche de Martin Luther King (David Oyelowo) à Selma en 1965 et la signature de la loi sur le droit de vote, et élude ainsi l’assassinat du leader qui aura lieu trois ans plus tard… On pourrait ainsi citer de nombreux exemples, sans compter bien sûr les succes story façon biopics musicaux ou sportifs comme NWA : Straight Outta Compton, Get on Up, The Blind Side ou Hurricane Season.

 

biopics noirs

 

On voit ainsi se dessiner une tendance mémorielle de l’ordre de l’autocélébration consensuelle. Et à ce titre on notera qu’à l’inverse de la majorité des films new jack, ceux de l’ère Obama regardent allègrement vers le passé – pour mieux se détourner des problèmes d’aujourd’hui ? – et que relativement peu évoquent la réalité sociale actuelle des Afro-américains, et notamment de l’underclass comme le faisaient les films new jack. Pourtant leur situation ne semble pas s’être miraculeusement améliorée avec l’élection d’Obama. Les conditions de vie des plus pauvres se serait même plutôt aggravée avec la crise (2008). Quant au racisme et aux violences policières, on aurait même plutôt tendance à penser qu’ils auront augmenté au regard des émeutes de Ferguson (2014) et de Baltimore (2015). (8) Et pourtant la plupart des films de l’ère Obama n’en font pas mention. Et a fortiori pas les Black history movies. Exit donc le fatalisme et le pessimisme : dans le cinéma d’Obama l’Amérique noire sort triomphante de toutes les épreuves, à l’image de Hurrican Season (2010) qui montre qu’à force de volonté et malgré la tragédie entourant le passage de l’ouragan Katrina, une équipe improvisée de basketteurs noirs de la Nouvelle Orléans, dirigée par un entraîneur pugnace (Forest Whitaker), peut remporter le championnat d’Etat (année 2005-2006) – ou comment illustrer à la lettre le fameux slogan de la campagne d’Obama : Yes we can !

Autre caractéristique notable, beaucoup de ces « feel good movies », proposent in fine une philosophie de la réconciliation entre les communautés. Et, à ce titre, on remarquera que pour ne pas écorner trop sévèrement la fierté WASP et participer au consensus national, la plupart de ces œuvres réservent au moins un rôle positif important à un Blanc, à l’image de The Blind Side, de La Couleur des sentiments, de Django, de Twelve Years a Slave, de 42 ou encore du Majordome, pour ne citer que quelques exemples emblématiques. Selon Don Cheadle, acteur et réalisateur de Miles Ahead (2016), ce choix relèverait d’un impératif commercial (« Il y a l’idée, non prouvée, que les films avec seulement des acteurs noirs ne peuvent pas connaître une carrière internationale (…) Avoir un acteur blanc dans ce film est vraiment devenu un impératif financier ») (9). Quoi qu’il en soit, on est quand même loin ici de la virulence et du radicalisme des films blax et new jack. On se souviendra par exemple qu’en 1989 le personnage de Radio Raheem dans Do The Right Thing de Spike Lee illustrait l’opposition « Love/Hate » lors d’un monologue face-caméra d’anthologie et que dans cette « guerre des races » c’est la haine qui l’emporta. On peut dire que dans le cinéma de l’ère Obama c’est l’amour qui prévaut. Comme l’illustre The Blind Side (John Lee Hancock, 2009) sorti l’année suivant l’élection d’Obama et qui rapporta un énorme succès avec plus de 300 millions de dollars au box-office. Inspiré de faits réels, ce film raconte l’histoire de Michael Oher, un jeune noir de 17 ans en surpoids, pauvre et en échec scolaire (en fait un grand-enfant prisonnier d’un corps de nounours géant) qui va être adopté par une famille de Blancs au début des années 90 et recevoir ainsi l’amour qu’il n’a jamais eu, notamment de la part de sa mère adoptive interprétée par Sandra Bullock (Oscarisée pour l’occasion). Michael Oher deviendra par la suite une star du Football américain.

 

The Blind Side de John Lee Hancock (2009)

The Blind Side de John Lee Hancock (2009)

 

Notons qu’à l’occasion, comme le montre The Blind Side, ces films n’hésitent pas à donner dans le cliché paternaliste – et ô combien Lincolnien – du Blanc-sauveur-du-Noir… Un procédé que je dénonçais dans Images du Noir dans le cinéma américain blanc (1980-1995) (L’Harmattan, 1997) en analysant les exemples de Cry Freedom de Richard Attenborough (1987), de Mississipi Burning d’Alan Parker (1988) ou de Glory d’Edward Zwick (1989) et que l’on retrouve par la suite dans des films comme Amistad de Steven Spielberg (1997) ou Hurricane Carter de Norman Jewison (1999) et, plus récemment, dans Invictus, The Blind Side, 42, Django, La Couleur des sentiments ou Lincoln. Mais force est de constater que ce cliché est essentiellement présent dans les œuvres de cinéastes blancs, même si on le retrouve aussi dans Twelve Years a Slave, inspiré il est vrai de faits réels – mais aurait-il gagné un Oscar, ou même trouvé un producteur, sans cela ? (10) L’ex-Black Panther Jamal Joseph, explique ce syndrome du sauveur blanc par le fait que « Hollywood pense simplement que c’est ce que les gens ont envie de voir. Ce qui est frustrant, c’est que certains sont aujourd’hui fatigués qu’on leur parle d’esclavage, avec ces histoires qui ont toujours recours à un sauveur blanc… Hollywood les produits parce que ces films marchent, et ils marchent notamment grâce à leurs sauveurs blancs, parce qu’ils font venir des Blancs au cinéma » (11).

En fait, pour faire simple – et au risque de simplifier les choses – il semble que les black history movies de l’ère Obama se revendiquent d’avantage de l’héritage optimiste et réconciliateur de Martin Luther King (cf. Selma, 2014) ou de Mandela (cf. Invictus, 2009) que du discours vindicatif et radical d’un Malcolm X (cf. Malcolm X de Spike Lee, 1992) ou des Black Panthers (cf. Panther de Mario Van Peebles, 1995). Une génération sépare Do the Right Thing du Majordome. Dans un cas « la chose à faire » était de provoquer une émeute pour ne pas laisser passer le meurtre de Radio Raheem par la police. Dans l’autre, « la chose à faire » semble être de rester à sa place de serviteur en attendant des jours meilleurs…

 

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Black comedies : amour, famille & réussite

Les films à succès que nous connaissons en France (La Couleur des sentiments, Le Majordome, Selma…) ne représentent en fait que la partie visible de l’iceberg. Car s’il est un genre qui domine la production afro-américaine actuelle c’est bien la comédie, et en particulier les comédies romantiques aux titres éloquents de Love and Game, Destination Love, Politics of Love, Act Like You Love Me, Hope for Love, For Love or Money, My First Love… films réalisées pour la plupart par une nouvelle génération de cinéastes afro-américains. Pourtant ces films n’ont rien de spécifiquement afro-américain, c’est même plutôt l’inverse : ce ne sont dans l’ensemble que des copiés-collés de romances hollywoodiennes interprétées par des acteurs noirs. Et malgré cela, on peut même dire que la question « raciale » est complètement éludée. Pas de racisme, pas de problème d’argent, pas de passé, on nage en plein conte de fée. Citons juste l’exemple de deux récents succès : Dans Love & Game (Just Wright de Sanaa Hamri, 2010) Queen Latifah interprète une kiné un peu boulotte et fan de basket qui peine à trouver un homme parce qu’elle devient toujours le « meilleur pote » des gars qu’elle rencontre. « J’ai 35 ans et j’aimerais bien rencontrer l’homme idéal » confie-t-elle à son père. Jusqu’à ce qu’elle croise le prince charmant en la personne de Scott, une star de la NBA, qui s’éprendra d’abord de sa barbie de sœur avant de comprendre que la vraie princesse c’est elle. Dans Destination Love (Baggage Claim de David E. Talbert, 2013) une hôtesse de l’air aux allures de poupée sépia met à contribution ses collègues pour trouver l’homme de sa vie lors de ses voyages en avion. Après moult échecs (avec un homme d’affaire marié, un gigolo menteur, un congressman arriviste, un riche directeur d’hôtel célibataire convaincu…) elle réalise au final que l’homme avec qui elle veut passer sa vie n’est autre que son meilleur ami d’enfance et confident selon qui « la magie ce n’est pas de se marier mais de rester marié ». Voici donc deux exemples parmi beaucoup d’autres sensiblement dans la même veine. Or que constatons nous dans ces films ? D’une part qu’ils se déroulent invariablement dans le milieu de la classe moyenne supérieure ; ensuite que tous les rôles sont tenus par des Noirs (un entre-soi qui permet d’évacuer complètement la question raciale) ; et enfin que les happy-end célèbrent systématiquement le mariage hétéronormé et le modèle familial idéal et petit-bourgeois : « ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants »…

 

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Alors bien sûr, tout cela fait partie intégrante des codes du genre et on ne voit pas pourquoi, sous prétexte que les acteurs seraient noirs, cela devrait changer. C’est aussi cela les progrès de l’intégration. Mais, le fait est qu’à force de répétition, ces spectacles de divertissement proposent une vision pour le moins tronquée et utopique d’un monde à part où tout se passerait à merveille. Et, au-delà même des schémas sexistes et conservateurs qu’ils véhiculent, ces films ont surtout pour effet d’occulter les vrais problèmes de l’Amérique noire, ce que pointait d’ailleurs du doigt un récent article de Télérama au sujet des sitcom afros intitulé : « De l’image trop rose de la vie des Noirs américains dans les séries » : « Une épouse chirurgienne, quatre beaux enfants, une promotion dans la boîte de pub où il travaille, une luxueuse maison et une berline allemande, Andre Johnson a réussi. Lui, le Noir élevé à Compton, un des pires quartiers de Los Angeles, vit le « rêve américain ». Un rêve qui ne vient pas sans sacrifice. « Le truc, s’inquiète-t-il en voix off, c’est que j’ai l’impression qu’à force de faire des efforts pour réussir, les Noirs ont oublié leur culture. » Qu’ils ont « blanchi », qu’ils ne sont plus que Black-ish (« vaguement noirs »), pour reprendre le titre de la sitcom dont il est le héros, lancée outre-Atlantique en septembre dernier ». (12) Mais, finalement, toutes ces comédies et séries afros euphémisées, ne sont-elles pas à l’image de la bourgeoisie noire qu’incarne la famille Obama ?

 

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Impossible à ce stade de ne pas évoquer le cas de Tyler Perry, le wonder boy de la comédie noire américaine, qui en l’espace d’une décennie est devenu un modèle de réussite, une sorte d’Obama des médias, en devenant la personnalité la mieux payée du divertissement US (en 2011) devant Spielberg ou DiCaprio. (13) Réalisateur, acteur, scénariste et producteur, il a d’abord percé dans le théâtre noir avant de connaître le succès en adaptant ses pièces au cinéma dès 2005, et notamment son personnage de Madea, une mamie noire au caractère bien trempé qu’il interprète dans la pure tradition burlesque (façon Big Mamma ou La Famille Foldingue) dans une bonne dizaine de productions – des « bouffonneries » critiquées par Spike Lee qui y voit une régression : « [alors] que nous avons un président noir, nous retournons [à l’époque] de Mantan Moreland et Sleep’n’Eat  [acteurs noirs des années 30-40 spécialisés dans les rôles de coons, de bouffons] ». (14) Il n’empêche, Perry, qui a connu une enfance difficile, incarne à la perfection une success story comme les Américains les aiment tant, et, avec ses réalisations façon sitcom mêlant habilement comédie, romance et mélodrame familial, il a su conquérir un large public noir populaire. Par son succès et sa visibilité il incarne d’une certaine manière « l’esprit Obama ». Pourtant, si le président métis (mère blanche américaine, père noir africain) s’est toujours présenté comme le président de tous les Etatsuniens, Perry lui semble avoir du mal à s’ouvrir à un public autre que celui de sa communauté (15). C’est sans doute l’une des contradictions de l’époque : la présidence d’Obama ne semble pas avoir fait tomber les barrières raciales dans l’imaginaire cinématographique – du moins pour ce qui concerne les comédies qui constituent, rappelons-le, la majorité des films afro-américains de ces dernières années (là où le cinéma blaxploitation et new jack étaient, peu ou prou, dominés par les films d’action).

 

Black independent cinema : par-delà l’obamania

La tendance générale semble donc être au « feel good movies », qu’il s’agisse de comédies ou de films historiques. Mais on ne saurait résumer le cinéma noir sous Obama à du cinéma de divertissement. Un autre genre semble avoir la préférence de certains jeunes cinéastes afro-américains : le drame social. Remarquons d’emblée deux caractéristiques propres à ce courant : d’une part il s’intéresse aux personnages « de la marge » (les classes populaires, chômeurs, ex-taulards, mais aussi malades du sida, junkies, gays ou lesbiennes…), et d’autre part il n’hésite pas à briser le consensus entourant l’obamania en montrant les disfonctionnement de la société américaine actuelle (racisme, homophobie, précarité, violence policière…).

Car, contrairement à ce que pourrait penser un observateur lointain – un Français par exemple – l’élection d’un Noir à la Maison Blanche n’a pas résolu les problèmes d’inégalités Noirs/Blancs. Au contraire même… Selon un article paru dans le Monde Diplomatique, « l’égalité de droits entre les citoyens, établie dans les années 1960, puis l’émergence d’une classe moyenne noire et l’élection d’un président afro-américain n’y ont rien changé : les Etats-Unis demeurent traversés par des clivages raciaux. Tous les indicateurs le confirment. » Et d’illustrer : « Le déclin de l’affirmative action a eu un effet négatif sur la condition des Afro-Américains. En 2010, 74 % des enfants noirs étaient inscrits dans une école majoritairement fréquentée par des élèves noirs. Un taux comparable à celui de 1968 (77 %) et largement supérieur à celui de 1980 (62 %) ». Avant de conclure : « Loin d’avoir apaisé les clivages raciaux, la présidence Obama a peut-être même contribué à les exacerber. » (16) Selon une autre source, le racisme américain aurait même fait un bon exponentiel depuis l’élection d’Obama, réveillant les vieux démons ancestraux, avec une augmentation de 813 % du nombre des groupes d’extrême droite depuis 2008. (17) Le journaliste Sylvain Cypel tempère pour sa part quelque peu ce constat dans son ouvrage Un nouveau rêve américain : la fin de l’Amérique blanche, mais note quand même que si globalement le racisme a reculé « la question noire est loin d’être en voie de disparition » et rappelle « qu’un policier blanc a tué un Noir presque deux fois chaque semaine aux États-Unis » entre 2006 et 2012 (18). Bref, les articles ne manquent pas pour illustrer le « bilan mitigé » voire carrément « désastreux » du président noir… Une chose est sûre, les événements récents – les manifestations Black Lives Matter qui ont suivies les meurtres de plusieurs Noirs par des policiers blancs – montrent que la question de la discrimination envers les Afro-américains n’est toujours pas résolue aux États-Unis. Comme en atteste encore, s’il en était besoin, le succès du livre Une Colère noire de Ta-Nehisi Coates (2015).

 

Fruitvale Station de Ryan Coogler (2013)

Fruitvale Station de Ryan Coogler (2013)

 

S’il est un film qui s’en fait l’écho, c’est bien le remarqué Fruitvale Station (2013) du jeune cinéaste noir Ryan Coogler (grand prix du jury à Sundance). Le récit suit de manière hyperréaliste (en caméra-épaule) et quasiment en temps réel (24h) la dernière journée d’Oscar Grant, un jeune Noir d’Oakland, père d’une petite fille, ex-détenu et momentanément sans emploi, victime d’une bavure policière le jour de l’an 2008-2009. Sorti en 2013 Fruitvale Station  sera vite rattrapé par l’actualité avec les meurtres médiatisés de Michael Brown en 2014, de Freddie Gray en 2015 et d’Alton Sterling en 2016. Et bien que le fait réel relaté par le film se soit déroulé la vieille de la prise de pouvoir d’Obama, il n’en demeure pas moins, au vu des récents événements, une mise en accusation du racisme de la police américaine toujours d’actualité. D’autres films indépendants se feront l’écho de la situation difficile de l’underclass noire, de Precious (Lee Daniels, 2009) à The Inevitable Defeat of Mister and Pete (George Tillman, Jr., 2013). Mais le malaise touche aussi les classes moyennes et s’il est un autre film récent qui jette un pavé dans la marre au point d’éclabousser tout le bilan de la présidence d’Obama, c’est bien Dear White People. Réalisé lui aussi par un jeune cinéaste noir de moins de trente ans, Dear White People (prix spécial du jury à Sundance) révèle la fracture raciale qui travaille la génération Obama en abordant de front le racisme larvé au sein d’une prestigieuse université dominée par les Blancs. On est très loin ici encore de la célébration du consensus national à l’œuvre dans la plupart des films historiques cités précédemment. D’ailleurs dans ces productions indépendantes il n’est pas rare que même la communauté noire en prenne pour son grade. Je pense notamment aux récits qui évoquent la question gay et lesbienne comme Pariah (Dee Rees, 2011), Blackbird (Patrik-Ian Polk, 2015) ou Moonlight (Barry Jenkins, 2016), tous trois réalisés par des Afro-américains et qui mettent en scène le passage à l’âge adulte de jeunes Noir(e)s se découvrant homosexuel(le)s, confronté(e)s au rejet de leur famille et de leur communauté.

 

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C’est en fait cela, me semble-t-il, la grande nouveauté du cinéma noir sous Obama : la plupart de ces personnages de la génération 2.0 semblent se définir par une identité propre et singulière et non plus par leur seule appartenance à la communauté afro-américaine. Ils ne sont plus exclusivement des Noirs-du-ghetto, comme à l’époque de la blaxploitation ou du cinéma new jack, mais ils sont avant tout des jeunes hommes et femmes américain(e)s d’aujourd’hui, hétéros, gays ou lesbiennes, ou encore geek comme le personnage de Dope de Rick Famuyiwa (2015), un premier-de-la-classe puceau qui aime des « trucs de Blancs », mais surtout qui n’appartient ni à un gang ni ne pratique de sport, un anti-stéréotype en somme, et une manière pour le réalisateur de déjouer les vieux clichés gangsta’ de la génération précédente.

 

Conclusion : Yes We Can !

Oui, l’élection d’Obama a indéniablement contribué à normaliser la présence noire à Hollywood et à faire tomber les derniers tabous, comme en témoigne notamment le succès aux Oscars de 12 Years a Slave. Mais force est de constater que l’obamania qui culmina dans les premières années du mandat du président noir, avec des films emblématiques comme The Blind Side (2009), Hurricane Season (2010), La Couleur des sentiments (2011) ou The Obama Effect (2012), montra cependant quelques signes de fatigue au cours de son second mandat, comme en témoignent les productions indépendantes, anticonformistes et contestataires, Fruitvale Station (2013) ou Dear White People (2015).

On retiendra surtout qu’il y a 40 ans, Rocky (1976), Star Wars (1977) et Superman (1978), inauguraient le cinéma post-moderne, synonyme de divertissement néo-classique et de blockbusters à effets spéciaux. Devenus de véritables institutions hollywoodiennes au fil des décennies, Rocky et Star Wars ont donné lieu à six suites chacun, quant à Superman il fut le premier d’une longue série de films de super-héros inspirés des univers DC Comics & Marvel. Or en 2015, au cours de la dernière année du mandat Obama, ces franchises mythiques jusqu’alors exclusivement vouées au culte de héros blancs, offraient des rôles principaux à des acteurs noirs : à Michael B. Jordan pour le spin-off Creed : l’héritage de Rocky Balboa, à John Boyega pour la suite Star Wars 7 : le réveil de la force, et de nouveau à Michael B. Jordan pour le reboot des 4 Fantastiques dans le rôle de La Torche (19). N’est-ce pas cela finalement le signe le plus tangible de l’influence du mandat Obama sur le cinéma ?

© Régis Dubois 2016

 

blackblockbusters

 

NOTES :

(1) Jean-Michel Frodon « Django Unchained et Lincoln : il était une fois deux révolutions », Slate.fr (14/01/2013). Voir aussi notamment « 12 Years a Slave : Hollywood et l’effet Obama au cinéma » par Alexis Ferenczi, huffingtonpost.fr (22/01/2014) et « Depuis l’élection d’Obama, le cinéma s’approprie l’histoire afro-américaine » par Loïc Pialat, franceinfo.fr (11/03/2015).

(2) David Garrett Izzo (sous la direction de), Movies in the Age of Obama: The Era of Post-Racial and Neo-Racist Cinema, Rowman & Littlefield Publishers, 2014.

(3) Régis Dubois, Le cinéma des Noirs américains entre intégration et contestation, Le Cerf, 2005, p. 6.

(4) Lee Daniels : « L’expérience afro-américaine ne peut être rendue que par un cinéaste noir », interview de Gérard Delorme, Premiere.fr, 06/09/2013.

(5) Notamment The Retrieval (Chris Eska, 2013) sur fond de guerre de sécession ; Loving (Jeff Nichols, 2016) sur le vote en 1967 de la loi qui mit fin à l’interdiction des mariages mixtes ;  Blood Done Sign My Name (Jeb Stuart, 2010), drame évoquant le meurtre raciste d’un Noir en 1970 à Oxford ; Night Catches Us (Tanya Hamilton, 2010) situé en 1976 et portant sur un ex-Black Panther ; Hurricane Season (Tim Story, 2010) film sportif situé en 2005-2006 au lendemain du passage de l’ouragan Katrina…

(6) http://www.the-numbers.com/keyword/African-Americanlecinémadesnoirsamericain1

(7) Régis Dubois, Le cinéma des Noirs américains entre intégration et contestation, Le Cerf, 2005, p. 229.

(8) Les manifestations de Ferguson ont éclaté à la suite de la mort de Michael Brown, un jeune Noir de 18 ans sur lequel un policier blanc a tiré à plusieurs reprises alors qu’il s’enfuyait les bras levés. Les émeutes de Baltimore ont éclaté à la mort de Freddie Gray, un Noir de 25 ans, mort en prison des suites de sévices policières.

(9) « Miles Ahead : avoir un acteur blanc était un «impératif financier» pour tourner », lefigaro.fr (22/02/2016).

(10) Voilà ce que j’écrivais en 2002 lorsque, quelques mois après l’attentat contre le World Trade Center, l’Académie des Oscars récompensait Denzel Washington pour Training Day et Halle Berry pour A l’ombre de la haine : « Et pour ceux qui douteraient de la portée idéologique de cette cérémonie des Oscars, demandez-vous pourquoi ce n’est pas Will Smith qui a été couronné. Smith pourtant nommé et qui incarne magistralement à l’écran le grand Mohamed Ali, boxeur génial mais contestataire, déserteur au moment de la guerre du Viêt-Nam et surtout musulman… », « United Oscars of America », Télérama, 2725 (2002).

(11) Propos cités dans « Black Movies Matter », So Film n°45, nov. 2016, p. 63.

(12) « De l’image trop rose de la vie des Noirs américains dans les séries » par Pierre Langlais, telerama.fr (9/03/2015).

(13) « Tyler Perry est l’homme le plus payé dans le monde du divertissement selon Forbes », archive.wikiwix.com (13/09/2011).

(14) « Our Word with Black Enterprise » (31/05/2009).cine-noir-americain-couv

(15) cf. l’essai collectif Interpreting Tyler Perry : Perspectives on Race, Class, Gender, and Sexuality (Routlegde, 2014) : « He has a loyal following of a predominately African American audience » (p. 1), « he’s principally speaking to, for, and about Africans Americans » (p. 6), « black women, who apparently, are his primary audience » (p. 10)… Son public semble donc être essentiellement noir, ce qui expliquerait sans doute pourquoi ses films n’ont pas été distribués en France…

(16) Desmond King, « Pour les Afro-Américains, amer bilan d’une présidence noire », Le Monde diplomatique, janvier 2015 (p 4-5).

(17) http://info.arte.tv/fr/barack-obama-est-il-black-enough

(18) Sylvain Cypel, Un nouveau rêve américain : la fin de l’Amérique blanche, Autrement 2015 p. 122.

(19) La Torche interprété par Michael B Jordan dans Les 4 Fantastiques (2015) n’est pas le premier super-héros noir Marvel. Avant lui il y eut notamment Meteor Man (1993), Blade (1998) ou Tornade (2000). Mais c’est le premier super-héros noir originellement blanc dans le comic, qui plus est à tenir un rôle principal dans un blockbuster – Meteor Man et Blade étaient pour ainsi dire des productions de série B (cf « Les super-héros noirs des films Marvel » de Régis Dubois, lesensdesimages.com, novembre 2015).

 

FILMOGRAPHIE : Le cinéma noir sous Obama (2009-2016)

[l’astérisque (*) signale que le réalisateur est afro-descendant]

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A Day in a Life de Sticky Fingaz* (drame urbain)

Black Dynamite de Scott Sanders* (action/comédie funky)

The Blind Side de John Lee Hancock (biopic sportif)

Blood and Bone de Ben Ramsey* (action musclé)

Frankenhood de Blaxwell Smart (comédie loufoque)

I Can Do Bad All By Myself de Tyler Perry* (comédie familiale)

Les Liens sacrés (Not Easily Broken) de Bill Duke* (comédie familiale)

Madea Goes to Jail de Tyler Perry* (comédie)

Notorious B.I.G. de George Tillman, Jr.* (biopic rap)

Precious de Lee Daniels* (drame social)

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Blood Done Sign My Name de Jeb Stuart (historique)

Les Couleurs du destin (For Colored Girls) de Tyler Perry* (drame)

La Guerre des pères (Our Family Wedding) de Rick Famuyiwa* (comédie familiale)

Hurricane Season de Tim Story* (film sportif)

I Will Follow d’Ava DuVerney* (drame intime)

Le Livre d’Eli (The Book of Eli) des frères Hugues* (science-fiction)

Lottery Ticket d’Erik White* (comédie)

Love and Game (Just Wright) de Sanaa Hamri (comédie romantique)

Night Catches Us de Tanya Hamilton* (historique)

Perfect Combination de Trey Haley* (comédie romantique)

Pourquoi je me suis marié aussi ? (Why Did I Get Married Too?) de Tyler Perry* (comédie dramatique)

Preacher’s Kid de Stan Foster* (coming-of-age-teenage-drama-musical-comedy)

Speed-dating de Joseph A. Elmore Jr. (comédie)

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35 & Ticking de Russ Parr* (comédie romantique)

Big Mama : de père en fils (Big Mommas: Like Father, Like Son) de John Whitesell (comédie d’action)

Budz House de Cameron Casey (drugs-teenage comedy)

La Couleur des sentiments (The Help) de Tate Taylor (historique)

He’s Mine Not Yours de Roger Melvin* (comédie romantique)

Itinéraire manqué (All Things Fall Apart) de Mario Van Peebles* (drame sportif)

Jumping the Broom de Salim Akil* (comédie romantique)

Madea’s Big Happy Family de Tyler Perry* (comédie)

Mama, I Want to Sing! de Charles Randolph-Wright* (comédie musicale)

Pariah de Dee Rees* (drame social)

Politics of Love (ou Love Barack) de William Dear (comédie romantique)

Restless City d’Andrew Dosunmu* (drame social indé)

Yelling To The Sky de Victoria Mahoney (drame social)

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Les Bêtes du sud sauvage (Beasts of the Southern Wild) de Benh Zeitlin (drame social)

Mac & Devin Go to High School de Dylan C. Brown (drugs-teenage comedy)

Django Unchained de Quentin Tarantino (western)

Gimme the Loot d’Adam Leon (comédie urbaine sur le graff)

Good Deeds de Tyler Perry* (comédie)

LUV de Sheldon Candis* (drame de l’enfance – indé)

Madea: Protection de témoins (Madea’s Witness Protection) de Tyler Perry* (comédie)

Middle of Nowhere d’Ava DuVerney* (drame social indé)

Note to Self de Trey Haley* (comédie romantique)

The Obama Effect de Charles S. Dutton* (comédie)

Pensez comme un homme (Think Like a Man) de Tim Story* (comédie sexy)

Red Hook Summer de Spike Lee* (drame familial)

Red Tails d’Anthony Hemingway* (historique/guerre)

The Skinny de Patrik-Ian Polk* (comédie gay)

Sparkle de Salim Akil* (comédie musicale)

Woman thou art Lossed: on the 7th day de Neema Barnette (thriller psychologique)

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42 de Brian Helgeland (biopic sportif)

1982 de Tommy Oliver* (drame social indé)

Act Like You Love Me de Dan Garcia (comédie romantique)

A Madea Christmas de Tyler Perry* (comédie)

The Best Man Holiday de Malcolm D. Lee* (friends comedy)

Big Words de Neil Drumming* (chronique contemporaine)

Black Nativity de Kasi Lemmons* (comédie musicale)

Blue Caprice de Alexandre Moors (drame social)

Cleaver Family Reunion de H. M. Coakley* (comédie)

The Dempsey Family de Roger Melvin (comédie familiale)

Destination Love (Baggage Claim) de David E. Talbert* (comédie romantique)

The Inevitable Defeat of Mister and Pete de George Tillman, Jr.* (drame social)

Four de Joshua Sanchez (drame de l’adolescence indé)

Fruitvale Station de Ryan Coogler* (drame social)

From the Rough de Pierre Bagley* (biopic sportif)

Holla 2 de H. M. Coakley* (slasher movie)

Hope for Love de Dan Garcia (comédie romantique)

Jimi: All Is by My Side de John Ridley* (biopic rock)

Life of a King de Jake Goldberger (drame social)

Le Majordome (The Butler) de Lee Daniels* (film historique)

Newlyweeds de Chaka King* (comédie indé)

Peeples de Tina Gordon Chism* (comédie familial)

The Retrieval de Chris Eska (film historique)

Tentation : Confession d’une femme mariée (Temptation: Confessions of a Marriage Counselor) de Tyler Perry* (comédie romantique)

Things Never Said de Charles Murray* (comédie romantique)

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12 Years a Slave de Steve McQueen* (film historique / esclavage)

About Last Night de Steve Pink (comédie romantique)

Addicted de Billie Woodruff* (drame érotique)

Beyond the Lights de Gina Prince-Bythewood*(drame romantique)

Black Coffee de Mark Harris* (comédie romantique)

Da Sweet Blood of Jesus de Spike Lee* (drame fantastique indie)

Dear White People de Justin Simien* (comédie sociale)

First Impression de Arthur Muhammad* (comédie romantique)

For Love or Money de Roger Melvin* (comédie romantique)

Get On Up de Tate Taylor (biopic funky)

Mise à l’épreuve (Ride Along) de Tim Story* (action-comédie)

No Good Deed de Sam Miller (thriller)

Pensez comme un homme 2 (Think Like a Man Too) de Tim Story* (comédie sexy)

Repentance de Philippe Caland (thriller psychologique)

Selma d’Ava DuVerney* (historique)

Top Five de Chris Rock* (comédie)

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Beautifull Destroyer de Christopher Dorrah* (thriller psychologique)

Blackbird de Patrik-Ian Polk* (drame social)

Brotherly Love de Jamal Hill* (drame social)

Carter Hight de Arthur Muhammad* (biopic sportif)

Chocolate City de Jean-Claude La Marre* (drame sexy)

Creed : l’héritage de Rocky Balboa (Creed) de Ryan Coogler* (film sportif)

Dope de Rick Famuyiwa* (comédie sociale)

The Man in 3D de Trey Haley* (thriller)

My Favorite Five de Paul D. Hannah* (comédie romantique)

My First Love de Mark Harris* (comédie romantique)

Mr. Right de Roger Melvin* (comédie romantique)

NWA : Straight Outta Compton de F. Gary Gray* (biopic rap)

The Perfect Guy de David M. Rosenthal (thriller)

The Sin Seer de Paul D. Hannah* (thriller)

Sister Code de Corey Grant* (comédie familial)

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All Eyez on Me de Benny Boom* (biopic rap)

Babershop: the Next Cut de Malcolm D. Lee* (comédie)

Barry de Vikram Gandhi (biopic politique)

The Birth of a Nation de Nate Parker* (biopic historique / esclavage)

Fences de Denzel Washington* (drame familial)

Les Figures de l’ombre (Hidden Figures) de Theodore Melfi (biopic historique)

First Date de Richard Tanne (biopic politique)

Loving de Jeff Nichols (biopic historique)

Miles Ahead de Don Cheadle* (biopic jazz)

Mise à l’épreuve 2 (Ride Along 2) de Tim Story* (action-comédie)

Moonlight de Barry Jenkins* (drame sur l’homosexualité)

Nina de Cynthia Mort (biopic musical)

Pelé : naissance d’une légende de J. & M. Zimbalist (biopic sportif)

Les 7 mercenaires d’Antoine Fuqua* (western)

(à compléter…)

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