Noirs et Blacks au cinéma : regards croisés France/Etats-Unis

Aïssa Maïga en 2007 à Cannes (ph. Mireille Ampilhac) [CC BY-SA 2.0]

Aïssa Maïga en 2007 à Cannes (ph. Mireille Ampilhac) [CC BY-SA 2.0]

« Aux Etats-Unis, Halle Berry, Will Smith et Denzel Washington trônent au sommet du box-office. Et en France ? Pourquoi si peu de Noirs au cinéma ? » s’interroge en 2008 Olivier De Bruyn sur le site Rue89 dans son article «Cinéma français : où sont les Noirs ?» [1]. Ailleurs une internaute met au défi ses concitoyens français de pouvoir citer dix noms d’acteurs noirs hexagonaux alors qu’il est si facile d’en nommer des dizaines d’américains [2]. C’est un fait, le traitement de la question noire de ce côté-ci de l’Atlantique repose très souvent sur une comparaison avec l’exemple étasunien – et ceci encore plus depuis l’élection de Barack Obama qui rend d’autant plus flagrant le contraste. Ne citons encore pour exemple que cet article paru dans Le Monde en 2008 et intitulé « ”La question noire” française au miroir américain » [3]. C’est d’ailleurs un même esprit comparatiste qui anime les travaux de l’américaniste Pap N’Diaye dans son ouvrage de référence La condition noire en France : essai sur une minorité française (2008). Qu’en est-il donc de l’image des Noirs en France au regard de leur place dans le cinéma hollywoodien ? Des acteurs noirs français invisibles

C’est un fait vérifiable par tous, les acteurs afro-américains sont beaucoup plus présents sur les écrans que les Noirs français qui demeurent, disons-le, relativement invisibles – hormis quelques visages familiers : Omar Sy, Pascal Légitimus, Mouss Diouf, Firmine Richard et Aïssa Maïga pour aller vite. Ne comparons que les Oscars et les Césars :

14 prix d’interprétation pour les Noirs américains dont 12 au cours des 30 dernières années [4]. Côté Césars… un seul prix, et encore pour un acteur non-français dans la catégorie « meilleur espoir » (Isaac de Bankolé en 1987 pour Black Mic-Mac) avant bien sûr qu’Omar Sy ne remporte le César du meilleur acteur en 2012 pour Intouchables. Pour autant, et malgré ce rattrapage aussi spectaculaire que tardif, les Noirs césarisés ne représentent encore que 0,9 % des prix d’interprétation décernés depuis la création des César en 1976 ! [5] Un décalage qui en dit long, à telle enseigne que les «Césaire», cérémonie de remise de « Césars noirs», ont été inventés pour récompenser les comédiens issus de la diaspora afro-antillaise. « Il y a bien des trophées pour les Blancs, pourquoi n’y en aurait-il pas pour les Noirs ? » expliquait Mouss Diouf à l’occasion de l’édition 2008 [6]. Rappelons que dès 2000, le « collectif Egalité » s’invitait à la 25eme édition des Césars pour dénoncer des écrans définitivement « trop blancs ».

Depuis les choses ont-elles vraiment changé ? De nombreux événements médiatiques ont défrayés la chronique au cours de cette dernière décennie (affaire Dieudonné, affaire Fogiel, loi « Taubira » reconnaissant l’esclavage comme crime contre l’humanité, loi autour des « bienfaits de la colonisation »), attestant incontestablement d’une prise de conscience d’un « problème noir » à la française. Mais force est de constater que les actes concrets tardent quelque peu à se faire sentir. Pourtant le gouvernement s’est fermement engagé depuis les émeutes de banlieues de 2005 d’œuvrer en faveur de la visibilité des minorités dans les médias [7].

Les Noirs en France & aux USA

Avant de nous intéresser de plus près à l’image des Noirs dans le cinéma français comparée à celle des Afro-américains à Hollywood, commençons par mettre en parallèle les deux communautés. En effet, l’un des premiers réflexes pour expliquer ce décalage entre la France et les Etats-Unis sur la question du traitement médiatiques des Noirs et d’invoquer une histoire différente et un « problème » différent. Quel rapport en effet entre les Noirs d’ici et ceux de là-bas?

Ainsi, d’aucuns diront pour commencer qu’aux Etats-Unis la communauté noire représente 12 % de la population totale contre seulement 4 % en France [8]. Soit, encore que d’après les auteurs du Paris Noir (2001), les Afro-antillais représenteraient aujourd’hui « près de deux Parisiens sur dix » soit 20 % des habitants de la capitale (où, soit dit en passant, se tournent la plupart des films français). Selon eux, Paris se serait « fortement métissée en un peu plus d’un siècle, au point que la proportion de sa population “noire” et “métisse” rivalise avec celle de certaines métropoles américaines » [9].

Deuxième argument souvent invoqué (par les acteurs noirs eux-mêmes parfois [10]), l’hétérogénéité de la communauté afro-caribéenne en France, constituée d’un côté de Domiens (Antillais, Guyanais et Réunionnais) et de l’autre d’Africains plus ou moins récemment immigrés et de leurs descendants. Soit, on est bien d’accord pour dire que le vécu, l’histoire et la culture des uns et des autres n’est pas la même. Mais ce serait oublier qu’aux USA non plus la communauté noire n’a jamais constitué un bloc homogène. Sidney Poitier par exemple est originaire des Bahamas, Isaac de Bankolé (Ghost Dog, Miami Vice, Casino Royal) est ivoirien de naissance et Djimon Hounsou (Amistad, Gladiator, Blood Dimaond) est né au Bénin. Quant à Amadou Diallo, mort sous les balles de policiers dans le Bronx en 1999, il est aussitôt devenu, à l’instar de Rodney King, le symbole du racisme policier pour tous les Noirs américains, bien qu’il soit originaire d’Afrique et qu’il résida aux USA depuis seulement trois ans. N’en fut-il pas de même pour Nafissatou Diallo dans l’affaire DSK ? Par ailleurs entre Noirs du Sud vivant sous le joug de la ségrégation et Noirs « libres » du Nord la différence aussi était importante. Sans compter les clivages de classes, de castes et de religions. Pour autant tous avaient bien conscience de partager le même sort au moment de lutter pour leurs droits civiques. En France il en est de même, la “minorité noire” « forme objectivement une population extraordinairement éclatée, que n’unit aucune “communauté de conscience” sinon le sentiment souvent passif d’une appartenance “raciale” commune à laquelle le miroir de la société française la renvoie » (Fred Constant) [11]. Autrement dit, comme le relève Pap N’Diaye, le terme de minorité noire est justifié dans le « sens où il circonscrit un groupe de personnes unies par l’expérience sociale d’être considéré comme noir » [12]. Qui niera que face à l’antisémitisme Ashkénazes et Séfarades partagent le même sort ?

Leopold Sedar Senghor en 1987 (ph. photo Erling Mandelmann [CC BY-SA 3.0]

Leopold Sedar Senghor en 1987 (ph. photo Erling Mandelmann [CC BY-SA 3.0]

Enfin dernier argument, l’Histoire. Bien sûr que celle des Noirs d’Amérique n’est pas la même que celle des Afro-antillais français. Mais est-elle si différente en définitive lorsqu’il s’agit de racisme ? Le concept de « négritude » et le combat intellectuel mené par Senghor et Césaire dans l’après-guerre est-il si différent de celui mené aux USA par les Wright, Baldwin, Malcolm X ou Martin Luther King ? Et les luttes anticoloniales ne sont-elles pas à rapprocher de la lutte pour les droits civiques et contre la ségrégation datant de la même époque ? Enfin, n’oublions pas que la France a aussi pillé, massacré, déporté et exploité les Noirs africains plusieurs siècles durant et qu’elle a bâti sa puissance sur l’esclavage et la colonisation. Rappelons quand même que notre pays a aussi gagné les deux Guerres mondiales contre l’Allemagne grâce aux richesses de ses colonies. Et finalement, les Français noirs, qu’ils aient eu un ancêtre esclave ou tirailleur, qu’ils soient aujourd’hui Antillais ou d’origine africaine, n’ont-ils pas à subir le même sort en France métropolitaine ? Ne doivent-ils pas pareillement supporter une même discrimination liée à cette idée bien tenace et pourtant ô combien archaïque que pour être français il faut être blanc ? Rappelons que d’après une étude datant de 2007, 56% des Français noirs se sentent discriminés [13].

L’exemple hollywoodien

Le « problème noir » français ne serait ainsi pas si différent de celui des Noirs d’Amérique. Et j’en veux pour preuve la façon dont plusieurs films évoquant (même partiellement) la question noire s’inspirent directement ou non, consciemment ou pas, de productions américaines. Le meilleur exemple, éminemment symbolique, est celui de Tropiques amers (2007), feuilleton en six épisodes évoquant l’esclavage en Martinique réalisé par le guadeloupéen Jean-Claude Barny et diffusé sur les chaînes françaises exactement trente ans après la célèbre série Racines aux USA qui évoquait elle aussi l’esclavage. L’une comme l’autre de ces productions, en plus de promouvoir un riche casting noir et un récit d’une solide densité dramatique, poursuivent le même but : (re)donner au peuple noir de la diaspora africaine une histoire, une mémoire et une fierté identitaire. Ici comme là, le propos se veut sans concession envers « l’Institution particulière » et la responsabilité des Blancs, mais aussi sans manichéisme. Racines remporta un énorme succès d’audience, sans précédent, et permit aux Afro-américains de se réconcilier définitivement avec leurs racines africaines. Un cas d’école américain qui, espérons-le, aura les mêmes effets ici [14]. Autre exemple frappant de mimétisme, Métisse (1993) premier film de Mattieu Kassovitz qui ressemble comme deux gouttes d’eau au Nola Darling n’en fait qu’à sa tête (She’s Gotta Have It, 1986) premier film de Spike Lee dont, manifestement, Kassovitz était fan. Pour ceux qui auraient un doute, rappelons que dans les deux cas il s’agit de l’histoire d’une jeune femme noire (Nola / Lola) décidée à choisir celui qui parmi ses amants partagera dorénavant sa vie. La Haine (1995) n’est d’ailleurs pas non plus sans rappeler Do The Right Thing (S. Lee, 1989) notamment dans le fait que les deux histoires se déroulent sur vingt-quatre heures et évoquent des émeutes de quartiers.

Spile Lee (Cannes, 1999, photo Danny Norton, CCA2.0)

Spile Lee (Cannes, 1999, photo Danny Norton, CCA2.0)

On pourrait ainsi multiplier les exemples. Lumumba (2000) du Haïtien Raoul Peck (coproduction et acteurs français) occupe indubitablement le même terrain que Malcolm X de Spike Lee (1992), celui de la célébration d’une figure historique des années 60 sacrifiée sur l’autel de la déségrégation/décolonisation, en empruntant le même souffle épique et tragique et les mêmes qualités de réalisation et d’interprétation. Aliker (2009) du réalisateur d’origine martiniquaise Guy Deslauriers, évoquant le destin tragique d’un journaliste engagé en Martinique dans les années 30, joue sensiblement sur la même corde. Citons aussi les similitudes entre 1802 l‘épopée guadeloupéenne du pionnier guadeloupéen Christian Lara (2005) qui évoque la résistance désespérée de Louis Delgrès contre les armées Napoléoniennes venues rétablir l’esclavage aux Antilles et Glory d’Edward Zwick (1989) qui retrace la lutte, tout aussi vaine, des volontaires noirs du 54e régiment du Massachussetts durant la guerre de Sécession. N’y a-t-il pas aussi dans La Première Etoile (2008) du Martiniquais Lucien Jean-Baptiste un quelque chose du Cosby Show revu façon Rasta Rockett (1993) ? Dernier exemple, celui d’Agathe Cléry d’Etienne Chatillez (2008) qui fait étrangement penser au premier film hollywoodien de Melvin Van Peebles Watermelon man (1970) dans lequel un homme blanc se réveillait noir du jour au lendemain. N’est-ce pas à dire que les mêmes problématiques – pour ne pas dire les mêmes fantasmes et phobies – travaillent les sociétés française et étasunienne ?

Un bilan mitigé…

Oui les choses changent, mais lentement. Oui les tabous tombent peu à peu et certains sujets jusqu’alors bannis du cinéma français trouvent les moyens d’être portés à l’écran. L’esclavage notamment avec Le Passage du milieu (1999) de Guy Deslauriers, 1802 l‘épopée guadeloupéenne (2005) de Christian Lara et Case Départ (2010) de Thomas Ngijol et Fabrice Eboué. La période (pré)coloniale aussi avec Man to man (Régis Wargnier, 2005) ou La Venus Noire (Abdellatif Kechiche, 2009). Mais aussi la condition actuelle des immigrés africains et de leurs enfants avec par exemple La squale (Fabrice Genestal, 2000), L’Afrance (Alain Gomis, 2001) ou Aide-toi, le ciel t’aidera (2008) de François Dupeyron. Ou encore le sort des jeunes Antillais condamnés au chômage (Nèg Maron de Jean-Claude Barny, 2004). Et puis bien sûr des films plus légers comme Antilles sur Seine (2000) de Pascal Légitimus ou La Première Etoile (2008) de Lucien Jean-Baptiste. Soit, des progrès ont donc été fait, mais avec combien d’années de décalage par rapport aux Etats-Unis !

Lucien Jean-Baptiste en 2016 (ph. Georges Biard) [CC BY-SA 3.0]

Lucien Jean-Baptiste en 2016 (ph. Georges Biard) [CC BY-SA 3.0]

Qui plus est, la plupart de ces films connaissent un succès relativement confidentiel comparé là encore aux films noirs américains. Surtout, certaines maladresses en disent long sur le retard français. En témoigne la petite polémique qui entoura la sortie du film L’Autre Dumas (2009) de Safy Nebbou avec Gérard Depardieu. Ecoutons Patrick Lozès (fondateur du CRAN) qui écrit sur son blog : « Alexandre Dumas se décrivait lui-même dans ses Mémoires comme un « nègre aux cheveux crépus » qui parlait « avec un accent légèrement créole ». Le choix de le faire incarner à l’écran par un acteur blanc, Gérard Depardieu, affublé pour l’occasion d’une perruque bouclée et d’une épaisse couche de fond de teint, est incompréhensible et grotesque » et de poursuivre « Imaginerait-on un instant de faire jouer Marguerite Duras par l’actrice noire Aïssa Maïga ou Emile Zola par l’acteur noir Jimmy Jean Louis ? ». Ce qui choque je pense ici c’est effectivement le recours au maquillage – aussi discret soit-il – qui évoque la tradition raciste du « minstrel show » et des « blackfaces » dont Spike Lee dénonça d’ailleurs violemment la logique dans The Very Black Show en 2000. Autre raison de s’offusquer, l’idée relativement répandue il semblerait que les acteurs noirs ne seraient pas « bankable » autrement dit qu’ils n’attireraient pas un large public. Et pourtant il faut bien commencer à un moment. Denzel Washington n’est pas devenu une star multi-oscarisée du jour au lendemain…

Bref, le jour où en France on sera capable de produire l’équivalent d’un film utile comme La Rafle (2010) ou Indigènes (2006) mais qui évoquerait cette fois l’esclavage ou le sort des tirailleurs (à l’image du fameux Camp de Thiaroye du sénégalais Sembene Ousmane sorti en 1988) les choses auront vraiment changé. Si c’est possible pour la minorité maghrébine [15] alors pourquoi pas pour les Noirs ?

Pour finir je dirai qu’il fut un temps où la France, et Paris en particulier, attirait les artistes afro-américains qui venaient chercher ici un havre de paix loin du racisme américain. C’était les années 20, 30, 40, 50. Ils se nommaient Jack Johnson, Joséphine Baker, Sidney Bechet, Richard Wright, Chester Himes, James Baldwin, Melvin Van Peebles… Malheureusement, aujourd’hui c’est l’inverse qui se produit. Le regard des jeunes Français noirs se tourne invariablement vers les Etats-Unis, le-pays-qui-a-élu-un-président-noir – quand ils ne vont pas carrément s’y installer pour faire carrière… Que s’est-il donc passé entretemps ?

Régis Dubois ©2011-2013

Notes

[1] « Cinéma français : où sont les Noirs ? » http://www.rue89.com/2008/11/25/cinema-francais-ou-sont-les-noirs

[2] http://www.forumfr.com/sujet106765-les-acteurs-et-actrices-noirs-au-cinema.html

[3] http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2008/09/20/la-question-noire-francaise-au-miroir-americain_1097584_3222.html

[4] Hattie McDaniel (2nd rôle, 1940), Sidney Poitier, (1er rôle,1963), Louis Gossett Jr. (2nd, 1983), Denzel Washington (2nd, 1990), Woopie Goldberg (2nd, 1991), Cuba Gooding Jr. (2nd 1997), Denzel Washington (1er, 2002), Halle Berry (1er, 2002), Sidney Poitier (Oscar d’honneur, 2002), Jamie Foxx (1er, 2004), Morgan Freeman (2nd, 2005), Forest Whitaker (1er, 2007), Jennifer Hudson (2nd, 2007), Mo’Nique (2nd, 2010).

[5] 144 prix pour les 1er et 2nd rôles masculins et féminins depuis 1976 et 58  prix des meilleurs espoirs masculins et féminins depuis 1983, soit 2 César « noirs » sur 202. Aux Etats-Unis c’est 15 Oscars « noirs » sur 332 prix d’interprétation depuis 1929, soit 4,5 % des récompenses (statistiques de 2012).

[6] “Des Césars pour les Noirs ? », Causeur.fr, 2008, http://www.causeur.fr/des-cesar-pour-les-noirs,1055

[7] Je songe ici à la création par l’Etat d’une commission « images de la diversité » au sein du CNC destiné à lutter contre les discriminations envers les minorités visibles dans le secteur audiovisuel. 412 œuvres soutenues (dont 128 fictions) entre 2007 et 2010 – parmi lesquelles Indigènes, Entre les murs, La Première étoile, Venus noire – et 12 millions d’euros d’aides distribués (5,5 pour les fictions). Bilan disponible à cette adresse : http://www.lacse.fr/ressources/files/Accueil___new/bilan_diversite2010.pdf

[8] D’après un sondage commandé par le CRAN (Conseil représentatif des associations noires de France) en 2007, il y aurait dans l’hexagone (Départements d’outre-mer compris) un peu moins de 2 millions de Noirs en âge de voter, soit près de 4% de la population française, cf. Falila Gbada Massi « ”Noirs” de France : une étude statistique leur est consacrée pour la première fois », Afrik.com, janvier 2007.

[9] Le Paris noir de P. Blanchard, E. Deroo et G. Manceron, Hazan, 2001, p. 8.

[10] Je pense ici précisément à une remarque du comédien guadeloupéen Greg Germain croisé sur un plateau de télévision et qui disait n’être en rien concerné par le succès de Fatou la Malienne (TV, 2001).

[11] Fred Constant, « Les Noirs en France, anatomie d’un groupe invisible », bondamanjak.com, septembre 2008.

[12] S. Hauteville et Sylvain Pattieu, « La gauche et la “question noire” : entretien avec Pap N’Diaye », Contretemps.eu

[13] « ”Noirs” de France : une étude statistique leur est consacrée pour la première fois », Afrik.com, janvier 2007.

[14] La série Tropiques amers (2007) diffusée par France 3 fut un succès puisqu’elle rassembla entre 4 et 5 millions de téléspectateurs par épisode, soit presque 20 % de parts d’audience (deuxième position des audiences). Pour Racines (chaîne ABC, 8 épisodes, 1977), véritable phénomène inégalé, on a atteint une moyenne de 80 millions de spectateurs par épisode (et jusqu’à 100 millions pour le dernier épisode – presque la moitié de la population américaine), soit entre 60 et 70% de parts d’audience (source : Wikipedia US).

[15] La percée des enfants de Maghrébins dans le cinéma français est manifeste ces dix dernières années. En témoigne les Césars : meilleur film et meilleur réalisateur pour Abdellatif Kechiche en 2005 (L’Esquive) et 2008 (La Graine et le mulet) ; meilleur acteur et meilleur espoir masculin pour Tahar Rahim en 2010 (Un prophète), meilleur second rôle pour Sami Bouajila en 2008 (Les Témoins) et meilleur espoir féminin pour Rachida Brakni (Chaos, 2002), Hafsia Herzi (La Graine et le mulet, 2008) et Leila Behkti en 2011 (Tout ce qui brille). Récompenses significatives auxquelles il faut bien sûr ajouter le prix d’interprétation décerné au casting d’Indigènes de Rachid Bouchareb à Cannes en 2006 récompensant la fine fleur des acteurs beurs de ces dernières années : Jamel Debbouze, Samy Naceri, Roschdy Zem et Sami Bouajila.

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