Les 10 meilleurs films grindhouse qu’il faut avoir vus avant de mourir !

(Domaine public)

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Voilà, la nouvelle année approche à grands pas et avec elle les bonnes résolutions. Alors faites-moi plaisir, ramenez l’intégrale de Rohmer à la Fnac et optez plutôt pour ces 10 chefs d’œuvre du cinéma d’exploitation made in USA. Parce que ça c’est du septième Art, du cinoche, du vrai, du qui tâche, qui remue et qui secoue, tourné avec des tripes et des corones ! Bref du cinéma populaire comme on l’aime ! Et ça tombe super bien, tous ont été édités en DVD et en zone 2. Alors, que demande le peuple ?

N°10 : Black Caesar / Le Parrain de Harlem (Larry Cohen, 1973) DVD MGM 2004

Parce que Fred Williamson, le mec le plus cool de l’histoire du cinéma bis, y interprète un gangster fracassant à l’image du Scarface de Hawks (1932) dont il est une sorte de remake black, il mérite mille fois de figurer dans cette liste. Et si l’on devait ne retenir qu’une unique scène de ce petit chef-d’œuvre de la blaxploitation ce serait incontestablement celle ou Funky Fred, nouveau parrain de la pègre locale, parade avec arrogance sur la 125e rue de Harlem, encadré de deux porte-flingues au regard encore plus mauvais que le sien, au son de It’s Good to be the King de James Brown. Grand moment d’anthologie !

N°9 : Day of the Woman (Meir Zarchi, 1978) DVD Antartic Video 2008

Parce que ce « Rape & Revenge » est sans aucun doute le meilleur du genre. Parce qu’il a été interdit dans maint pays et appartient aux fameuses « videos nasties ». Parce que Camille Keaton (petite-nièce de Buster) y interprète courageusement et avec talent une jeune femme humiliée puis vengeresse. Parce que le propos dérange tout autant que Les Chiens de paille de Pekinpah (1971) et Délivrance de Boorman (1972) réunis. Et parce que ce film, en dernière instance, est un véritable brûlot anti-machos.

N°8 : Big Doll House (Jack Hill, 1971) DVD Bach Films 2006

Parce qu’il s’agit-là d’un jalon essentiel de l’histoire du film de prison au même titre que Je suis un évadé (M. LeRoy, 1932), Papillon (F.J. Schaffner, 1973) ou Sans rémission (E.J. Olmos, 1991). D’autant que Big Doll House porte en lui les germes des WIP (Women In Prison = films de prisons de femmes) genre dont il est en quelque sorte le prototype qui sera ensuite décliné à toutes les sauces (cf. le nazixploitation Ilsa la Louve des SS en 1975). Parmi ses atouts, une réalisation soignée signée du talentueux Jack Hill, des scènes incroyablement pulp (douche collective, catch dans la boue et pin-up armées de mitraillettes qui fusillent à tout va), mais surtout un casting du feu-de-dieu qui n’a rien à envier à celui portant hautement spicy du Boulevard de la Mort de Tarantino. Et pour relever le tout, en bonus, une chanson-titre des plus groovy (« I’m a Long-time Woman ») interprétée par la monumentale Pam Grier herself !

N°7 : Foxy Brown (Jack Hill, 1974) DVD MGM 2004

Parce que Pam Grier y arbore une afro impeccable et collectionne les tenues les plus stylées de toute la galaxie blax. Parce qu’Antonio Fargas alias “Huggy les bons tuyaux” y interprète un marlou funky doublé d’un frangin lâche à souhait. Parce que le générique est sans doute le plus kitsch et le plus savoureux de toutes les seventies. Parce que Jack Hill est à la réalisation. Parce qu’après avoir été violée, Foxy émascule son agresseur et ramène “la chose” dans un bocal. Parce que, parce que… parce qu’en dernière instance Pam Grier y est tout simplement “afro-disiaque” !

N°6 : Hells Angels on Wheels / Les Anges maudits (Richard Rush, 1967) DVD Lancaster 2009

Parce qu’il figure assurément parmi les meilleurs bikesploitation movies (avec Wild Angels de Corman qui lança le mouvement en 1966) et reste un bel exemple de l’influence du cinéma d’exploitation sur le Nouvel Hollywood à venir (cf. Easy Rider). Parce qu’aussi Laszlo Kovacs en a signé la photographie et que Jack Nicholson y tient l’un des meilleurs rôles de sa période pré-hollywoodienne. Et enfin parce que Richard Rush nous gratifie de scènes quasi-documentaires sur le mode de vie des Hells Angels, avec leurs rites, leurs mœurs et leurs codes, à tel point que le président des Hells, Sonny Barger, considère dans son autobiographie ce film comme le plus proche de l’esprit originel des Anges de l’Enfer. Seul bémol, ce DVD ne dispose malheureusement que d’une VF…

N°5 : The Sadist / Le Sadique (James Landis, 1963) DVD Le Chat qui Fume 2008

Parce qu’avec son personnage de sociopathe psycho-killer boutonneux et déjanté, il incarne en quelque sorte l’anti-teensploitation movie, et que la photographie signée par le débutant Vilmos Zsigmond (futur chef-opérateur de Délivrance, Voyage au bout de l’Enfer, Blow Out…) est à tomber (et quel sens du cadrage !). Sans compter que le scénario ménage plus d’une surprise ahurissante. Inspiré d’une histoire vraie – la cavale meurtrière d’un couple de jeunes américains à la fin des années 50 (celle-là même qui inspirera Terence Mallick pour La Ballade sauvage en 1974) – The Sadist évoque par son thème, sa noirceur, mais aussi par sa superbe photographie noir et blanc, l’œuvre d’un Russ Meyer au meilleur de sa forme (Motor Psycho) et surtout les pires psychopathes à venir du cinéma américain, à commencer par Les Tueurs de la lune de miel (1969) de Leonard Kastle. L’étape suivante ne sera franchie qu’avec Massacre à la tronçonneuse (1974) de Tobe Hooper.

N°4 : The Intruder / L’Intrus (Roger Corman, 1962) DVD Bach Films 2005

Parce que c’est sans doute le film le plus personnel de Corman (et le seul qui ne lui rapporta pas d’argent) et parce qu’il est tout simplement unique et précieux, pas seulement pour la qualité de sa mise en scène ni pour son interprétation (Shatner – futur capitaine Kirk de Star Trek – y est impressionnant de couardise) mais surtout par son sujet brûlant qui évoque avant tout le monde la question de la lutte des Noirs dans le Sud, et avec quelle clairvoyance et maestria ! On comprend qu’avec le recul, The Intruder demeure le film dont Corman reste le plus fier.

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N°3 : Faster Pussicat ! Kill ! Kill ! (Russ Meyer, 1965) DVD Pioneer 2000

Parce que c’est sans doute le film le plus célèbre de toute l’œuvre de Russ Meyer qui s’impose ici comme une référence incontournable du cinéma américain des sixties, tant par son univers si caractéristique que par son style éminemment personnel qui n’en finira pas de faire des émules, de John Waters à Quentin Tarantino. Pour ce faire, Meyer s’est appuyé sur la solide interprétation de pin-up vénéneuses paradant devant de rutilants bolides sur fond de no man’s land brûlé par le soleil évoquant tout à la fois la fin du monde (Mad Max) et les paysages westerniens de l’âge d’or. Ne restait plus alors qu’à cadrer le tout sous les meilleurs angles, ce que Meyer fit à merveille. Au final, le cinéaste dépeint avec pas mal de cynisme une comédie humaine bien sordide où les personnages s’avèrent tous aussi malsains les uns que les autres : vamp SM, nympho écervelée, lesbienne refoulée, vieux pervers violeur de jeunes filles, chippendale abruti… Un objet cultissime, indiscutablement.

N°2 : Night of the Living Dead / La Nuit des morts-vivants (George A. Romero, 1968) DVD Wild Side Vidéo 2010

Parce qu’il demeure encore, plus de 40 ans après sa réalisation, toujours aussi exceptionnel : par son sens du cadrage, sa superbe photographie noir et blanc, la justesse de son interprétation, son symbolisme et son scénario d’une richesse inépuisable… Romero, jusqu’alors parfaitement inconnu, ouvre ainsi dans l’histoire du cinéma une brèche béante et invente à lui tout seul un nouveau genre : le film de zombies – dont on ne compte plus la descendance (jusqu’aux récents 28 jours/semaines/mois plus tard). Prouesse d’autant plus remarquable qu’au passage le cinéaste enrichie son film de commentaires politiques particulièrement lucides (sur la couverture médiatique de la guerre du Vietnam ou le racisme amérikkkain). Un pur chef-d’œuvre !

“And the winner is…”

N°1 : Carnival of Souls / Le Carnaval des âmes (Herk Harvey, 1962) DVD Wild Side Vidéo 2010

Tout simplement parce que ce film est une tuerie dont on ne sort pas indemne, basé sur un scénario qui invente et enterre tout à la fois ceux, pourtant géniaux, d’un Night Shyamalan, c’est dire ! Un truc carrément envoûtant situé à mi-chemin entre Répulsion de Polanski (1965) et La Nuit des morts vivants de Romero (1968), bourré de qualités et carrément inventif parce que tourné avec trois fois rien (30 000 $, une pacotille) par un illustre inconnu… Mais difficile d’évoquer davantage ce petit chef-d’œuvre obsédant sans en déflorer toute la beauté et tout le mystère…

Ne vous reste donc plus qu’à courir chez votre marchant de DVD le plus proche et… dépenser toutes vos étrennes !

Bonne année !

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