La vidéosurveillance, un contre-pouvoir ?

we are watching youIl y a soixante-huit ans George Orwell avait imaginé dans son roman 1984 une société du futur dirigée par un Etat policier dans lequel chaque citoyen vivrait sous la surveillance de Big Brother. Or force est de constater que l’écrivain avait vu juste puisque tout ce que nous faisons est aujourd’hui enregistré, aussi bien nos paiements par carte bancaire que nos échanges via les réseaux sociaux ou même nos simples actions du quotidien filmées dès lors que nous quittons notre espace privé (dans la rue, dans les magasins et même sur notre lieu de travail). Mais Orwell avait-il pensé que cette arme de surveillance massive produirait aussi son contraire, son antidote en quelque sorte ? Car la multiplication des caméras de surveillance implantées par les tenants du pouvoir (l’Etat, les collectivités, les patrons) dans le but de contrôler les « classes dangereuses » s’est aussi accompagné parallèlement de la prolifération de caméras miniatures au service de tous (IPhone, GoPro, etc.). Du coup, si Big Brother nous observe effectivement en permanence, en retour tout le monde est aussi en capacité de surveiller Big Brother.

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César noirs Vs Black Oscars

les-oscars-et-les-cesar-pour-les-nuls,M18840Comme tous les ans dans l’univers impitoyable du 7e Art, le mois de janvier est le mois des nominations tant attendues aux César et aux Oscars, avec ses bonnes et ses mauvaises surprises, ses heureux nominés et ses malheureux oubliés. C’est aussi le moment de faire un petit bilan sur la production de l’année écoulée et de prendre le pouls du cinéma français et américain. Et, comme tous les ans à la même période, c’est aussi le moment où l’on va me demander mon avis sur la présence (ou l’absence) des Noirs au sein de ces sélections. Sont-ils suffisamment représentés ou au contraire trop absents ? Depuis le César d’Omar Sy en 2012 et plus encore depuis le polémique #OscarSoWhite de l’année passée, les journalistes français semblent s’intéresser de plus en plus à la question de la représentation des minorités au cinéma – et c’est tant mieux !

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« Drive-in & Grindhouse Cinema (1950’s-1960’s) » est sorti !

couv driveinLe nouveau volume de la collection CinExploitation vient de sortir !

Drive-in & Grindhouse Cinema 1950’s-1960’s de Régis Dubois. Un livre qui inaugure une sous-collection : CinExploitation 101 visant à présenter au travers d’un genre, une thématique, un studio… 101 perles, classiques ou méconnues, du domaine.

Pour l’occasion, Régis Dubois, auteur de nombreux livres sur le 7ème Art, s’est penché sur le cinéma d’exploitation américain des années 50 et 60. Deux décennies clefs qui vont chambouler les codes du cinéma à papa et livrer des œuvres choquantes, subversives et détonantes. Nudité, violence, rock’n’roll, motards et monstres assoiffés de sang vont devenir les éléments vendeurs de milliers de petites productions indépendantes. Qui n’ont certes pas les moyens de concurrencer en terme de budget les majors, mais qui, question scénario ont sacrément bien plus à offrir aux spectateurs que les récits sages et vertueux made in Hollywood.

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Le FN au cinéma : de Féroce à Chez nous

5056750_6_2fc9_2017-01-03-39a43e4-1895-1tpl5iu-jp47qilik9_ec839f6cecf3f38599911b2b44260f49Alors que pendant longtemps le cinéma français prit bien garde de ne pas mélanger fiction et réalité politique, depuis le début de ce siècle plusieurs films se sont inspirés de l’actualité de vraies personnalités politiques hexagonales.

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De Naissance d’une Nation à Birth of a Nation : 100 ans d’esclavage à Hollywood

276014S’il est une période historique que le cinéma américain de ces dernières années a mis à l’honneur c’est bien celle de l’esclavage, avec des films comme Lincoln (2012), Django Unchained (2012), 12 Years a Slave (2013), Free State of Jones (2016) et bien sûr Birth of a Nation (2016), sans compter les séries Book of Numbers (2015), Underground (2016) et Roots (2016). L’occasion était donc trop belle, avec la sortie prochaine du Birth of a Nation de Nate Parker en France, de revenir sur un siècle d’images de l’esclavage à Hollywood.

 

Au commencement était Naissance d’une Nation

Commençons par dire qu’il en va de l’esclavage à Hollywood comme de tous les autres sujets historiques : leur traitement varie grandement selon l’époque et le contexte idéologique qui les voit naître. La première évocation de « l’Institution particulière » remonte à La Case de l’oncle Tom du pionnier Edwin S. Porter en 1903, adaptation du célèbre roman abolitionniste qui popularisa la figure de l’esclave sympathique et totalement dévoué à son maître. Mais s’il est un film qui posa les bases de l’imagerie des Noirs serviles pour longtemps c’est bien Naissance d’une Nation (1915) du « maître » D.W. Griffith.

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« Le Crime des anges », les quartiers nord de Marseille filmés de l’intérieur

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Elle est Marseillaise, a grandi dans les quartiers nord de la ville et réalise son premier long-métrage Le Crime des anges en mode guérilla. Rencontre avec Bania Medjbar.

1/Peux-tu nous parler de ton nouveau projet ?

Le Crime des anges est une comédie dramatique qui glisse subrepticement vers un film plus sombre. Il pose la question de la difficulté de vivre pour les jeunes des cités. C’est mon premier long métrage.

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Soul Street, le Mag Blaxploitation

soul-streetFoxy Bronx’s Soul Street n°1 (novembre 2016, 72 pages, 8 euros)

Le nouveau fanzine luxueux de notre maître Capello de la Blaxploitation, le bien nommé Foxy Bronx, vient de sortir sous le titre alléchant de Soul Street, un blaze qui respire bon le bitume suintant, la poudre brûlée et la soul épicée à la sauce funky. Alors pour ceux qui ne connaîtraient pas cet accro de Foxy Bronx, sachez qu’il a déjà à son actif deux décennies de fanzines Blax mais aussi plusieurs sites dédiés au soul cinema dont le foisonnant Foxy Bronx, the soul side of pulp-culture. Le gars, il faut dire, est un érudit et un passionné – que dis-je, un obsédé – comme il m’a très rarement été donné d’en croiser. Il collectionne en effet les films, les affiches et les photos d’exploitation depuis tout ce temps, archives qu’il se fait régulièrement livrer par lots entiers depuis le fin fond de la Black Belt. C’est ainsi qu’il identifia un obscur réalisateur noir de films Blax qu’aucun livre ni site n’avait jusqu’alors référencé (pas même imdb !), en l’occurrence le mystérieux et téméraire Chuck McNeil auquel il consacre ici un long article en forme d’enquête. De la même manière, Foxy ressuscite dans les pages de ce Soul Street n°1 les destins de films et de cinéastes afros largement méconnus comme Wendell James Franklin (The Bus is Coming, 1972) ou Yaphet Kotto (The Limit / Le Patrouilleur, 1972).

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Les Noirs dans le cinéma français : de Joséphine Baker à Omar Sy

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Les Noirs dans le cinéma français : de Joséphine Baker à Omar Sy de Régis Dubois (éd. LettMotif, 246 p. 24 euros)

Cet ouvrage poursuit deux objectifs. D’une part analyser l’image du « Noir » et son évolution dans l’imaginaire cinématographique français depuis un siècle. D’autre part, mettre en lumière la présence des Noirs et Métisses dans le cinéma hexagonal depuis les premières vues des frères Lumière jusqu’au triomphe d’Intouchables, en évoquant notamment les rôles interprétés par Josephine Baker, Habib Benglia, Darling Légitimus, Robert Liensol, Isaac de Bankolé, Firmine Richard, Jacques Martial, Alex Descas, Mouss Diouf, Aïssa Maïga, Edouard Montoute, Stomy Bugsy, Eriq Ebouaney, Joeystarr ou Omar Sy.

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Les losers magnifiques du cinéma américain

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« And the winner is… ». Comme le rappelle tous les ans la cérémonie des Oscars, Hollywood est affaire de gagnants, de cartons au box-office et de succes stories – à l’écran comme dans la vie. Pourtant, on ne saurait résumer le cinéma américain à une galerie de héros triomphants façon Superman ou Rocky. Car les vainqueurs n’ont pas toujours eu la cote à Hollywood qui s’est épisodiquement entichée de perdants au grand cœur, de marginaux hors-la-loi et autres rebelles sans cause. Petit tour d’horizon de ces losers magnifiques qui, de Charlot à Lebowski, ont fait l’histoire du 7e art US.

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Les César post-attentats et le choix de la diversité

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Bonne surprise ! Le palmarès 2016 des César – tout comme celui de 2015 d’ailleurs – a fait la part belle à la diversité ethnique et culturelle. En effet le prix du meilleur film a été attribué cette année à Fatima après celui l’année passée de Timbuktu, deux films centrés sur des personnages issus de communautés musulmanes africaines ou d’origine maghrébine.

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