Autobiographies de réalisateurs, une denrée rare

Alors que chaque nouvelle rentrée littéraire apporte son lot de traductions d’autobiographies de rock-stars – ne citons que celles de Keith Richards et de Patti Smith en 2010, de Slash, de John Cale et de Steven Tyler en 2011, de Neil Young, de Pete Townshend et de Rod Stewart en 2013, de Johnny Rotten en 2014, etc. – celles des réalisateurs demeurent elles dramatiquement et étonnamment rares.

Si vous cherchez en effet comme moi de vraies autobiographies littéraires de réalisateurs, et non pas des recueils d’entretiens – du genre Moi, Orson Welles (1997) ou Scorsese par Scorsese (2011) – ni même des écrits théoriques (comme par exemple Les films de ma vie de Truffaut) et bien vous ne trouverez pas grand-chose… En langue étrangère vous aurez éventuellement plus de chance (voir entre autres le fameux How I Made A Hundred Movies In Hollywood and Never Lost a Dime de Roger Corman paru en 1990), mais en français va falloir aller chercher dans les recoins des bouquinistes les plus obscurs.

Alors bien sûr vous me direz que les réalisateurs sont d’abord des cinéastes et pas des écrivains (à l’exception de Kazan ou de Fuller). Soit, mais je vous répondrai que les musiciens ne le sont pas davantage (et d’ailleurs ce type de livres s’écrit le plus souvent à quatre mains). Et puis vous objecterez peut-être que parmi les réalisateurs que nous chérissons – de Scorsese à Tarantino – beaucoup ne sont pas encore en âge d’écrire leurs mémoires. Soit. Il n’empêche que Roman Polanski n’a pas attendu la fin de sa carrière pour faire paraître la sienne, passionnante d’ailleurs, à tous justes cinquante ans (Roman en 1984). Donc fausse excuse.

Cela reste donc pour moi un mystère. Pourquoi les réalisateurs n’écrivent-ils pas plus souvent leur autobiographie ? Et pourquoi n’en traduisons-nous pas davantage ? D’autant que les vies des cinéastes ne sont pas nécessairement moins extraordinaires que celles des pop-stars – qui finalement ne s’avèrent pas toujours aussi rock’n’roll que l’on pourrait le penser (cf. Une Autobiographie de Neil Young, 2013).

Bref. Voici donc un tour d’horizon, en une petite vingtaine de titres (souvent épuisés), des quelques autobiographies de réalisateurs parues chez nous, la plupart dans les années 70-80, et présentées ici dans l’ordre plus ou moins chronologique de l’histoire du cinéma.

A quand maintenant celles de Godard, de Scorsese, de Ken Loach ou de Tarantino…

Charlie Chaplin, Histoire de ma vie (Robert Laffont, 1964, 495 p., réédition 2002).

« Au cours de sa vie, Chaplin a accordé des centaines d’interviews, il a eu de nombreux biographes, mais c’est en écrivant Histoire de ma vie, et en se racontant lui-même, qu’il s’est livré, et a laissé paraître l’homme derrière la légende. L’histoire de ce génie – dont les amis s’appelaient Douglas Fairbanks et Mary Pickford, Enrico Caruso, George Bernard Shaw, Churchill, Gandhi, Einstein, Cocteau et Picasso – est en même temps celle du cinéma américain, de Hollywood, de sa naissance et de son développement extraordinaire. C’est aussi l’histoire d’un homme seul malgré la célébrité, d’un homme qui ne cache rien des vicissitudes de sa vie sentimentale jusqu’à la rencontre avec Oona et le bonheur familial en compagnie de leurs huit enfants. D’un homme enfin dont la vie fut un combat. Combat contre la pauvreté d’abord, combat politique aussi, et, par-dessus tout, combat pour son art. Un des géants qui ont marqué le siècle. » [Note de l’éditeur 2002]

Buster Keaton, Slapstick  (L’Atalante, 1984, 263 p., réédition chez Le Seuil en 1987 puis chez Capricci en 2014 sous le titre La Mécanique du rire : Autobiographie d’un génie comique).

« Buster Keaton était-il un homme heureux à la fin de sa vie d’artiste, avant de mourir en 1966 à Hollywood ? On peut l’imaginer, à lire ces trois cents pages denses qui ignorent la mélancolie et l’aigreur, et sont à peine empreintes d’un brin de nostalgie envers « ces Années folles où nous nous amusions follement à tourner des films fous ». « L’homme serpillère », « L’homme qui ne rit jamais », le génie du comique géométrique et savant ne dit pas s’il est heureux à la fin d’une carrière qui l’a vu atteindre les sommets du succès public et critique et des gouffres (alcool, divorce ruineux,…) qui semblent presque banals à Hollywood, même dans ces années-là. Ce que Buster Keaton transmet en revanche dans cette autobiographie, (…) c’est un amour immense, énorme, sans partage – et sans doute inconsolable – pour son art. Et si le bonheur consiste à ne jamais se renier, à faire de sa vie une trajectoire cohérente avec sa passion, alors oui, Buster Keaton est un homme heureux quand il rédige (avec l’aide d’un mystérieux « Charles Samuels ») ces mémoires aujourd’hui republiés chez Capricci (ils n’étaient plus disponibles en français depuis plusieurs années). » [Critikat.com 2014]

Jean Renoir, Ma vie et mes films (Flammarion, 1974, 262 p. réédition en 2008).

« Dans ce livre de souvenirs le cinéaste nous parle de son enfance, de sa nourrice Gabrielle qui était un modèle de son père (comme sa première épouse l’actrice Catherine Hessling), des séances de Guignol, de sa découverte du cinématographe à travers un personnage burlesque nommé Automaboul, de ses lectures (…) Ce livre est également un hommage au cinéma et tout un pan de son histoire : la grande époque du muet et la naissance du parlant, la découverte de Charlot, les relations avec cinéastes et acteurs ; Jacques Becker (Casque d’or) qui fut son ami ou Jean Gabin qu’il révéla dans Les Bas-fonds et dont il dresse un magnifique portrait. Il y aurait trop à citer tant cet ouvrage fourmille d’anecdotes sur des rencontres prodigieuses avec des personnages célèbres ou inconnus et d’histoires de tournages donnant de précieux renseignements sur la genèse de ses films. L’auteur de La Grande Illusion qui a vécu les deux guerres et l’exil évoque aussi très pudiquement la grande Histoire et son engagement d’artiste. » [Lelittéraire.com, 2012]

Marcel Carné, La vie à belles dents : souvenirs (Jean-Pierre Ollivier, 1975, 484 p.)

« Marcel Carné n’a pas que ce talent qui fait de lui l’un des plus grands metteurs en scène : il a aussi de la mémoire. Et quelle mémoire ! (…) Marcel Carné ne se contente pas de survoler son passé et sa carrière. Si le cinéma et ses étoiles de première grandeur (Jules Berry, Arletty, Jean Gabin, Michèle Morgan, Gérard Philipe, etc.) tiennent le premier rôle dans ce texte tour à tour tendre, drôle et furieux, Carné s’affirme aussi comme le témoin lucide de son temps. Il parle de la guerre, de l’argent et de la misère, du courage et de la lâcheté, des sales combines et des bons moments… Le lecteur, emporté dans cette merveilleuse sarabande, retrouvera bien sûr le créateur des Enfants du Paradis, des Visiteurs du Soir, des Tricheurs et de tant d’autres chefs-d’œuvre. Mais il découvrira aussi, avec émerveillement, un Marcel Carné pour qui l’écriture devient un nouveau moyen de créer le plus fascinant des spectacles : celui de la Vie. Cette Vie que le lecteur, à son tour, voudra dévorer à belles dents… » [présentation de l’éditeur]

Luis Buñuel, Mon dernier soupir (Robert Laffont, 1994, 328 p.)

« A l’approche de son dernier soupir, les souvenirs s’accumulent à notre insu, la mémoire est perpétuellement envahie par l’imagination et la rêverie », dit Luis Buñuel, comme en s’excusant. Voici un « livre semi-biographique où il m’arrivera de m’égarer comme dans un roman picaresque, de me laisser aller au charme irrésistible du récit qu’on n’attendait pas ». L’auteur du Chien andalou, de L’Âge d’or, de L’Ange exterminateur et du Fantôme de la liberté ne raconte pas sa vie à la façon d’un historien : « Je ne me suis aidé d’aucune note, d’aucun livre, et le portrait que je propose est de toute façon le mien, avec mes affirmations, mes hésitations, mes répétitions, mes lacunes, avec mes vérités et mes mensonges, pour le dire en un mot : ma mémoire. » Des mémoires bouleversantes à l’image d’un homme exceptionnel. » [Note de l’éditeur]

King Vidor, La grande parade (J-C Lattès, 1981, 285 p. – réédition Ramsay poche cinéma, 1985)

« Je suis né avec le cinéma, j’ai grandi avec lui, dit King Vidor, l’un des pionniers américains, l’auteur de La Grande Parade, La Foule, Le Grand Passage, Duel au soleil, Le Rebelle, L’Homme qui n’a pas d’étoile, Guerre et Paix… Et c’est toute l’histoire du cinéma américain, du muet au parlant, du noir et blanc à la couleur, des débuts d’Hollywood à la fin des grands studios qu’évoque, avec passion et humour, au travers de sa vie, ce cinéaste exemplaire. » [note de l’éditeur]

 

Franck Capra, Hollywood Story (Stock, 1976, 438 p. – réédition Ramsay poche cinema, 1985 et 2006)

« Hollywood Story, autobiographie d’un des plus grands cinéastes américains, est l’un des meilleurs livres que j’ai pu lire sur le cinéma. Frank Capra a eu un parcours extraordinaire: gagman chez Mack Sennett, réalisateur pour la Columbia dirigé par le terrible Harry Cohn, il a remporté trois Oscar, a rencontré plusieurs présidents américains et dirigea des acteurs comme Gary Cooper, James Stewart, Jean Arthur ou encore Barbara Stanwyck. Capra raconte en détails, de façon très précise et très honnête sa longue et houleuse carrière hollywoodienne. Je ne vais pas tout raconter mais c’est un livre qui permet d’avoir un excellent aperçu de l’âge d’or d’Hollywood, de l’arrivée du parlant et de la fin des majors. Car Capra couvre cette période, des années 20 aux années 60, qui est l’une des plus fastes d’Hollywood: création de l’Académie des Oscars, création des grands studios, l’impact de la Seconde Guerre mondiale, la chasse aux sorcières, l’apparition de la TV et le début du star system. Autant de bouleversements qui ont fait et défait Hollywood et qui ont grandement joué sur la carrière de Capra. Bref, ce livre est une mine d’or. Si vous êtes cinéphile, dévorez-le vite ! » [senscritique.com, 2012]

Raoul Walsh, Un demi-siècle à Hollywood, mémoire d’un cinéaste (Calmann-Lévy, 1976, 349 p. réédition Ramsay poche cinéma 1985)

« Après plus de cent films dans lesquels il dirigea les plus grandes stars, parmi lesquelles Wayne, Flynn, Bogart ou Swanson, Raoul Walsh décide de dépoussiérer sa mémoire et de rédiger son histoire dans cette autobiographie intitulée Un demi-siècle à Hollywood. Chaque cinéphile connaît le talent de narrateur du cinéaste, mais ceux qui n’ont pas lu cet ouvrage manquent la plus belle histoire qu’il ait jamais racontée … celle de sa vie. (…) Dès les premières pages, Walsh décrit ses tendres souvenirs d’enfance et nous précipite dans une saga digne des plus grands romans américains. Elevé dans une famille riche et influente de New York, le jeune Raoul observe les nombreux invités de son père. Parmi ceux-ci Buffalo Bill, Theodore Roosevelt ou Mark Twain contribuent à son éducation et lui forgent un caractère enclin à l’aventure. Dès qu’il en a l’occasion, il part sur les bords de l’Hudson River et s’imagine dans la peau du général Custer ou d’un chef sioux. Après avoir perdu sa mère, l’adolescent prend la piste de ses héros : il quitte New York pour Cuba, puis file au Mexique où il apprend à manier le lasso et à monter sur un cheval. Il s’engage alors dans une troupe de cow-boys, dont il découvre le mode de vie lent et poussiéreux. De cette expérience éprouvante mais riche en anecdotes, il tire son amour de la nature et des hommes qu’il racontera si souvent devant sa caméra. Au détour d’un chemin, il rencontre un personnage qui changera sa vie : D.W. Griffith (…) » [dvdclassik.com 2003]

Vincente Minnelli, Tous en scène (J.-C. Lattès, 1981, 406 p. réédition Ramsay poche cinéma 1985)

« Judy Garland, sa femme et Liza Minnelli, sa fille, Fred Astaire, Gene Kelly, Cyd Charisse, Kirk Douglas, Leslie Caron, Frank Sinatra, Robert Mitchum, Elizabeth Taylor, Barbara Streisand… Ils sont tous en scène dans cette autobiographie du brillant créateur de Ziegfeld Follies, Un Américain à Paris, Tous en scène, Gigi, les comédies musicales les plus surprenantes d’Hollywood. Mais Minnelli, c’est aussi Les Ensorcelés, Comme un torrent et Les Quatre Cavaliers de l’Apocalypse, La Vie passionnée de Vincent Van Gogh, œuvres d’un cinéaste inspiré et lucide qui nous livre ici quelques-uns des secrets de son art. » [note de l’éditeur]

 

Roberto Rossellini, Fragments d’une autobiographie (Ramsay, 1987, 198 p.)

« Dans cet ouvrage autobiographique, Roberto Rossellini retrace son itinéraire d’homme et de cinéaste, s’affirmant sans cesse comme un esprit libre et indépendant, en marge de tout système. Rossellini meurt le 3 juin 1977, laissant son travail d’écriture inachevé. » [Note de l’éditeur]

 

 

 

Otto Preminger, Autobiographie (J-C Lattès, 1981, 221 p. réédition Ramsay poche cinéma, 1988)

« Récit de la vie du réalisateur américain (1906-1986). Contraint de s’exiler en 1934 aux Etats-Unis, il travaille comme un forcené pour conquérir Hollywood et trouve le succès grâce à Laura, un polar psychologique. » [Note de l’éditeur]

 

John Huston, John Huston par John Huston (Pygmalion, 1982, 382p.)

Né en 1906, John Huston est le dernier « géant » d’Hollywood. Un Hollywood où le conduisit sa vie errante de boxeur, puis de scénariste.  Fils de l’acteur Walter Huston d’origine irlandaise, John Huston s’impose dès son premier film « Le Faucon Maltais ». Dès lors il va courir le monde, collectionner les aventures et les femmes, engager les stars les plus célèbres – Elizabeth Taylor, Marilyn Monroe, Humphrey Bogart, Katherine Hepburn, Clark Gable – interpréter lui-même des petits rôles et tourner une quarantaine de films. Le Trésor de la Sierra Madre – Quand la ville dort – African Queen – Moulin Rouge – Les Désaxés – Reflets dans un oeil d’or…, la liste est longue de films prestigieux. La vie de John Huston est un roman. Ayant réuni ses inénarrables souvenirs, il les « parle » avec un sens aigu du pittoresque, une franchise parfois surprenante et un humour caustique qui n’appartient qu’à lui.

Samuel Fuller, Un troisième visage (Alia, 2011, 682 p.)

L’histoire de Samuel Fuller (1912-1997) est à elle seule une Histoire du XXe siècle. Au moment de la crise de 1929, ce fils d’immigrants juifs est le plus jeune journaliste de New York affecté aux affaires criminelles. Il écrit ensuite des romans inspirés de faits d’actualité, tel Burn, Baby, Burn, puis des scénarios pour le cinéma. En 1941, il s’enrôle dans la Ire division d’Infanterie, la Big Red One. De l’Afrique du Nord à la Sicile, des plages de Normandie jusqu’en Allemagne, Fuller livre une véritable et bouleversante leçon d’histoire. Cet anticonformiste fait ensuite une entrée fracassante dans le cinéma, avec J’ai tué Jesse James, Le Port de la drogue, Les Bas-fonds new-yorkais ou encore Shock Corridor, tandis que l’expérience éprouvante de la guerre donnera lieu à l’un de ses plus grands films, Au-delà de la gloire. Des premières images qu’il ait filmées – la libération du camp de Falkenau – jusqu’à sa dernière réalisation pour le cinéma, Sans espoir de retour, Fuller témoigne des difficultés qu’il rencontre pour défendre une vision personnelle, dévoile les dessous d’Hollywood, les amitiés qu’il noue, aussi bien avec les grands producteurs des années 1950 qu’avec de jeunes cinéastes comme Martin Scorsese, Jim Jarmusch ou Quentin Tarantino. » [Extrait de la présentation de l’éditeur]

Elia Kazan, Une vie (Grasset, 1989, 810 p.)

« Pour tous ceux qui, éblouis, ont aimé Un tramway nommé Désir ou Sur les quais, Elia Kazan est le dernier mythe vivant du rêve américain et de son cinéma, de ses légendes. Pourtant, ce Grec d’Anatolie arrivé aux Etats-Unis à l’âge de quatre ans, n’est pas un mythe simple. Dans cette autobiographie, on découvrira à la faveur d’une terrible lucidité, son goût pour l’ambiguïté, dont il s’est fait une étrange réputation. Une vie raconte aussi comment, dans les années trente, Elia Kazan devint membre du Parti communiste. Mais, bien vite, il en démissionne et, lorsque McCarthy déclare ouverte la chasse aux sorcières, Kazan accepte de témoigner devant la Commission des activités antiaméricaines. Beaucoup de ses amis ne lui pardonneront jamais et l’on attendait, sur ce sujet, ses aveux les plus graves. Aujourd’hui, Elia Kazan, cet homme pétri de contradiction et de générosité, révèle ce que furent vraiment ses « revirements » politiques, ses relations avec ses trois épouses, la genèse de ses films. Sous sa plume, c’est la résurrection de Hollywood, avec ses fantômes glorieux, de Zanuck à James Dean, de Marlon Brando à Sam Spiegel ou Vivien Leigh. » [Présentation de l’éditeur]

Igmar Bergman, Laterna magica (Gallimard, 1987, 333 p. réédition poche Folio 2001)

« Lorsque Bergman jette, comme ici, un regard sur sa vie, c’est un homme profondément marqué par une éducation rigide et par une imagination débordante qui parle. Mais c’est surtout un homme de spectacle : à la fois directeur de théâtre et réalisateur de films, il a vécu dans la fièvre, entre moments de grâce et échecs. Il s’exprime sans complaisance dans ses jugements, qu’il s’agisse d’inconnus, de vedettes – telles que Laurence Olivier, Greta Garbo ou Herbert von Karajan, avec qui il a travaillé -, ou de lui-même. Mémoires, ou plutôt antimémoires, « confessions » modernes, ce livre témoigne de blessures et de crises, mais aussi de rêves et de bonheurs, et il foisonne de souvenirs d’un étrange rayonnement. » [4ème de couverture]

Dino Risi, Mes monstres : mémoires (Fallois, 2014, 252 p.)

« Qui ne connaît Dino Risi ? Auteur de films cultes comme Le Fanfaron (Il sorpasso) et Parfum de femme, qui immortalisèrent Vittorio Gassman, il fut le maître de ce genre que l’histoire du cinéma retiendra sous le nom de « comédie italienne ». Dans cette confession autobiographique qui se place sous le signe des « Monstres » et des « Nouveaux Monstres », galerie de personnages de l’Italie de l’après-guerre cyniques, Risi se révèle être l’égal des Sordi, des Tognazzi, des Mastroianni et des Gassman qu’il mit en scène dans toute leur humanité, dans toute leur italianité. Des monstres d’égoïsme, certes, mais tellement humains, tellement vivants. On rencontre le Tout-Rome du cinéma dans ces pages, c’est-à-dire le monde entier, au cours de ces glorieuses décades que furent les années cinquante, soixante et soixante-dix. Acteurs et actrices, producteurs, cinéastes, les héros sont italiens, français, américains, suédois. Et le miracle a lieu. Tous ces personnages, comme leurs spectateurs, sont issus de tous les milieux et c’est pour cette raison que le public les a suivis : parce qu’il se reconnaissait dans ses héros, parce qu’il s’identifiait à eux. Drôle, émouvant, profond, léger, subtil, sensuel, Risi ne lasse jamais son lecteur : il lui fait comprendre, en grand narrateur, à quel point il lui est proche (…) » [présentation de l’éditeur]

Akira Kurosawa, Comme une autobiographie (Le Seuil, 1985, 223 p., réédition poche Cahiers du cinéma 1997)

« Akira Kurosawa, l’auteur de Rashomon, des Sept samouraïs, de Kagemusha, de Ran, raconte sa vie d’enfant, de jeune homme, puis de cinéaste débutant dans le Japon de l’ère Taisho (1912-1926), de la guerre et de l’après-guerre. Ce livre est d’un intérêt capital, non seulement pour mieux connaître l’un des plus grands cinéastes japonais, les événements qui l’ont marqué, ses influences, sa conception du cinéma et ses techniques de travail, mais aussi pour comprendre de l’intérieur l’histoire et le fonctionnement d’un des cinémas les plus importants au monde : le cinéma japonais. » [Note de l’éditeur]

Mickael Powell, Une vie dans le cinéma (Acte Sud, 1997, 832 p.)

« Réalisateur vénéré de Martin Scorsese, Jean-Pierre Melville, John Boorman et Bertrand Tavernier, Michael Powell (1905-1990) est l’auteur du Voyeur, de Colonel Blimp, du Narcisse noir et des Chaussons rouges. Un demi-siècle de cinéma est évoqué dans ces mémoires étincelantes où se révèle un portraitiste hors pair (Selznick, Churchill, Hitchcock) doublé d’un admirable écrivain. Enfin publié en France, Life in Movies, l’une des meilleures autobiographies écrites par un metteur en scène, est plus qu’un grand texte sur le cinéma : tout simplement un grand livre. »

 

Mickael Powell, Million Dollar Movie : Une vie dans le cinéma tome 2 (Acte Sud, 2000, 768 p.)

« Dans cette deuxième partie de son autobiographie, préfacée par le fidèle Martin Scorsese, Michael Powell, un des grands maîtres du cinéma du XXe siècle, parle de ses films importants – ceux qui ont fait sa gloire (Les Contes d’Hoffmann) et ceux qui ont provoqué sa chute (Le Voyeur). »

 

Roman Polanski, Roman (Robert Laffont, 1984, 496 p.)

« Grand cinéaste ou play-boy international, victime ou viveur ? Qui est Roman Polanski ? La presse mondiale l’a traité de tout et son contraire. Pour la première fois, le génial réalisateur du Bal des Vampires s’est décidé, nous dit-il, « à mettre sur le papier ce que je crois être ma vérité ». Il le fait sans détour, révélant, avec un luxe de détails fascinants, la mosaïque de son existence. C’est tout le roman de sa vie que Polanski nous raconte tel qu’il l’a vécu: son enfance dans une Pologne occupée par les nazis, ses débuts d’enfant comédien, ses études à la prestigieuse école du cinéma de Lodz, la réalisation du Couteau dans L’Eau, puis l’Ouest, la vache enragée à paris, les laborieux débuts londoniens, la brillante réussite américaine que viendra interrompre la tragédie de l’assassinat de Sharon Tate, l’arrestation de Roman Polanski pour détournement de mineure en 1977 à Los Angeles et sa nouvelle carrière en France. » [Note de l’éditeur, 1986].

William Friedkin, Friedkin Connection : les mémoires d’un cinéaste de légende (La Martinière, 2014, 640 p.)

« Avec des films aussi fondamentaux que L’Exorciste et The French Connection, William Friedkin s’est assuré une place parmi les géants du cinéma. Rédigé par le réalisateur lui-même, Friedkin Connection est un autoportrait sans concessions d’un réalisateur hors-normes. Né en 1935 à Chicago, William Friedkin est un réalisateur, scénariste et producteur de films. Plusieurs de ses films, comme French Connection (1971, Oscar du Meilleur réalisateur 1972) et L’Exorciste (1973) sont considérés comme des classiques du cinéma américain, des œuvres emblématiques de ce qu’on a appelé le « Nouvel Hollywood ». En 2012, il fait un retour remarqué avec Killer Joe. En 2013, il reçoit à la Mostra de Venise un Lion d’or pour l’ensemble de sa carrière. » [Note de l’éditeur]

Jean-Jacques Beineix, Les Chantiers de la gloire (Fayard, 2006, 835 p.)

« Pourquoi écrivez-vous vos mémoires, vous êtes si jeune ! » Pourquoi ne pas le faire quand on en a encore une ? (…) J’ai écrit ce livre pour rendre plusieurs hommages, embrasser de jolis souvenirs, évoquer mon amour du cinéma, des femmes, et me payer quelques belles têtes de veaux. En l’espace d’un clap, je suis passé du Cinéma de Papa aux autoroutes de l’information. J’ai tenu à donner ma version. On en retiendra ce que l’on voudra. J’ai un pied dans la galaxie Gutenberg et un autre dans celle de l’oncle Pixel. Je voudrais laisser un manuel d’exercice de la mise en scène de cinématographe à tous les jeunes innocents qui passent le bac ciné… Ils ne pourront pas dire qu’on ne les a pas avertis. » Le livre de Jean-Jacques Beineix n’est pas seulement le récit d’une carrière. C’est un manifeste en faveur d’un certain cinéma, inventif, exigeant. Un cinéaste raconte la naissance de sa vocation et, sans rien en cacher, la véridique histoire de la préparation, du tournage et de la réception publique de chacun de ses films. Ici, pour Diva et pour La lune dans le caniveau jusqu’à la veillée d’armes mouvementée de 37°2 le matin (…) ».

+ Quelques autres : Sacha Guitry, Le Cinéma et moi (Ramsay, 1977), Alexandre Astruc, Le montreur d’ombres : mémoires (Bartillat, 1996), Marcel Ophuls, Mémoires d’un fils à papa (Calmann-Levy, 2014), Jean-Pierre Mocky, La Longue marche (Ecriture, 2014), Yves Boisset, La vie est un choix (Plon 2011), Franco Zeffirelli, Portrait d’un homme du siècle (Belfond, 1991), Chantal Akerman, Ma mère rit (Mercure de France, 2013), Robert Hossein, Tout ce que je n’ai pas oublié (Le Cherche-Midi, 2013).

+ Quelques ouvrages en langue anglaise non-traduits à ce jour :

Fun in a Chinese Laundry :  An Autobiography de Joseph Von Sternberg (1973), A Mad, Mad, Mad, Mad World : A Life in Hollywood de Stanley Kramer (1997), Double Vision : My Life in Film d’Andrzej Wajda (1989), How I Made A Hundred Movies In Hollywood and Never Lost a Dime de Roger Corman (1990), Show Me The Magic : My Adventures in Life and Hollywood de Paul Mazurky (1999), A British Picture : An Autobiography de Ken Russell (2008), Adventures Of A Suburban Boy de John Boorman (2004), Voices in the Mirror: An Autobiography de Gordon Parks (1990), Shock Value: A Tasteful Book About Bad Taste de John Waters (2005).

RD 2014

 

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