High School Confidential (Jeunesse droguée, Jack Arnold, 1958)

Couverture de Teen-Age Terror, 1958 (illustration de James Meese) [domaine public]

Couverture de Teen-Age Terror, 1958 (illustration de James Meese) [domaine public]

Si, comme moi, vous aimez les fabuleuses fifties, celles d’Elvis, des soda shops, des juke-box et des drive-in, j’ai trouvé le film qu’il vous faut. Réalisé par le talentueux Jack Arnold, spécialiste de la série B hollywoodienne avec des pépites comme les cultissimes L’Étrange créature du lac noir (1954), Tarantula ! (1955) ou encore L’Homme qui rétrécie (1957), Arnold se lance en 1958 dans le teen-movie avec cet étonnant High School Confidential qui raconte l’ascension d’un lycéen tête-brûlée dans les rouages du trafic de drogues. Il faut dire que le thème est porteur. Après les succès de L’Equipée sauvage (1954), de Graine de violence (1955) et de La Fureur de vivre (1955), tout le monde se met à produire des fictions sensationnalistes sur la “délinquance juvénile”, à commencer par les indépendants, parmi lesquels Roger Corman. Citons notamment Teenage Crime Wave (Columbia, 1955), The Violent Years (1956), Reform School Girl (1957), Young and Dangerous (Fox, 1957), Teenage Doll (1957), The Delinquents (UA, 1957), Girl on the Loose (1958), Dangerous Youth (Warner, 1958), Live Fast, Die Young (1958), High School Hellcats (1958), Dragstrip Riot (1958), High School Caesar (1960)…

Je ne crois pas me tromper en affirmant que ce High School Confidential figure parmi les meilleurs de la série, devant par exemple The Violent Years ou High School Caesar pourtant convaincants, et ce pour maintes raisons que voici :

– Le film commence (fort) sur le tube éponyme “High School Confidential” interprété par un Jerry Lee Lewis himself perché avec son groupe à l’arrière d’un camion-plateau paradant devant le lycée,

– Le méchant parrain de la drogue “Mister A” est interprété par le quinquagénaire Jackie Coogan, le gosse du Kid de Chaplin (à noter que Charles Chaplin Junior interprète aussi un petit rôle dans le film),

– Le scénario réserve de belles surprises (mais je n’en dirai pas plus…),

– On y parle de marijane et d’héroïne (chose très rare dans le cinéma hollywoodien de l’époque, ce qui d’ailleurs suscita une petite polémique à la sortie du film)

– High School Confidential préfigure dans son thème des productions récentes comme 21 Jump Street, Donnie Brasco ou Les Infiltrés

– Russ Tamblyn qui interprète le rôle principal (et que l’on croisera par la suite dans West Side Story) affiche une cool-attitude du tonnerre, et même s’il semble en faire un peu trop au début, on comprend par la suite que c’est son rôle qui veut ça (mais je n’en dirai pas plus…)

– L’ensemble de la réalisation est soigné – on reconnaît là le savoir-faire du vétéran Arnold (en même temps c’est aussi un film hollywoodien donc bien mieux produit que la plupart des exploitations films indépendants et fauchés),

– Enfin les filles (toutes blonde platine façon Marilyn – à l’exception notable d’une beatnick aux cheveux noirs de jais) affichent un sex-appeal étonnant pour l’ère Eisenhower – en particulier le sulfureuse Mamie Van Doren torride dans son rôle de “tante” plantureuse et délaissée.

Voilà, avec tout ça vous n’avez plus d’excuse de ne pas voir High School Confidential. Ah si… Le DVD n’existe qu’en import zone 1.

© RD2010

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