L’Ecran bleu : la représentation des ouvriers dans le cinéma français

Livre de Michel Cadé, PUP, 2004, 302 p. 25 euros

Alors que depuis le début des années 90 et la fin de l’URSS on ne cesse d’annoncer partout la mort de la classe ouvrière, celle-ci n’a jamais été aussi présente sur nos écrans. Marius et Jeannette, La vie rêvé des anges, Ressources humaines ou Reprise, autant de succès récents déclinant le vécu des classes laborieuses. Interpellé par cette vague inédite d’œuvres à caractère social, Michel Cadé, historien du mouvement ouvrier, s’est penché sur la question de la représentation des ouvriers dans le cinéma français pour en étudier l’histoire, les mutations et les permanences. Au final, une solide recension thématique mais pas de véritables surprises : tantôt fourbe ou héroïque, exalté ou abattu, politisé ou non, la figure de l’ouvrier fluctue suivant les quatre grandes époques au cours desquelles elle s’est imposée : les années du front populaire, celles de l’après-Libération, puis de l’après-68 et enfin du tournant de l’année 2000. Retenons surtout que la silhouette de l’ouvrier, immortalisée par Gabin dans les années 30, est demeurée rare sur celluloïd, moins de 200 œuvres l’ont mise en scène depuis La sortie des usines Lumière en 1895, soit à peine 1,6 % de la production totale française, chiffre plus que dérisoire si l’on considère l’importance du prolétariat dans la vie politique du XXeme siècle.

R.D. 2008

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