L’identité de gauche au cinéma (ta #32)

Bonne nouvelle ! La dernière livraison de la revue Tausend Augen (T.A. pour les intimes) vient de paraître et – attention ! – c’est que du très très bon. Au programme une réflexion sur l’identité de Gauche au cinéma à travers une quinzaine d’articles et d’entretiens particulièrement décapants et habilement nourris des dernières réflexions cultural et gender studies.

Extrait de l’avant-propos : “Face à l’impuissance politique de la gauche française de ce début du 21ème siècle qui n’arrive plus à s’imposer comme une force intellectuelle de changement animée par des visions d’avenir, il nous a semblé primordial – sans pour autant limiter notre approche au contexte français – de consacrer un dossier à ces productions culturelles et propositions théoriques traversées par une pensée dite de gauche. Textes critiques et entretiens sont l’occasion d’aborder quelques lieux où s’inscrivent des imaginaires de gauche. A travers réalisations cinématographiques et télévisuelles contemporaines, il s’agit pour Tausend Augen d’analyser les postures intellectuelles qui informent ces imaginaires, de revenir sur leurs points aveugles, leur rapport aux “minorités visibles”, leurs conceptions des identités de genres. Nous tentons d’interroger les impasses de certaines perspectives critiques de gauche face à la complexité du monde réel et des rapports de force (entre genres, races, classes) qui l’anime (….) In fine, il s’agit également d’entrevoir les lieux d’une possible rénovation des imaginaires de gauche, supports d’une reconquête des devenir sociaux”.

Au sommaire :

  1. La République lave plus Blanc : Indigènes, aux sources de l’identité nationale (Mehdi Derfoufi)
  2. « Ma mère est black, mon père est noir et je suis un homme de couleur »: performances individuelles, performances collectives de la race dans le Jamel Comedy Club (Nelly Quemener)
  3. « Comment tirer parti de la culture du pouvoir acquise à travers le SM ? »: entretien avec Marie-Hélène Bourcier (Mehdi Derfoufi et Jean-Marc Génuite)
  4. Expression de la race et de la classe dans une analyse « postcoloniale »: l’exemple de Paris Couleurs (Justine Ylargnin Bazie)
  5. « Si vous êtes tellement révolutionnaires, anti-establishment et tout, vous devriez être capables d’accepter l’idée qu’on puisse être homosexuel, bisexuel et même transgenre »: entretien avec Bruce LaBruce et Jürgen Brüning (Pierre-Emmanuel Finzi)
  6. L’Ecole, point aveugle de l’universalisme républicain: Être et avoir et L’Esquive, deux films rassurants (Geneviève Sellier)
  7. « Je me demande pourquoi les hommes sont si passifs par rapport à leur virilité ! »: entretien avec Virginie Despentes (Céline Robinet)
  8. « Rendre des fragments de monde lisibles »: entretien avec Claire Fontaine (Pierre-Emmanuel Finzi)
  9. Massacre dans une forêt de symboles: à propos de Katyn d’Anrzej Wajda (Boris Faure)
  10. Nos meilleures années communistes: Les camarades de François Luciani (2007) (Arnaud Devillard)
  11. « Il ne peut y avoir de renouvellement si on ne sort pas du « ghetto artistique » pour replonger au coeur même de la matrice sociale »: entretien avec la revue Cassandre (Nicolas Roméas et Valérie Saint-Do) (Mehdi Derfoufi et Jean-Marc Génuite)
  12. (…) puisqu’il faut bien l’appeler par son nom (à partir de lls ne mouraient pas tous mais tous étaient frappés) (Sébastien Hoët)
  13. D’une certaine tendance de la critique cinématographique française (Vincent Joos)
  14. « La fin de l’utopie ? » ou le devenir contractuel des espaces collectifs (Séverine Steenhuyse)
  15. Cinéma et idéologie: panorama de la critique marxiste en France (Régis Dubois)
  16. Pute ou jaguar chez Vollmann (Alban Lefranc)
  17. L’Obersturmführer sans ombre: Black Book de Paul Verhoeven (Arnaud Devillard)

Disponible dans toutes les bonnes librairies à partir de mai 2009 au prix de 9 euros (pour 126 pages).
A signaler aussi le précédent numéro :

Tausend Augen #31 : Le choc des super-héros, anatomie de la Nouvelle Amérique

Depuis leur apparition dans les années trente, les comics et leur cortège de super-héros occupent une place considérable au sein de la culture adolescente américaine. Apôtres de l’ordre dominant, figures tutélaires de rassemblement, les super-héros tirent essentiellement leur singularité et leur popularité d’un visuel, autrement dit d’une proposition esthétique. Chaque super-héros est autant une forme en action dotée de pouvoirs singuliers qu’un contenu idéologique. A lire également : “Misère de la cambriole : le braquage au cinéma à l’heure d’Internet et des réseaux”, “Tarzan, miroir de l’impérialisme occidental”, “Le cinéma français et ses gays : la fin d’un stéréotype ?”.

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